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Architecture/designArtistes

A l’origine… De Herman Krikhaar à la World Art Foundations, une longue expérience d’art partagé

« Il faut faire quel que chose de plus grand que soi »

Georges Braque à Aimé Maeght (1)

Tapie face à un panorama grandiose au cœur d’une nature préservée, l’édifice qui abrite la Fondation Herman Krikhaar depuis 2007 se découvre au bout d’une route improbable. Son architecture épurée est révélée par la lumière varoise, une lumière particulière, « à gros bouillon », qui telle celle des Noces de Camus, ne magnifie que l’essentiel. Et justement, ici le superflu n’est pas de mise et le discours entre art et nature se tient et se poursuit dans une harmonie sobre et paisible. Ainsi l’avait voulu Herman Krikhaar lors de l’élaboration du projet d’édification avec son fils

Alexander. Et depuis, malgré sa disparition en 2010, cela demeure.

La Fondation Herman Krikhaar

Helena Stork, qui fut son épouse et Peter Deckers, curateur et directeur de multiples lieux d’art, entretiennent cet esprit et multiplient les initiatives avec un réel engagement afin de maintenir et de développer les activités de la Fondation. De plus, mus par une réelle volonté d’agir pour que l’art demeure avant tout une expérience partagée, ils se sont lancés dans une entreprise d’envergure audacieuse : la création, en 2014, de la World Art Foundations (WAF). Cette plateforme internationale à laquelle ils impulsent constamment leur dynamisme est vite devenue indispensable et regroupe aujourd’hui plus de 450 fondations d’art privées dans le monde entier. Ainsi, de la Fondation Giacometti à Paris à la Fondation Alexandre Calder ou Andy Warhol à New York, de la Pirelli HangarBicocca Foundation à Milan à Akzo Nobel à Amsterdam, de la Fondation Cartier à Paris à la Fondation Suñol à Barcelone ou la Fondation Dali à Figueiras, de la Fondation Gulbenkian à Lisbonne au UCCA de Pékin, en passant par la Terra Foundation à Chicago ou la Fundacíon Proa à Buenos Aires, le nombre d’institutions privées qui rejoignent la WAF ne cesse d’augmenter.

Helena Stork
Peter Deckers

Helena Stork et Peter Deckers expliquent : « La World Art Foundations a été créée à la suite de notre expérience de fondation et de gestion de la Fondation Herman Krikhaar. Nous avons fortement ressenti le besoin de créer un réseau permettant aux fondations de partager des idées et de s’unir pour aider tout le monde à travailler ensemble, à résoudre les problèmes et à magnifier leurs voix. Nous considérons les fondations d’art comme de belles îles isolées avec de nombreux joyaux cachés et nous avons donc conçu WAF pour en devenir le facilitateur tout en les mettant sous les projecteurs. […] Nous avons créé la World Art Foundations comme un lieu d’échange entre les fondations [… du] monde entier. Par sa présence sur le web, le site de la WAF agit comme une caisse de résonance de leurs actions auprès du public international de l’art ». (2)

Pour les professionnels donc mais aussi pour ce public international, le site de la WAF présente un intérêt incontestable puisqu’il permet à chacun, quelque soit l’endroit où il se trouve, d’être tenu informé en temps réel des expositions, conférences et évènements en cours ou programmés dans toutes les fondations membres. Calendriers, entretiens d’acteurs du monde de l’art et autres communications constituent ainsi une source d’information très utile.

Herman Krikhaar et sa Fondation.

Comme nous l’avions annoncé, la Fondation Herman Krikhaar proposait ce printemps dans ses murs à Salernes son exposition annuelle intitulée INSTANCES / in the light of TILMAN (3)quidonnait à découvrir de nouvelles œuvres de Tilman mises en regard avec des peintures de l’artiste suisse d’origine belge Varozza. C’est dans le cadre intimiste et convivial de cet événement que nous avions rencontré Helena Stork et Peter Deckers et recueilli leurs propos, mêlés aux paroles des deux artistes dans des échanges passionnés et passionnants faisant pétiller les esprits… Car en ce lieu et parmi ses hôtes, l’art se vit au quotidien dans toute l’acception des mots de Robert Filliou « L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. ».

