ANTHEA - SAISON 2016-2017

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Mardi, 27 Septembre 2016 13:49

Adaptations de romans, rendez-vous chorégraphiques, productions lyriques, comédies « grand public », pièces du répertoire, poèmes scénographiés... Ce qui frappe, à Anthéa, c’est la profusion et la diversité de spectacles proposés dans la programmation de la saison 2016-2017. On y découvre un subtil dosage parmi les quelques 200 représentations annoncées de 63 spectacles programmés, dont treize productions ou co-productions d’Anthéa.

 

 

Evénement

Beaucoup de stars sont à l’affiche ! Karine Viard ouvre le bal avec Vera, pièce qui dénonce avec humour le système capitaliste dans les relations de travail. Fabrice Luchini viendra partager avec un public conquis d’avance Poésie ?, un choix de quelques textes de ses auteurs favoris. Zabou Breitman a adapté pour la scène le roman de Lydie Salvaire La Compagnie des spectres dont elle campe tous les personnages hantés par des fantômes de la guerre. Charles Berling interprétera Dans la solitude des champs de coton, la célèbre pièce de Bernard-Marie Koltès, qu’il met lui-même en scène, transformant le « dealer » en femme (Léonie Simaga). Thierry Lhermitte et Bernard Campan règlent leurs comptes en famille dans une pièce déjantée mise en scène par Jean-Louis Benoit Le Syndrome de l’écossais. Olivier Saladin campe les différents protagonistes du « monologue gesticulatoire » de Daniel Pennac dans Ancien malade des hôpitaux de Paris : une nuit aux urgences dont on sort lessivé.

Evénement

Daniel Auteuil met en scène et dit tout haut ce qu’il pense tout bas dans L’envers du décor de Florian Zeller, auteur en vogue. Tout comme Sébastien Thiery dont Momo est interprété par Muriel Robin et François Berléand : rire garanti ! Catherine Frot a remis au goût du jour Fleur de Cactus, un succès de Barillet et Grédy, auteurs de « théâtre de boulevard » du temps des Trente Glorieuses ! Déjà venu il y a deux ans, le bouleversant André Dussolier danse en tanguant les mots d’Alessandro Baricco dans Novecento : un bébé abandonné sur le piano d’un transatlantique s’y accrochera toute sa vie. Patrick Chesnais reprend son rôle de Fouché dans Le Souper (mise en scène de Daniel Benoin), alors que François Marthouret s’appropriera le personnage de Talleyrand, succédant ainsi à Niels Arestrup. Ce dernier, lui, viendra donner la réplique à Kad Merad - un duo de choc !- dans Acting, une pièce concoctée par Xavier Durringer. Toujours préoccupée de l’avenir de la planète, Mélanie Laurent a adapté et monté Le Dernier testament de James Frey, avec la jeune Lou de Laâge. Dans Misery, Michel Boujenah devrait accepter le rôle de l’écrivain séquestré par une dangereuse lectrice (Myriam Boyer), ce serait un autoportrait de Stephen King que met à nouveau en scène Daniel Benoin.

Evénement

Par-delà les marronniers est le titre insolite que Jean-Michel Ribes et Michel Fau ont donné à leur hommage aux dadaïstes des années 20 : Jacques Rigaut, Arthur Cravan et Jacques Vaché. Une vie de « on » de Jean-Claude Grumberg est un portrait de l’artiste en pièces détachées, pleines d’humour et d’humanité, n’en doutons pas ! Seule en scène, Eva Rami raconte dans Vole ! comment circuler entre l’intime et la transmission familiale. Le collectif d’acteurs « La carte blanche » nous intrigue avec Nobody, d’après des textes de Falk Richter qui se croisent entre théâtre et cinéma. Une improbable rencontre dans Un paradis pour écrire, et surtout pour le reste, écrit et mis en scène par Luc Girerd. Mais aussi Un petit bout de paradis, où José Pillya présente des groupies qui veulent exprimer l’admiration portée à leur idole Vanessa Paradis. Sous la direction artistique de Félicien Chauveau, Peter Pan risque fort de s’éloigner de l’enfant qui ne voulait pas grandir, imaginé par J.M. Barrie. