SIGMAR POLKE : LES EDITIONS

PDFImprimerEnvoyer

polkeLe musée Ludwig de Cologne organise durant l’été, entre autres événements, une grande des « éditions » de Sigmar Polke. Enrichi en décembre 2008 par une importante donation des collectionneurs Ulrich et Anna Reininghaus, ce spicilège constitue, dans son genre, l’ensemble le plus important et le plus complet d’Europe. Les diverses sérigraphies, impressions Offset, photographies ou simples photocopies que Polke choisit comme support et objet de ses remaniements et de ses triturations sont autant de pièces uniques qui soulignent la cohérence du remarquable travail de recherche et d’expérimentation qu’il mène depuis plusieurs décennies.
Artiste majeur de l’art contemporain allemand, Sigmar Polke est né en 1941 à Oels, en République Démocratique Allemande. Sa famille, fuyant le régime communiste, s’installe à l’ouest en 1953. Entraîné par ses parents dans les musées et les galeries, il découvre les avant-gardes. Cette première expérience esthétique, de l’ordre de la révélation, tend à la fascination. Après un court apprentissage dans une fabrique de vitraux, il mène des études d’art à la Düsseldorf Kunstakademie.

 

En 1963, dans la grande mouvance du néo-expressionnisme allemand, du Bad Painting et de la Figuration Libre, il fonde, en compagnie de Konrad Lueg et de Gerhard Richter, le Réalisme Capitaliste qui s’affirme d'abord en Allemagne de l’ouest, puis en Europe et au-delà et s’oppose résolument au Réalisme Socialiste. A l’instar des artistes du Pop-Art, il s’approprie, en la revisitant, l’imagerie de la culture populaire diffusée à grands flots par les mass médias. Néanmoins, il s’en différencie et se singularise en introduisant dans ce grand retour à la peinture ce qui en constitue les principaux antagonismes : le ready-made et la photographie.


polkeD’emblée, son travail porte sur l’aléatoire, l’accident, l’erreur qu’il convoque par le recours hasardeux, voire périlleux, à des substances chimiques, parfois toxiques comme le curare, mêlées à d’autres matériaux. Ces confrontations sur des supports graphiques, papiers et autres tissus, ces rencontres et ces enlacements d’éléments hétérogènes, enlisés dans la causticité de ses compositions, filent de façon radicale la métaphore d’un monde devenu chaotique et dérisoire. Retenant comme médium, des instantanés de l’actualité ou des images de la vie quotidienne qu’il retravaille ainsi jusqu’à en transmuer la banalité en signifiés corrosifs et inédits, il invente, avec une apparente désinvolture, un art de la parodie où le trivial et l’ironie le cèdent, en alternance, au tragique dans un mouvement d’oscillation perpétuel. Subversif et somptueux, entre sarcasmes et alchimie, l’œuvre de Polke porte un regard acerbe et sans concession sur les aberrations et les débordements incoercibles du monde contemporain.

Cette exposition tend à placer Sigmar Polke comme l'un des plus grands explorateurs et expérimentateurs actuels de la peinture, cette immense ignominie qu’il sape, décape, malmène et éprouve jusqu’à l’extrême, pour nous en dévoiler, avec une sidérante maestria, la face cachée, dans la magnificence de ses simulacres et de ses subterfuges.

par C. Mathis

Exposition du 4 Juillet – 27 Septembre 2009
Museum Ludwig
Heinrich-Böll-Platz
D-50667Köln
Tél. : +49 221 22 12 61 65
Fax : +49 221 22 12 41 14
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
www.museum-ludwig.de