A l’origine, nous expliqua Helena, il y a Herman…

Herman Krikhaar dans son atelier, 1989

Artiste peintre et sculpteur, collectionneur et galeriste, Herman Krikhaar est né en 1930 à Almelo, aux Pays-Bas et a commencé à peindre dès l’enfance. Entré à 17 ans aux Beaux-Arts d’Arnhem, il s’y lia d’amitié avec Théo Wolvecamp, l’un des futurs peintres du groupe CoBrA. Il travailla ensuite pendant huit ans pour KLM et se constitua au cours de ses pérégrinations sur la planète une collection d’art africain et oriental tout en acquérant régulièrement des œuvres d’art contemporain, notamment du mouvement CoBrA.

Il ouvrit en 1963 une galerie à Amsterdam qui devint vite l’épicentre de ce groupe et y fit une rencontre décisive, celle de Karel Appel qui travaillait alors à New-York et qui demanda à Herman de l’exposer.

Affiche Galerie Krikhaar

En 1965, sa seconde galerie prit place au Spui, un quartier investi par les swinging sixties où se succédaient les happenings. Les ouvertures de Krikhaar avec Rudolf Nouréev (pour son ami le sculpteur Tour van Schayk), la top-model Jean Shrimpton et autres artistes ont laissé trace dans les mémoires car ces actions contraient l’élitisme ambiant en rendant la scène artistique accessible à un public plus vaste. 

Œil avisé et esprit solidaire, Herman s’intéressa très tôt, entre autres mouvements, à l’avant-garde qui fleurissait à Paris et donna de la visibilité dans ses galeries à de jeunes artistes alors émergents et encore inconnus au Pays Bas, comme Antonio Saura, Takis, Alex Sadkowksy, ou Richard Smeets. Il passait une semaine chaque mois à Paris pour visiter les lieux dédiés à l’art et il se lia rapidement d’amitié avec les marchands les plus avertis – comme Daniel-Henry Kahnweiller et Heinz Berggruen qui lui transmirent les fondamentaux de la profession – et des artistes comme Henri Moore, Francis Bacon, Chagall, qu’il ne tarda pas à exposer.

Herman .Krikhaar. Composition
Herman Krikhaar – La danse

En 1988, il décida de fermer ses galeries pour s’installer dans le sud de la France et se consacrer à la peinture et à la sculpture. Pendant la décennie qui suivra, il participera sur différents continents à de nombreuses expositions tant individuelles que collectives comme la Fiac 1988 au Grand Palais à Paris ou Art Junction 1993 à Cannes. Et c’est en 2007 qu’avec Helena ils créeront ensemble dans la maison de Salernes la Fondation Herman Krikhaar pour y abriter d’une part sa collection d’objets et d’œuvres d’art, ses peintures et ses sculptures mais aussi pour y accueillir et mettre en lumière le travail d’autres artistes proches de l’expressionnisme dans lequel il se reconnaissait. Mais pas seulement car Herman, très curieux de toutes les formes d’expression et d’expérience, était demeuré totalement ouvert, aussi bien aux différents courants artistiques qu’aux concours destinés aux élèves des écoles.

Herman Krikhaar est décédé à Draguignan en 2010.

Herman Krikhaar

Depuis 2013, Helena et Peter Deckers pérennisent l’action initiée et organisent des manifestations culturelles et des expositions annuelles consacrées à des artistes de renommée internationale. Et par-delà, ils la prolongent et la diffusent à travers le monde avec la WAF.

