Festival de Pâques au GTP à Aix-en-Provence, le 7 avril 2026 : Nadine Sierra : l’éclat d’un show à l’américaine
Nadine Sierra, soprano / Bryan Wagorn, piano
Il y a des soirées où la musique dépasse le cadre du concert pour devenir un spectacle. Celle que nous ont offerte Nadine Sierra et Bryan Wagorn, dans ce récital, en était un : un moment de générosité, où chaque note semblait portée par une joie complice.
Nadine Sierra, dès son entrée en scène, s’impose comme une diva. Elle ne chante pas seulement, elle séduit, elle dialogue avec une aisance et une chaleur désarmante. Elle transforme la salle, créant une proximité qui rend chaque interprétation vibrante. Son charisme naturel, sa spontanéité et son humour font d’elle une artiste à part, capable de charmer son public bien au-delà de la performance vocale.
Et, quelle performance ! Dès les premières phrases, le répertoire américain en guise d’échauffement vocal (Gershwin, Bernstein, Foster, etc.), puis sa voix s’anime sous des airs espagnols de Ponce, Ginémez, Turina et de Rodrigo.

Nadine Sierra chante sans réserve avec une liberté et une confiance qui emportent tout sur leur passage. Sa voix, d’une homogénéité remarquable, déploie de larges aigus, soutenus par un vibrato généreux et des notes suspendues longuement tenues. Même si d’imperceptibles traces de fatigue ou d’effort effleurent parfois la voix ; elles rappellent que la musique est un langage du cœur.
Le programme, volontairement éclectique, ressemble à une mosaïque de filiations, souvenirs et affinités : de l’Espagne à la Lusitanie, des mélodies américaines à Puccini, chaque pièce raconte un chapitre de sa vie musicale. Une diversité qui, loin d’être un défaut, est une force reflétant curiosité et ouverture artistique.
À ses côtés, Bryan Wagorn n’est pas un simple accompagnateur, mais un partenaire doté d’une belle musicalité et d’une grande sensibilité. Discret, attentif, en phase, il soutient, dialogue avec la chanteuse. Leur complicité est réelle, et c’est ce qui donne au récital sa touche particulière.
Enfin, les bis, de O sole mio, hommage aux racines, à Vissi d’arte (Tosca), lui permettent de jouer sur de nombreux registres. Elle amuse un public plus que conquis.
En revanche, le seul bémol, une forme d’homogénéité bel cantiste de l’interprétation (trop peu de nuances), on aurait peut-être aimé aussi une forme de fragilité ?
En quittant la salle, une certitude : Nadine Sierra ne se contente pas de chanter, elle est généreuse, ce qui fait d’elle une artiste inoubliable et un interprète à suivre, sans doute , pour ceux qui aiment la musique vivante !
Par Catherine Richarté
Crédit photographique : Festival de Pâques 2026, Caroline DOUTRE
