Il Trovatore réussi à l’Opéra de Nice !

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Mercredi, 14 Mars 2012 18:07

Après les représentations très réussies en avril 2011 à l’Opéra National de Bordeaux, Il trovatore de Verdi est, en ce début 2012, à l’honneur sur de nombreuses scènes du Sud de la France dans des productions différentes : l’Opéra-Théâtre d’Avignon, Opéra du Capitole de Toulouse et à l’Opéra de Marseille du 24 avril au 4 mai 2012.

 

 

Trovatore

À l’Opéra de Nice, on découvre une nouvelle production confiée au metteur en scène Lorenzo Mariani. Il nous livre une lecture habile et sensible de l’ouvrage qui permet aux spectateurs de venir à bout d’un livret dont l’intrigue de Salvatore Cammarano est très souvent invraisemblable. La mise en scène enlevée permet une lecture claire de l’histoire en transcendant l’intensité dramatique et la noirceur du scénario qui n’a rien à envier au meilleur des thrillers. La vengeance, thème central de l’ouvrage, évolue dans des décors aux couleurs pastels particulièrement astucieux et fantaisistes de William Orlandi, des costumes colorés de Sylvia Aymonino remarquablement mis en lumière par Christian Pinaud. Tout cela contribue à rendre si singulière l'atmosphère de l’œuvre de Verdi où l’oppression et l’enfermement confèrent à un pathétisme de tous les instants.

Cette vision théâtrale particulièrement esthétisante permet à Lorenzo Mariani d’intégrer à maintes reprises le public aux situations scéniques.

Au pupitre, le maestro Fabrizio Ventura propose une direction précise et inspirée de l’ouvrage à un orchestre philharmonique de Nice en forme et à un chœur très investi. Il fait ressentir l’atmosphère nocturne et la fougue de la partition tout en étant toujours soucieux de ses chanteurs.

Sur scène, la distribution réunie offre une belle homogénéité et relève le défi en atteignant le degré d’exaltation qui fait les grandes représentations d’Il Trovatore.

Trovatore

On le doit beaucoup à La Leonora de la soprano américaine Kristin Lewis qui rejoint les sommets atteints par Elsa van den Hover à L’Opéra de Bordeaux et Adina Aaron à l’Opéra-Théâtre d’Avignon. Elle possède une technique vocale sans faille doublée d’une belle présence scénique. On tient là une grande soprano verdienne de cette décennie et lorsqu’on ferme les yeux un je-ne-sais-quoi fait songer à Leontyne Price… Souhaitons que cette artiste vienne irradier de sa présence et de sa voix les grandes scènes lyriques de notre région dans les années à venir ! Le public français mérite de la connaître. La mezzo-soprano Dolora Zajick s’abandonne à la démesure si particulière du personnage d’Azucena. Elle met en exergue un superbe timbre robuste et une voix d’une puissance inouïe capable de passer en un instant de la vocifération au murmure. Elle est sans conteste la meilleure Azucena du moment. Le baryton grec Dimitri Tiliakos, admirable Macbeth à l’Opéra-Bastille, paraît en petite forme vocale dans le comte de Luna. Il compense par une belle présence scénique. On espère le réentendre très rapidement dans ce rôle car il demeure à mes yeux l’un des meilleurs barytons verdiens de sa génération. Dans le rôle-titre de Manrico, Walter Fraccaro possède une voix saine de ténor au timbre ensoleillé, poignante d’émotion. D’une grande sûreté technique, le ténor vient à bout sans difficulté du légendaire Di quella pira avec même une aisance rare. Il est sans conteste un des Manrico de son temps.

Du côté des seconds plans, je retiendrai l’excellent Ferrando de Giorgio Giuseppini.

Ce Trouvère à Nice a recueilli de la part du public un triomphe mérité ! La prochaine production d’opéra à Nice permettra de retrouver la Bohème de Puccini du 11 au 17 mars… Un moment à ne pas manquer !

Trovatore

Serge Alexandre


www.opera-nice.org

http://video.nice.fr/details_video.php?slug=opera-il-trovatore-de-verdi