Le Retour d’Aida à Marseille !

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Jeudi, 12 Décembre 2013 14:12

Il aura fallu attendre moins de cinq ans pour retrouver la production toujours aussi efficace de Charles Roubaud et sa fidèle équipe sur la scène phocéenne en septembre 2013.

 

Aida

Emmanuelle Favre a retravaillé les décors et cette nouvelle version crée une plus grande diversité dans les différents lieux de l’action. On y découvre de belles projections de bas reliefs, de hiéroglyphes, de monumentales statues… Les costumes de Katia Duflot sont du meilleur goût. Avec beaucoup d’à-propos, Charles Roubaud utilise cet espace sans forcer le trait, il en exploite toutes les ressources dramaturgiques qu’il offre avec les images projetées et parvient à éviter tout artifice gratuit.

Aida

Il y a un je-ne-sais-quoi visuellement d’hollywoodien façon Cécile B. DeMille dans cette nouvelle version sans oublier la dimension intimiste de l’œuvre. On prend un véritable plaisir à voir et écouter cette Aida fort bien dirigée dans la fosse par Fabio Maria Carminati à la tête d’un orchestre concerné. Sa direction vive, toujours attentive à l’équilibre nécessaire entre fosse et plateau met en lumières toutes les beautés de l’écriture verdienne. Les chœurs ici renforcés nous procurent de belles émotions.

Aida

Si la soprano américaine Michele Capalbo a toutes les notes d’Aida. Sa voix ne possède ni la couleur, ni la solide étendue que requiert le rôle. Elle nous livre de beaux sons filés en bonne styliste mais peine à nous émouvoir. Difficile d’oublier pour autant la sublime Adina Aaron sur cette même scène ou à Avignon. Malade le ténor Zoran Todorovich a été remplacé au pied levé par Gustavo Porta qui a l’étoffe et l’envergure vocale de Radamès. Son interprétation pourvue de belles nuances stylistiques dans de telles conditions apparaît exemplaire voire héroïque. Pourvu d’une belle voix de stentor, le baryton Marco di Felice campe un exemplaire Amonasro brut et brutal de campement guerrier. La révélation de cette distribution demeure la sublime Amnéris de la mezzo-soprano italienne Sonia Ganassi en technicienne avertie. Son chant offrant de belles couleurs vocales d’une grande expressivité jouit d’un beau volume entre grave et aigu. Passionnée, son jeu scénique contrôlé transcende le pathétisme du quatrième acte. Sans conteste le sommet de cette représentation.

Aida

On oubliera très vite les piètres prestations de Philippe Kahn en Roi sans charisme et le Ramfis peu convaincant de Luiz-Ottavio Faria. On retiendra le messager juste et sonore de Wilfried Tissot et la grande Prêtresse de Ludivine Gombert dotée de belles qualités vocales. Le public venu en nombre a offert un accueil chaleureux à cette production de bonne tenue pour commémorer de la meilleure des façons cette année Verdi.


Serge Alexandre


http://opera.marseille.fr

Réservations : 04 91 55 11 10

Après les belles années laissées par Renée Auphan, l’Opéra de Marseille a retrouvé sa notoriété nationale et internationale et semble être entre de bonnes mains sous la direction de Maurice Xiberras. Capitale de la Culture en 2013, Marseille est avant tout une capitale lyrique. Elle est un phare sur le plan méditerranéen. Après une première tranche de travaux achevés, la façade a retrouvé sa splendeur.