Festi'Femmes 2015 : Marianne Sergent et Isabelle Parsy, des ambassadrices énergiques de l'humour au féminin

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Lundi, 22 Juin 2015 14:06

Marianne Sergent signe l'une de ses meilleures prestations pour cette 20e édition de Festi'Femmes. Cette one woman show revisite l'actualité dans La Semaine de Marianne. Précédée la veille par Isabelle Parsy, en belle-mère-sangsue et odieuse dans Belle-mère saison 2, ces deux artistes clôturent cette événement en beauté au théâtre Toursky à Marseille.

 

Festival d'art et d'humour au féminin et événement culturel marseillais, Festi'Femmes met à l'honneur les femmes dans tous les arts : musique, peinture, photographie, mode, atelier bijoux... Des artistes confirmées y côtoient les stars de demain. Cette vingtième édition réunit Edmonde Franchi, Nicole Ferroni, Noëlle Perna...

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Présente dés la première édition, « Marianne Sergent est la première star de Festi'femmes, il y a vingt ans maintenant. C'est également la première à m'avoir dit fonce et à m'avoir fait confiance » déclare Eliane Zayan, la créatrice de Festi'Femmes. Marianne Sergent revient pour clôturer cette 20e édition au théâtre Toursky. Elle revisite avec son humour acide si personnel les différents événements de la semaine relatés dans les journaux. Comme nous sommes à Marseille, Marianne Sergent entre en scène avec le journal La Provence qui se transforme en divers journaux Le Parisien notamment. Cette one woman show évoque les marronniers (thèmes récurrents en journalisme) comme « sois maigre et tais toi », nous parle de politique, de faits divers, du temps, de la page des sports, de la musique, de l'actualité people... Marianne Sergent réalise ici un spectacle recherché. En effet, elle se ne contente pas de commentaires risibles et jubilatoires mais égaye et agrémente son texte par de nombreuses citations de gens célèbres. Elle commente la semaine journalistique par les propos de Pierre Dac, Woody Allen, Jacques Dutronc, Francis Blanche, Groucho Marx...mais aussi de Verlaine,Voltaire, Clemenceau... en passant par Coluche  : « les statistiques c'est comme le bikini, ça donne des idées mais ça cache l'essentiel ! » ou Alphonse Allais « Il faut prendre l'argent où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres. ».

Marianne Sergent termine le spectacle sur une toute autre facette. Dans un costume si évocateur, elle passe à la séduction totale avec un texte sur les desserts : une avalanche de sucrés nous submerge et nous emporte par sa force.

De nombreux bravos ont salués sa performance.

« Elle a une capacité à analyser le quotidien avec humour et intelligence. Une belle performance. » déclare une spectatrice en fin de spectacle. « Je l'avais vu il y a vingt ans, elle est aujourd'hui plus hardie et son jeu s'est amélioré » renchérit une autre. « elle refait l'actualité et la vie avec cet humour si particulier grâce à son talent et son imagination, elle a réalisé aussi l'adaptation des dialogues de la flûte enchantée pour la Fabrique Opéra Marseille Provence et c'est unique ! » déclare Richard Martin

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Interview après le spectacle

Jocelyne Silvy : Combien de fois êtes vous venu présenter un spectacle au Toursky ?

Marianne Sergent : Cela fait déjà une dizaine de fois que je viens dans ce théâtre. Je connais Richard Martin depuis les années 75-80. J'ai pu monter grâce à lui les spectacles sur Jeanne d'Arc et La commune, nous avons fait beaucoup de plateaux et des opérations militantes ensemble, bref, nous sommes frère et sœur.

J.S. : Pourquoi avoir voulu participer à festi femmes ?

M.S. :Je connais Elianne depuis 20 ans. J'ai été marraine du festival pendant les cinq premières années et je devais venir au Toursky. Ce spectacle se mariait bien avec Festi'Femmes.

