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Evénements

Charlie Jazz Festival : là où le jazz s’épanouit sous les platanes

Le Charlie Jazz Festival de Vitrolles qui se tient annuellement début juillet est un événement que tout amateur de jazz contemporain ne devrait pas manquer.

Il dispose de deux scènes où se déroulent des concerts non simultanés. La première est consacrée aux concerts intimes dans la cour d’un domaine agricole provençal traditionnel, où l’on peut boire un verre en écoutant de jeunes musiciens. La seconde, d’une capacité de mille personnes environ, dans une saignée forestière bordée de platanes centenaires accueille des stars. Entre les deux espaces, un grand pré bordé de quelques stands d’associations ou de restauration est le lieu où les familles pique-niquent, les enfants jouent et les agoraphobes écoutent la musique loin de la foule. Charlie Jazz Festival est donc un festival « à l’ancienne », sans carré VIP, ni espace des sponsors, ni service de sécurité traquant les chasseurs d’images.

Cette année, nous avons consacré le premier week-end de juillet à cette manifestation qui recevait sur sa scène principale le trio de Vincent Peirani, Thomas de Pourquery Super Sonic, Théo Ceccaldi Kutu, le Trio Holland-Hussain-Potter et le quartet de Jan Garbarek

Une nouvelle donne pour Vincent Peirani.

Il appartenait au trio de Vincent Peirani d’ouvrir les réjouissances sur la scène des Platanes.

Vincent Peirani photo Bernard Boyer

On ne présente plus ce brillant accordéoniste qui, à 40 ans passés, a derrière lui une carrière impressionnante et une discographie aussi longue que variée. Malgré ses multiples expériences dans les domaines de la musique classique et dans la variété, c’est principalement comme jazzman qu’il est reconnu et apprécié.

Le trio qu’il a constitué avec le guitariste d’origine italienne Federico Casagrande et le batteur israélien Ziv Ravitz, par ailleurs membre du trio de Shai Maestro, a publié récemment « Jocker ». Dans ce disque se côtoient des compositions de V. Peirani, de F. Casagrande et des reprises de rock et de ballades.

L’essentiel du concert provenant de ce disque, c’est donc sous le signe du dépaysement et du mélange des styles que le public de Vitrolles débuta un parcours musical qui ne manqua pas de surprises.

Le premier morceau proposé par le trio, « Salsa Fake » était assez représentatif de ce qui allait suivre : variations de tempi, changements de climat et passages en douceur d’un soliste à un autre. Le second, « Twilight » de Federico Casagrande, a permis à son compositeur de donner toute sa mesure dans la délicatesse et le lyrisme requis par son œuvre.

Vincent Peirani Trio photo Bernard Boyer

A ce moment du concert, les musiciens ont sans doute senti que toute la beauté et la subtilité de leur prestation risquaient de lasser un public qui ne connaissait pas leur disque. Ils se sont alors orienté vers une interprétation de leur répertoire d’avantage accessible à des oreilles néophytes.

Ce fut d’abord « River », une reprise pop à la mélodie facile à identifier, qu’ils jouèrent dans un style rock un peu mécanique. Il fut suivi de « This is the new shit », également reprise de Jane Manson, débutant dans un tempo lent pour s’achever dans un foisonnement de riffs de guitare rageurs soutenus par l’accordéon. Puis vint « Ninna Nanna », autre reprise dans un climat de film italien et un morceau dans un rythme de tango. Pour finir, en rappel, par un « Minerve » recueillant une entière adhésion du public.

Vincent Peirani n’a pas eu besoin de jocker pour gagner la partie.

Vincent Peirani Jockers

Vincent Peirani – accordéon, accordina

Frederico Casagrande – guitares

Ziv Ravitz – batterie

Thomas de Pourquery, pourquoi ça marche ?

Pour quelles raisons un groupe de jazz français existant depuis dix ans, Supersonic, qui a enregistré, hors des majors, trois albums, dont un célébrant un musicien free des années soixante dix un peu oublié, Sun Ra, connaît-il soudainement un tel succès dont les principaux indicateurs sont un fort intérêt des médias pour son leader et sa présence dans les principaux festivals de l’hexagone ?

