UN AUTOMNE A LA SALLE GRAPPELLI SOUS LE SOLEIL DU JAZZ

Imprimer

Lundi, 04 Novembre 2013 14:13

Rien de plus réjouissant pour un jazzfan azuréen que le programme automnal de la salle Grappelli. Celle ci, sous les baguettes de son nouveau directeur artistique Romain Vigna, ouvre la scène à plusieurs grands noms du jazz international et français. En partenariat avec La Ruche, association créée par David Benaroche, la salle abrite notamment le New Jazz Festival1,

un jeune festival ambitieux devenu incontournable et qui commence la saison en grande pompe. Rien que du beau : le talentueux Chris Potter, Eric Bibb et le malien Habib Koite, la légendaire Carla Bley et Titi Robin, guitariste/oudiste manouche aux influences orientales qui clôturera la saison 2013.

 

Autre événement marquant à la Salle Grappelli : le 14e Festival de Guitare de Nice en coproduction avec l’association Adamas. Là aussi une belle affiche qui comblera les amoureux de la guitare : du jazz-rock avec Mike Stern, du blues avec Eric Sardinas & Big Motors, du rock avec les Little Bob Blue Bastards et une soirée manouche avec Laura Riz et Gareth Pearson.

La scène française n’est pas en reste : les frères Belmondo se retrouveront autour de leur père Yvan le 8 novembre pour un grand concert en sextet et Laurent De Wilde viendra avec son trio présenter son magnifique album Over the Clouds le 29 novembre2.

Alors que ceux qui se lassent de passer leurs soirées en pantoufles devant les fadeurs télévisuelles enfilent derechef leurs chaussures !


Prochain concert à la Salle Grappelli:

Le 8 Novembre à 20h30 : Belmondo Family Sextet (New Jazz Festival)

(17€ plein tarif/16€ tarif réduit/20€ sur place/gratuit pour les moins de 12 ans)


Salle Grappelli

Cedac de Cimiez

49, av de la Marne à Nice

04 93 53 89 66

Tout le programme sur le site : http://www.salle-grappelli-nice.org/



Interview de Romain Vigna, nouveau directeur de la Salle Grappelli

Romain Vigna

YA : Romain Vigna, vous venez de prendre la suite de Pierre Demaria à la direction artistique de la Salle Grappelli. Comment s’est déroulée cette succession ?

RV : Naturellement… Je travaillais déjà avec Pierre Demaria. Nous étions les deux programmateurs principaux de musiques actuelles à Nice : lui à la salle Grappelli pour le Jazz, moi au Théâtre Lino Ventura pour les autres musiques. A la retraite de Pierre j’étais pressenti. Et voilà….

Est-ce important pour vous de vous occuper d’une salle aussi mythique à Nice ?

Pour moi c’est un rêve qui se réalise. Le Jazz fait partie des musiques que j’affectionne. C’est une musique qui a une place particulière dans mon cœur. D’ailleurs, j’ai vu beaucoup de concerts de Jazz à la Salle Grappelli. C’est là que je me suis forgé ma culture Jazz. C’est un rêve que j’ai depuis l’adolescence.

Vous êtes également programmateur du Théâtre Lino Ventura. Comment allez-vous coordonner les deux salles ?

Je compte rester sur les grandes lignes mises en place par Pierre Demaria pour la Salle Grappelli et par moi-même pour le Théâtre Lino Ventura. La salle du Théâtre Lino Ventura a une jauge de 700 places ; celle de la Salle Grappelli fait 300 places. C’est donc la notoriété de l’artiste qui va déterminer le choix de la salle.

Le programme automne 2013 comporte une grande part de coproduction. La salle Grappelli va t-elle encore proposer des spectacles en production pure ?

Oui mais l’idée est d’offrir au spectateur le plus grand choix de concerts possible. L’association de la Salle Grappelli avec des structures de production locales permet de multiplier le nombre de concerts en partageant les dépenses. C’est ce que Pierre Demaria avait déjà mis en place. L’accueil du public et la qualité des concerts restent les mêmes, que l’on soit en coproduction ou en production.

Les structures dont vous venez de parler, comme La Ruche, Panda06 et Adamas, ouvrent généralement la scène aux artistes locaux. Est-ce une donnée importante pour vous que les jazzmen et jazzwomen régionaux soient représentés ?

Oui. Cette salle se doit d’accueillir les artistes de la région. On le fait aussi au Théâtre Lino Ventura. En fait, tout dépend de la marge de manœuvre que nous laisse la production pour programmer ou pas une première partie.

Avez-vous l’intention d’étendre la programmation à d’autres styles de musique que le Jazz et ses dérivés?

Oui j’aimerais l’ouvrir sur les musiques du monde. Ce sera certainement l’une des spécificités de la nouvelle programmation.

Avez-vous des projets de partenariats avec le Nice Jazz Festival ?

On va certainement programmer des artistes qui ont joué ou vont jouer au Nice Jazz Festival. Cela leur permettra de se produire lors d’une soirée entière à la Salle Grappelli. En ce sens là il y aura un lien entre le Nice Jazz Festival et nous. L’idée étant que la salle Grappelli est plutôt une salle de Jazz pendant l’hiver et le Nice Jazz Festival un lieu de Jazz l’été.

Quels sont vos artistes de prédilection dans le Jazz ?

J’en ai beaucoup. Parmi les pianistes : Brad Mehldau, Tigran Hamasyan ou Bojan Z. J’aime beaucoup Avishai Cohen. Parmi les saxophonistes, j’ai une préférence pour Mark Turner, Chico Freeman ou Chris Potter.

Récemment j’ai rencontré Lionel Belmondo. Il m’a raconté une anecdote qui m’a plu : il tournait avec Yusef Lateef qui a une créativité incroyable. Dans l’avion, il donnait 3 notes à ses musiciens, autour desquelles il leur demandait de préparer des versions nouvelles des morceaux qu’ils devaient jouer. Tout le monde planchait. Et le soir, ils jouaient les nouvelles versions.

Ce sont les artistes et leur travail qui comptent pour moi.


Yaël Angel

Entretien réalisé en octobre 2013


1 Qui produit également des concerts au Théâtre Lino Ventura et les clubs de jazz de la région

2 En partenariat avec l’association Panda 06