Revisitée par la Fabrique Opéra, La Flûte de Mozart a enchanté les spectateurs du dôme de Marseille

Imprimer

Jeudi, 07 Mai 2015 13:17

Lors des trois représentations du 17 au 19 avril 2015, les spectateurs ont pu découvrir une nouvelle version de ce chef d’œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, projetée dans notre millénaire grâce à une mise en scène contemporaine de Richard Martin. Citons par exemple, le Glockenspiel symbolisé par un mac book pro. Comme à son habitude, Jacques Chalmeau a dirigé avec virtuosité l'Orchestre de la Philharmonie Provence Méditerranée et le chœur de la Fabrique opéra.

 

 

Spectacle

Conte philosophique et récit ésotérique, La Flûte Enchantée de Mozart fait l'éloge de l'amour, de la fraternité et de la lumière. Richard Martin a choisi de mettre particulièrement en avant l'univers de la franc maçonnerie, si chère au compositeur, par les décors, les costumes mais aussi par les rituels d'intégration. Les dialogues en français entre les divers protagonistes, entrecoupant les chants en allemand, permettent une lecture plus aisée de l’œuvre, les artistes se prêtant volontiers à la comédie. Des chanteurs de talent ont interprété les rôles de Tamino, Pamina, Sarastro, Papagena, Monostatos.... La prestation de la Reine de la Nuit, incarnée par Marlene Assayag, avec ses airs connus de tous, a enthousiasmé le public. Alexandre Artemenko jouait ici, avec brio, son premier Papageno.

Spectacle

En français pour faciliter la compréhension, Marianne Sergent a adapté, avec son humour grinçant et décapant, le livret d'Emanuel Schikaneder et le replace à notre époque. Avec son bagout, elle fait rire mais aussi rappelle des faits plus graves comme le statut de la femme en 1791, avec la publication rédigée par Olympe de Gouges sur le droit de la femme dans laquelle, elle dénonçait le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d'égalité. Elle sera décapitée deux ans plus tard. Marianne Sergent évoque aussi l'ouverture d'esprit des francs maçons qui ont permis aux femmes d'entrer dans leur confrérie à une époque où la femme n'avait encore aucun statut .

Spectacle

Cette première expérience d'un opéra coopératif sur Marseille a permis de réunir artistes internationaux et élèves d'écoles professionnelles de Marseille, mais aussi de faire découvrir à un nouveau public l'univers de l'opéra. Les costumes, confectionnés par les élèves, notamment celui de la Reine de la Nuit est particulièrement élégant et recherché.

Spectacle

Permettre aux néophytes de comprendre et d’apprécier l'opéra tel était l'enjeu de la Fabrique Opéra Marseille Provence. En introduisant les dialogues en français, une adaptation du livret humoristique et une mise en scène moderne tout en maintenant les chants d'origine, le pari est réussi ! Une expérience à renouveler !

Jocelyne Silvy