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DOUBLE FOCUS CHEZ DEPARDIEU !

Doit-on encore présenter l’artiste autrichien Haralampi G Oroschakoff, dont les multiples talents ont fait la renommée, tant dans le monde de la peinture, du dessin, de l’écriture que de la photo ? Il expose justement à la galerie Depardieu à Nice, des travaux photographiques sur le thème : RIVIERA ET COTE D’AZUR.

(c) Haralampi G. Oroschakoff

C’est à Cannes entre 1978 et 1980 que ces clichés ont été tirés. Depuis sa résidence de la Californie dominant la Croisette, il observe cette capitale du paraître et de l’éphémère. En ces années là, la rue d’Antibes n’est pas cette luxueuse et brillante voie commerçante que l’on connaît aujourd’hui. Elle est l’envers d’un décors fait pour les magazines. C’est sombre, glauque domaine des prostituées, des exclus, et des « mornes chevaliers pillards du bonheur expéditif ». On pouvait alors comparer Cannes à une scène de théâtre où, par définition, tout est faux. Ces photos, intelligemment présentées en diptyques, bien qu’agées de quarante ans, sont d’une brulante actualité. Le regard acéré d’un exilé contemplant le microcosme cannois des années soixante dix. A-t-il vraiment changé ?

Vous en jugerez à partir de ces éléments et ces pistes pour découvrir ou redécouvrir Haralampi qui présente ce travail percutant, ainsi qu’une vidéo décapante jusqu’au 4 décembre.

(c) Justyna Ptak

Justyna Ptak jeune artiste polonaise, issue de la villa Arson, nous invite dans les couloirs d’un métro. ‘IL N’Y A PAS DE MOI’ est le titre de cette vidéo en boucle. L’artiste a dépersonnalisé ces passants, ces usagers du transport en commun. Il n’y a pas de moi, d’égo, je suis et je ne suis pas. Justyna renverse les canons du théâtre et ses trois unités : son œuvre est intemporelle, sans action et encore moins de lieu. Ce peut être partout et nulle part. Cette vidéo nous montre les aller et venues des passants et le comportement de chacun : le genre pressé, celui qui rêvasse, qui lit un journal, etc. Vous les voyez apparaître et assistez à leur disparition au milieu de la scène. C’est un jeu de miroir et cet homme et cette femme qui marchent l’un vers l’autre finalement ne se télescopent pas, ils disparaissent et réapparaissent l’un et l’autre. Vous découvrez que vous vous trouvez aussi sur cette scène. Votre ombre se propage et se mêle à cette fourmilière humaine à laquelle Justyna nous fait prendre conscience que nous appartenons. Le côté un peu absurde du monde moderne où l’on s’active sans prendre le temps de vivre, d’exister.

Une vidéo à découvrir à la galerie Depardieu à Nice, jusqu’au 4 décembre.

par T Jan.