Supersonic et Thomas de Pourquery photo Bernard Boyer

C’est cette question que nous nous posions quand nous avons rejoins notre place face à la scène des platanes, en deuxième partie du premier jour du festival.

Le concert nous a éclairé pour une bonne part.

Le premier élément de réponse, c’est le patron, Thomas de Pourquery. L’homme bénéficie indéniablement d’un puissant charisme sur scène. Son physique en impose. Petit de taille et trapu, il dégage l’énergie d’un bûcheron ou d’un pilier de rugby. Son visage est inoubliable. C’est celui d’un faune chauve et barbu à la fois effrayant et malicieux.

Quand il prend la parole, il le fait d’une voix posée et bien timbrée pour évoquer un sujet qu’il juge important. Ce soir là, c’était à propos du soutien à une association qui vient au secours des migrants traversant la Méditerranée.

Sur scène, le leader est partout. Il laisse ses musiciens exposer le thème et mettre en place sa pulsation du morceau mais intervient par le geste ou le regard pour pousser la puissance sonore de l’orchestre ou introduire des nuances. Quand il chante, le son s’apaise et forme un tapis sur lequel il peut poser sa voix d’une remarquable justesse qu’il soit en mode crooner ou en mode haute contre.

Comme soliste, au sax alto, il penche d’avantage vers Ornette Coleman que vers Paul Desmond.

Le deuxième élément de réponse c’est la musique du groupe. Elle est d’un accès facile. Thomas de Pourquery la qualifiait, dans une interview, comme celle d’un « groupe de rock déguisé en jazz ». Les morceaux qui s’enchaînent sont ceux de ses derniers disques (« Sons of Love » et « Back to the Moon »). Les mélodies sont assez facilement identifiables et s’impriment très vite dans la mémoire de l’auditeur. Le thème est souvent exposé par le synthétiseur puis repris à l’unisson par les trois souffleurs jusqu’à atteindre une fusion sonore à moins que tous se mette à chanter en chœur. Les instruments étant amplifiés, la couleur de groupe penche d’avantage vers la pop orchestrale que vers le jazz, d’autant plus que le batteur opère dans un style résolument rock.

Le troisième élément de réponse : les hommes qui composent le groupe.

Malgré les propos du leader, le Supersonic n’est pas un groupe de rock. Grâce au rôle joué par les deux souffleurs (Bardaine et Martinez), le saxophoniste ténor et le trompettiste – bugliste. Par leur justesse, leur clarté, leur régularité rythmique et leur puissance de projection, la pulsation prend le dessus et le groove d’un orchestre de jazz est bien présent.

Supersonic et Thomas de Pourquery photo Bernard Boyer

Enfin, Pourquery aime le public qui le lui rend bien. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il le mette dans sa poche. A la fin du concert, quand il a demandé aux spectateurs de se livrer à un simulacre d’aérobic, tout le monde ou presque a marché. Est-ce une manifestation de l’humour de Pourquery se moquant des rituels des concerts de rock ? Pourquery ne craint pas, à l’occasion, de glisser du Jazz cosmique au Jazz comique !

Super Sonic :

Thomas de Pourquery – saxophone, alto, lead

Laurent Bardaine – saxophone ténor, synthétiseur, voix

Frédérick Galay – basse, chant

Fabrice Martinez – trompette, bugle, chant, percussion

Arnaud Roulin – piano, synthétiseur, électroniques, percussions

Frank Vaillant – batterie, chant, électroniques

Quand Théo Ceccaldi ranime la flamme de l’Éthio-Jazz

Le violoniste Théo Ceccaldi, qui s’est produit sur la grande scène le deuxième jour en première partie, est le cadet de cinq ans de Vincent Peirani. Comme ce dernier, il a une carrière très riche où dominent la fidélité au jazz contemporain ainsi que goût de la découverte de nouveaux horizons musicaux. Après « Django », disque hommage et prise de distance avec le génie de la guitare tzigane, Ceccaldi annonce un nouveau projet, Kutu, fruit de sa rencontre avec la musique éthiopienne.

