Comprendre la Peinture
Liz Rideal est écrivaine, artiste et historienne de l’art. Professeure d’Arts Plastiques au département de peinture de la Slade School of Fine Art de l’University College de Londres. La structure de l’ouvrage révèle une stratégie d’enseignante. Vues depuis Londres, à travers la culture anglophone, si elles concernent les incontournables de nos études faites en voisins du Louvres, les œuvres proposées pour cette rétrospective pédagogique apportent aussi quelques regards sur des artistes moins visibles dans nos panoramas.
Il s’agit d’un ouvrage au projet construit sur une structure pédagogique, qui expose dans un ordre chronologique les évolutions montrées à partir d’analyses d’œuvres exemplaires.
Première partie : fondamentaux du langage pictural : formes et supports, médiums et matériaux, composition, style et technique. En deuxième partie, en cinq chapitres : 1, Portraits. 2, Paysages. 3, Œuvres narratives. 4, natures mortes. 5, abstraction.

Suivent en annexes : glossaires, bibliographie, index des œuvres. Et aussi lieux d’exposition des œuvres analysées, en large majorité en Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada… Et, même si les œuvres reproduites et analysées sont moins nombreuses, les incontournables des musées français : Musées du Louvre, de l’Orangerie, d’Orsay… Musées de Matisse, de Picasso. Petite erreur : est indiqué à l’adresse 11 Av. du Président Wilson (75116) un Musée National d’Art Moderne, effet de la traduction d’un ouvrage publié en Angleterre en 2014 : le Musée NATIONAL d’Art Moderne est le Musée Georges Pompidou, à Beaubourg, confusion avec le Musée d’Art Moderne de Paris. La Seine est parfois aussi difficile à franchir que la Manche !
Le plus grand défaut est dans les dimensions de l’ouvrage, sans doute, « Larousse sème à tout vent », format adopté pour en faire un livre de travail de prix plus abordable. Les photos des tableaux en sont donc aussi de tailles réduites. Lorsque « L’Atelier du peintre » de Gustave Courbet, grande toile de 361 x 598 cm est donnée en pleine page à 9 x 14 cm, hors le centre lumineux presque toute la surface devient illisible. Les parisiens seront condamnés à (re)visiter le Musée d’Orsay ; les lointains à chercher dans d’autres ouvrages une photo plus claire. De toutes façons il est évident que la vérité de l’œuvre plastique n’est pas l’image mais l’objet fait de matière modelable.
Le texte reste efficace, ouvrant la lecture des œuvres avec les évolutions des regards que permettent les différences des traitements plastiques des matières qui portent les concepts. Les lycéens, options arts plastiques, les étudiants, les amateurs curieux visiteurs d’expositions et des musées, y trouveront matières à réflexions.
Jugement ici que diront peu objectif ceux qui croient que la terre est plate et affirment qu’on ne peut pas faire aujourd’hui, avec les matières porteuses des concepts, autrement et aussi bien que Vinci, Cézanne ou Picasso. Utilisé par les enseignants ou les enseignés qui sauront le bien employer, ce livre sera un outil efficace.
Par Marcel ALOCCO
Comprendre les chefs-d’œuvre de la peinture
Par Liz Rideal (Larousse, 2025)
