JUAN OGALLA A MARSEILLE

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Lundi, 27 Juin 2011 16:18

Un monument du flamenco pour le VIIe Festival Flamenco au Théâtre Toursky.

 

Juan Ogalla

« Le flamenco est une manière de sentir, quasiment une philosophie ». Juan Ogalla nous reçoit simplement dans sa loge au Théâtre Toursky à Marseille le 21 mai dernier. Allure sportive, le bailador confie pourtant un talent caché : il aime écrire, tout autant qu’il affectionne la littérature. Question musique, le goût est surprenant. Hors flamenco, Juan écoute du Heavy Metal ! Mais aussi, de la musique classique, ouf !

Une danse élégante, virile tout autant que sensuelle presque féminine. Juan Ogalla, en quelques gestes quasi tauromachiques et zapateos semble sur scène à lui tout seul définir le flamenco andalou. On croirait presque voir Antonio Gadès. « Difficile de trouver les mots pour en parler » indique le danseur visiblement ému. « C’est surtout sa personnalité qui m’a impressionnée, une personnalité très forte de la danse et qui a vraiment dignifié le flamenco en l’amenant au théâtre. Son travail a été un passage important pour nous tous, pour tout le flamenco ».

Juan Ogalla

Débutant sa carrière à l'âge de 9 ans, Juan Ogalla a accompagné Antonio Gadès dans la plupart de ses créations comme Bodas de sangre ou Carmen. Il devient ensuite le danseur soliste de Cristina Hoyos avant de créer sa propre compagnie à l'âge de 17 ans. Dans son nouveau spectacle, Los puertos de mi memoria, le danseur conte sa carrière artistique, avec sa vision très personnelle du flamenco issu des différentes régions d'Andalousie, de Cadix à Séville, en passant par Jerez et La Isla. Ce monument du flamenco donne ici une interprétation de la danse époustouflante de sensibilité, de profondeur et de générosité.

« Le flamenco est un art universel, mais en même temps très personnel où le vécu, les souvenirs marquent la manière d’interpréter et de ressentir cet art. Il faut regarder le passé pour continuer à avancer. Le flamenco, comme tout art ancestral, vient de l’intérieur et il me semble impossible de danser en oubliant ses racines ».

Juan Ogalla

Le flamenco est un art traditionnel. Comment voyez-vous son évolution ?

Un art traditionnel, certes, mais tout art a besoin de continuer à vivre. Personnellement, j’essaie de toujours respecter les racines, l’essence du flamenco, pour que cela ne se perde pas. Toutefois, nous ne pouvons ressentir aujourd’hui, ni chanter ou danser comme autrefois. Il y a internet, la télévision. On ressent, on chante, on danse de manière différente inévitablement. Mais, toujours en respectant les racines.

Aujourd’hui il y a des danseurs dans le monde du flamenco qui ne sont pas espagnols, comme la Rubia par exemple qui est française. Comment regardez-vous cela ?

Le flamenco est un art vivant. N’importe quelle personne peut le ressentir et avoir la chance de le transmettre. La nationalité ou l’origine de celui qui le danse m’est complètement indifférent.

Votre spectacle s’appelle Los puertos de mi memoria. Un port est un endroit où l’on arrive, où l’on se pose après un voyage, mais c’est aussi l’endroit d’où l’on part.

Où allez-vous Juan Ogalla ?

Je ne sais pas où je vais. Mais, j’aime aller. En matière artistique, je me laisse porter par le cœur. J’aime que mon cœur marche, que mon cœur danse, mais en sachant de quel port sort mon cœur, d’où je viens, de quoi est faite ma vie dans le flamenco, les choses qui m’ont marqué, les amis. Tout ce qui fait ma vie.

Votre définition du flamenco ?

C’est un peu difficile de définir le flamenco. Mais, je crois que c’est une manière de sentir, une manière de vivre. Une philosophie du sentiment. On en arrive à un point où l’on voit tout flamenco. Par exemple tu peux dire olé ! à une belle voiture. Je crois que le flamenco c’est la vie. Une manière de sentir, plus qu’une manière de vivre.


Geneviève Chapdeville Philbert


Los puertos de mi memoria - VIIe Festival International de Flamenco Théâtre Toursky Marseille.21 mai 2011

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