Théo Ceccaldi Kutu photo Bernard Boyer

Depuis la fin des années quatre vingt dix et l’édition par Francis Falceto, dans la collection « Éthiopiques », des disques des grands musiciens éthiopiens des années 60-70, le jazz s’est emparé de ces thèmes étranges et mélancoliques qui sont vite devenus familiers aux oreilles occidentales. Aujourd’hui, la veine est un peu tarie. Sans doute parce ce que ce que nous appelons Éthio-Jazz consiste pour les musiciens du Nord à donner de nouvelles versions des standards que sont « Bati », « Muziqawi Silt », « Ambassei » et l’inusable « Tezeta ». Cette nostalgie hors sol étant peu appréciée par les autochtones, il n’est pas étonnant de voir le genre s’étioler.

Théo Ceccaldi n’a pas apporté une nouvelle pierre à cet édifice mal en point. Il est reparti à zéro, c’est à dire s’est rendu à Addis Abeba en 2019 à la rencontre des musiciens qui travaillaient dans les bars et les clubs de la ville. Parmi eux, un groupe, Jano Band, apprécié par la jeunesse éthiopienne pour son mélange de musique traditionnelle et de rock.

Le violoniste est amené à faire le bœuf avec deux chanteuses de ce groupe, Hewan Gebrewold et Haleluya Tekletsadik. Il perçoit la possibilité d’une entente artistique entre leur approche et la sienne. Il a fallu des échanges de maquettes via WhatsApp pendant un an et un nouveau séjour de Théo Ceccaldi à Addis Abeba pour que la fusion s’opère entre son jazz libertaire et le chant en asmari des deux jeunes femmes. De cette rencontre est né le groupe Kutu, dont l’album « Guramayle » sortira au début de septembre et qui tourne en France depuis avril .

La musique de Kutu propose une pulsation puissante et continue grâce à la section rythmique sur laquelle s’impriment les voix séparées ou simultanées des deux chanteuses – danseuses tandis que le violoniste soit les accompagne avec un pizzicato ostinato soit dialogue avec elles en pratiquant un bariolage endiablé digne des violons tziganes un jour de fête. Le spectacle devient total quand les danses des jeunes femmes atteignent une expressivité guerrière ou sexuelle, c’est selon.

Théo Ceccaldi Kutu photo Bernard Boyer

Le résultat est de faire monter la température ambiante et de produire chez le spectateur un état de transe qui le conduit à danser dans les travées. C’est ainsi que cela s’est passé à Vitrolles où le public se dandinait plus ou moins en rythme sous les platanes centenaires et le regard ravi du créateur de ce chaos.

Théo Ceccaldi Kutu :

Théo Ceccaldi – violon, direction artistique

Hewan Gebrewold – voix

Haleluya Tekletsadik- voix

Valentin Ceccaldi – basse

Cyril Atef – batterie

Akemi Fujimori – claviers

Hussain – Holland – Poter : la règle de trois

La suite de la soirée fût plus sereine, grâce la prestation en deuxième partie de « Crosscurrents ». Ce groupe de rêve, composé de trois maîtres, est né fin 2018, après l’enregistrement de leur unique album à ce jour, « Good Hope ». Si ce dernier résulte de l’initiative de Z. Hussain, il est bien le résultat de trois approches, la rigueur de Dave Holland, la spiritualité de Z. Hussain et le lyrisme de Chris Potter.Ils ont repris leurs tournées depuis la fin des confinements. Le Charlie Jazz Festival a donc été une de leurs étapes.

Crosscurrents Trio photo Bernard Boyer

Ils ne sont que trois mais occupent toute la scène, peut être pour éviter que les ondes émises par chacun perturbent les deux autres. D’un coté Zakir Hussain fait corps avec ses tablas. Au milieu en retrait, Dave Holland, droit comme un I, a l’apparence d’une vigie. Sur l’autre versant, Chris Poter et ses saxos semble également à part. Aucun d’eux ne semble diriger. Seule la musique commande.

Leur programme consiste à interpréter, dans l’ordre d’enregistrement, sept des huit pièces que contient leur opus. Ce souci de conformité à leur modèle de départ ne relève pas, selon nous, d’une démarche routinière mais de la volonté de garder à leur œuvre sa puissance originelle, celle de la fusion du jazz et de la musique indienne par trois virtuoses au sommet de leur art. Il s’agit donc d’une sorte de rituel qui débute par une pièce méditative, « Ziandi », où priment les percussions et la contrebasse, et qui s’achève par un chant d’allégresse, « Good Hope », où l’expressivité du saxo donne toute sa mesure.