Dans les espaces extérieurs habités par ses sculptures comme à l’intérieur parmi les objets et les œuvres d’art, l’aura d’Herman Krikhaar demeure. Présente dès l’entrée, elle veille à travers le portrait qu’avait réalisé de lui son ami Karel Appel. Dans cette peinture vibrante qui surfe avec bonheur sur les limites de la saturation et accueille frontalement le visiteur, son regard saisissant est fixé dans l’intemporalité et nul ne peut s’y dérober.

A Salernes, entre les œuvres d’hier et celles d’aujourd’hui, sa présence se perçoit donc toujours, en filigrane. Dans la sobriété étincelante d’un lieu où il avait choisi de vivre, là, dans cette grande maison blanche déployant dans l’horizontalité ses espaces inondés de lumière…

Varozza et Tilman, un dialogue entre sobriété et frémissement.

… La lumière qui, nous le savons depuis longtemps, constitue la quête essentielle de Tilman. (4) Invité à déployer ici pour un temps son travail, il s’est donc approprié celle de ce lieu pour y mettre en vie et au diapason des espaces impartis ses nouvelles créations. De Painting Objects il s’est agi encore mais ceux-ci ont pris des libertés avec la géométrie en se donnant un petit air trapézoïdal ou pentagonal. Ces Streamers dont la couleur, matériau essentiel, s’est imposée à l’artiste dans un processus intuitif, semblent flotter au vent de l’art réductif tandis que les formes immaculées qui les supportent ouvrent un havre de réflexion et d’interaction au spectateur.

Les Streamers de Tilman à la Fondation Herman Krikhaar
Tilman – Streamers, Fondation Herman Krikhaar

C’est lors d’un séjour à Sibu, aux Philippines, que les silhouettes de ces polygones se sont déposées dans le fonds mémoriel de Tilman. Par la vision en diagonale – looked awry évidemment (5) – des lignes tracées en zig-zag par les enfilades de balcons d’un édifice de l’architecte danois Jakob Knudsen : Art et architecture, un mariage auquel jusque-là Tilman ne croyait pas vraiment. Et pourtant….

L’exposition faisait advenir la surprise puisque face à ce minimalisme enjoué se posait l’élégance et la sensibilité prégnante des grandes peintures de Varroza. Dans une limpidité de premier matin du monde, la vie y palpite et se révèle, çà-et-là, parmi les jaillissements et les entrelacements de la couleur. Comme autant de contrées et de rivages restant à figurer qui murmureraient leur avènement entre les longs silences blancs…

Varozza Peinture
Tilman, Movment et Varozza, En deux temps, Peinture

De jades en turquoises, d’émeraudes en outremers, d’alizarines en magentas, leurs tonalités végétales, organiques ou minérales, aux nuances de gemmes, établissaient avec les couleurs des structures de Tilman un dialogue aussi soutenu qu’inattendu qui prenait résonnance dans la clarté ambiante. Et sous l’action de quelque impalpable (al)chimie, la sobriété affirmée du travail de l’un et les frémissements des peintures préfiguratives de l’autre instauraient une parfaite harmonie qui se diffusait partout dans le lieu, lénifiante et tonique à la fois. Car ce face à face avait circonscrit un entre-deux où se rejoignaient les contraires : la rigueur joviale des formes épurées de Tilman avait accordé son tempo au foisonnement éthéré des peintures de Varozza et leur musicalité faisait vibrer l’espace …

Reviendra, au prochain printemps, le temps du partage. De l’art, à Salernes.

Catherine Mathis

D’après les textes du site de la WAF

  1. Cité par Olivier Kaeppelin – Entretien avec Helena Stork et Peter Deckers https://youtu.be/8xb0qROtUUc
  1. Voir le site de WAF : https://www.worldartfoundations.com/
  2. Voir notre article TILMAN A LA FONDATION HERMAN KRIKHAAR
  3. Voir notre article TILMAN ou du bonheur d’être artiste
  4. TILMAN Look Awry 12.05.06 – 25.06.06. Kunstnernes Hus, Oslo,

Herman Krikhaar Fondation

760 Chemin de Saint Barthélémy

83690 SALERNES

contact@hermankrikhaar.com