J.S. : Richard Martin vous a proposé d’être la narratrice dans « La Flûte Enchantée » de Mozart de La Fabrique Opéra Marseille Provence ?

M.S. : Je fais la narratrice et en plus toute l'adaptation du livret de Schikaneder. J'ai réduit les scènes jouées car les chanteurs ne parlent pas tous parfaitement le français. J'ai réécris les scènes pour raconter l'histoire de manière compréhensible soit en annonçant ou « désannonçant » complètement. Je trouve extraordinaire de pouvoir adapter un opéra, et quel opéra ! Je suis ravie que Richard ait pensé à moi et d'avoir rencontré Jacques Chalmeau.

J.S. : Quels sont vos projets ?

M.S. : Je vais avoir un moment d'écriture dans le cadre de l'espace Léo Ferré du théâtre Toursky. Je vais produire un spectacle en décembre qui parle principalement d'amour. Il sera construit grâce à des correspondances que j'ai eu entre les années 80 et 90 avec des personnes qui sont devenus plus ou moins célèbres. Je vais me servir des écrits d'il y a trente ou quarante ans et voir la lecture que je peux en faire. Je voudrai en faire par la suite un livre dont le titre pourrait être Les dernières conversations amoureuses avant internet.

Avec Trinidad Garcia, je joue actuellement dans Danse avec l'obstacle qui reprend le 19 septembre à Cossé-le-Vivien. Elle en une chanteuse désespérée et moi en vieille conférencière, nous décidons de nous lancer en politique.


Isabelle Parcy Dans Belle-mère saison 2

Dans ce spectacle, Isabelle incarne une mère-sangsue qui accompagne son fils unique chéri, Alexandre, en voyage de noce sur un paquebot. Elle nous fait partager les joies, les animations et les inconvénients du monde des croisières. Isabelle campe avec énergie et détermination une odieuse belle-mère. Cette tigresse désire passer chaque instant avec son fils au grand dam de celui-ci et de sa jeune épouse : du petit déjeuner au dîner et s'invite même dans la chambre nuptiale. Comme elle le dit :« une belle mère c'est comme une étoile, plus elle est loin plus elle est belle ! ».. Elle incarne aussi tous les vices d'une croisièriste : commente la fin du film en début de séance, dénigre sa compagne de chambre...

« j'ai bien aimé, belle performance et une multifacette de personnages » déclare une spectatrice.

Séance jubilatoire, tous les travers d'une belle-mère et des casse-pieds grincheux de service sont au rendez-vous. Une bonne soirée !

Interview en fin de spectacle

Jocelyne Silvy : Quel est votre idée de départ pour ce spectacle ?

Isabelle Parsy : J'avais demandé d'écrire des sketchs à Xavier Chavary et c'est lui qui a eu cette idée de belle mère J'ai joué le premier volet de la belle mère pendant 5 ans. J'ai demandé la suite à cet auteur. Ce deuxième volet, qui tourne depuis un an, sera présenté au festival d'Avignon cet été.

J.S. : Quelles sont vos futurs créations ?

I.P. : Le 8 juin, je vais jouer dans un spectacle avec Anne Roumanoff au profit d'une association « Droit à la vie » au palais des congrès de Marseille. De nombreux artistes présenteront un sketch.

Et, du 7 au 10 juin, je présenterai Belle-mère saison 2 à la fontaine d'argent à Aix-en-Provence.

En première partie des spectacles, de nouveaux talents au féminin ont présenté quelques uns de leurs sketchs. La prestation de Nelly B est particulièrement à souligner. Avec son entrée en femme russe vêtue d'une fourrure au théâtre Toursky, elle donne le ton. Elle souligne qu'il faut chanter quoiqu’il puisse arriver avec beaucoup de bagout et de présence. Elle se produit, à Marseille, en one woman show à l'archange théâtre le 16, 22, 23 et 29 mai et en duo à l'odéon dans l'opérette l'auberge du cheval Blanc.

Jocelyne Silvy