Crosscurrents Trio photo Bernard Boyer

Les auditeurs connaissant leur disque ont tiré le bénéfice maximum du concert, les autres, dont nous, n’ont pas toujours saisi toutes les subtilités et nuances de l’œuvre. Néanmoins, nous avons perçu toute sa valeur artistique voire spirituelle et apprécié la grande maîtrise de ces trois musiciens d’exception.

Crosscurrents Trio

Dave Holland – contrebasse

Zakir Hussain – percussions

Chris Potter – saxophones ténor et soprano

Garbarek, tel qu’en lui même

La venue de Jan Garbarek, de deux de ses deux fidèles accompagnateurs, le pianiste Rainer Brüninghaus et le bassiste Yuri Daniel, et d’un invité régulier, le percussionniste Trilok Gurtu, a été un des éventements principaux du Charlie Jazz car, depuis quelques années, le saxophoniste vient rarement en France. C’est pourquoi ce dernier concert de la scène des platanes affichait complet. Le public était semble t-il d’avantage composé d’auditeurs connaissant son œuvre que de spectateurs la découvrant. À ces fans, Garbarek et ses musiciens ont offert un panorama de sa riche carrière commencée à la fin des années soixante.

Jan Garbarek photo Bernard Boyer

Sur scène, l’installation du massif et imperturbable Rainer Brüninghaus derrière son synthétiseur laisse redouter la production imminente de nappes sonores. Quant à Trilok Gurtu, sur l’autre côté, il met de l’ordre dans son bric à bac parmi lesquels un seau en étain. Yuri Daniel, imperturbable et en position centrale, attend les ordres. Le concert peut débuter.

Comme prévu, Brüninghaus inonde l’espace sonore de ses nappes, les deux autres tiennent le tempo et Garbarek apparaît. Il répond aux applaudissements sans excès de chaleur et embouche son sax ténor. Nous sommes partis pour une séquence de ce jazz ambiant qui restera à jamais associé aux aéroports nordiques des années quatre-vingt. Heureusement, cette introduction est assez brève.

Immédiatement après, le groupe nous plonge dans le folklore norvégien avec le célébré « Margitt » adapté d’une chanson traditionnelle. Ce morceau est suivi de deux autres pièces puis de « Grisilla », issu de la même source.

Après ce passage dans l’inspiration « roots » du leader, les groupe prend quelques libertés. Ainsi, le monolithique Brüninghaus abandonne le clavier de son synthétiseur pour celui d’un piano acoustique grâce auquel il fait montre d’un talent d’improvisateur dans une œuvre de sa composition, « Phonom ».

Avec l’interprétation de « Pan », s’ouvre une phase mystique ou cosmique représentative de l’orientation du groupe au début des années deux mille .

La dernière partie du concert est placée sous le signe du groove. Trilok Gurtu sort de sa réserve et offre au public une démonstration de ses talents, notamment quand il abandonne ses tablas pour un cajon. Jan Garbarek laisse alors ses saxos pour une flûte en bois, d’origine indéterminée.

Quant au discret Yuri Daniel il profite de l’occasion pour placer quelques riffs très rock dans le morceau qui conclue le concert, le très entraînant « Nu Bein ».

En rappel, le groupe offre, avec « Pygme Lullaby », une affirmation un peu mélancolique de ses valeurs humanistes et ouvertes aux cultures du monde.

Malgré quelques passages datés et nostalgiques, Jan Garbarek aura su conclure avec justesse et sans ostentation ces trois soirées au cours desquelles la musique de jazz a démontré sa richesse transgénérationnelle et pluriculturelle.

Jan Garbarek – saxophones ténor et soprano

Rainer Brüninghaus – claviers, piano

Yuri Daniel – basse

Trilok Gurtu – percussions

La réussite de Charlie Jazz Festival est de savoir induire chez ses spectateurs le sentiment que le jazz a de l’avenir car il reste profondément ancré dans le monde contemporain.

Bernard Boyer, juillet 2022.