Orchestre philharmonique de Nice

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Mercredi, 20 Octobre 2010 15:14

Vendredi 16 octobre 2010

A 19h45, la salle de l'opéra de Nice, notre hôte pour la soirée, était à moitié vide. J'étais consterné ; dans le programme Strauss, Liszt et Brahms avec des chevaux de bataille bien rodés et un soliste aimé du public Nicois : Jean Yves Thibaudet. Mais, à 19h59 la salle était pleine et Philippe Bender le chef de l'orchestre prenait la baguette en main et nous offrait Till Eulenspiegel opus 28 de Richard Strauss. C'est la légende du bouffon flamand qui, amoureux sans espoir, s'en va prêcher l'éloge de la folie et sera finalement appréhendé et pendu.



Organisée en couplets l'histoire est racontée par des thèmes devenus aujourd'hui populaires que l'on retrouve souvent sur le programme des concerts de radio classiques. Strauss est admiré pour son génie orchestral qui, ce soir, était bien mis en évidence. Les instruments à vent en grande forme avec des sonorités bavaroises très Mittle Europa. Des opinions divergent sur ses activités pendant le régime des Nazis. Il est un fait que ses œuvres étaient célèbres pendant cette période. A-t-il joué pour Hitler ? les opinions sont partagées. Toscanini disait « j'enlève mon chapeau devant le compositeur et je le remets devant l'homme... ».

Jean Yves Thibaudet a choisi pour nous épater le deuxième concerto de Liszt en la majeur. Ce n'est pas un concerto populaire puisque tout le monde joue le n°1 ou encore les autres dizaines d'œuvres que le maitre de Weimar composa. Liszt ne manquait ni d'admirateurs ni de suiveurs voulant jouer ses œuvres. On raconte que, généreux avec son temps, son énergie au cœur large et à la disposition aimable avait eu des centaines d'élèves, quelques unes ayant même reçu attentions et soins spéciaux... Il suffisait de passer un après midi dans ses salons à écouter le maitre et poser une question pour se dire ensuite Elève de Franz Liszt. En plus, pour tout les pianistes qui n'ont pas réussi le concours d'entrée au Conservatoire de Paris, rassurez vous, Liszt avait aussi été refusé ! Ce concerto composé dans les années 1840-1849, proche donc de la révolution de 1848, a peu de parenté avec le concerto classique a trois mouvements. Il se déroule plutôt sous le forme d'une rhapsodie et les six mouvements nous portent d'un Adagio serein à un Allegro Agitato que Jean Yves exécute en un tempo orageux. les accords et les octaves nous font penser à Liszt lui-même dont le fantôme aurait sans doute été ravi d'entendre quelqu'un avoir compris l'esprit de son œuvres. Regardez cette main avec ses dix doigts allongés charnues mais trépidantes qui enveloppent le piano a une vitesse que l'on ne peu suivre visuellement. Le public, reconnaissant et ne le laisse pas partir sans un bis de Brahms qui nous prépare pour l'Opus suivant : la première symphonie de Brahms en do mineur op 68 écrite dans les années 1870. C'est un orchestre imposant avec plus 80 instrumentistes, à tel point que j'ai arrêté de les compter. Philippe Bender mène ce grand ensemble d'une main de maître. Il s'agit des quatre mouvements classiques : allegro, andante, allegretto et adagio final. Appelé «grand héritier de Beethoven, Brahms est une source d'harmonie et de joie telles que cela n' n'arrive qu'une ou deux fois par siècle. Alors, attendons...


par Peter Hermes