Éditions L’Élan vert, Collection les Carnets.
Belle collection de titres que l’édition L’Élan Vert présente, sous forme d’album solides et séduisants, «pour découvrir des œuvres d’art de la Préhistoire à nos jours», désignant pour chaque ouvrage par le ou les cycles de l’enseignement des écoles le niveau des lecteurs visés.

Chaque texte de la collection donne un récit qui, personnel, historique ou initiatique, concerne un sujet, d’art, d’histoire, de légende… construit sur une documentation sérieuse utilisée par des auteurs compétents. Ainsi Béatrice Égémar pour «La Grande Guerre d’Émilien » prend source dans les lettres du soldat Georges Bruyer, et reproduit les dessins par lesquels il avait visualisé son témoignage, d’abord au front, puis dans ses œuvres d’artiste conservées à Meaux, au Musée de la Grande Guerre. Le catalogue de l’édition pour, « La Grande Guerre d’Émilien » conseille ce titre à partir de 9 ans. Nous dirons, imitant une formule déjà usagée, lisible de 9 à… 99 ans… (à condition d’avoir de bonnes lunettes !).

Pour « 36 Grains de riz, Le grand voyage de Koïchi » le texte de Mapi est l’interprétation d’un conte traditionnel : Tout de bleu, un voyage initiatique au Japon à l’aide des visuels d’Hokusai dont s’inspire l’illustrateur. Comme dans chacun des titres « Pont des Arts » de la collection Les Carnets de L’Élan vert se trouve à la fin une sorte de cahier qui donne la recette du livre, désigné comme « La marmite des auteurs » : présentation de Mapi, l’auteur qui a cuisiné l’écrit, et de Bruno Pilorget qui mijote l’œuvre du célèbre artiste Hokusai pour donner goût à l’ouvrage.

Le petit dernier des Carnets, paru en avril 2026, a pris le temps de grandir : « Guetteurs de Vie » propose en parallèle l’art pariétal et le street art. Mise en parallèles de ces pratiques mais en parallèles contradictoires comme le sont les voies Nord-Sud et Sud-Nord de l’autoroute. D’un côté peintures produites dans un abri qui assure la conservation, destinées au don à un collectif par quelqu’un ou quelques-uns; de l’autre l’affirmation dans la rue d’une personne, d’un égo s’imposant aux autres : reste le lien de la nature végétale et animale qui fut lourdement dominante et aujourd’hui de plus en plus amoindrie. Deux sociétés que séparent les évolutions de quelques dizaines de siècles. Signalons, fort répandue, l’erreur (peut-être, quoi qu’au fond bénéfique) de citer d’Ernest Pignon-Ernest comme artiste du street art, puisqu’il ne peint ou dessine pas dans les rues, lieux que les street artistes, souvent par défaut, utilisent comme des galeries. Pignon-Ernest choisit des sites significatifs, des contextes sociaux fondamentaux qui donnent sens historiques à ses images. Pratique qui le singularise et le rapproche du rapport des praticiens préhistoriques à leurs regardeurs. Les jeunes lecteurs que l’art intéressera auront le temps de juger eux-mêmes, au collège en cours d’art plastique, peut-être même au Lycée, peut-être en terminale, en philosophie. Les bonnes lectures sont celles qui incitent à d’autres lectures.
Par Marcel ALOCCO
Collection Les Carnets Pont des arts
150×190 mm Coins arrondis, et élastique sur la couverture
Editions L’Élan Vert
63 av. de la République. 37700 Saint-Pierre des Corps
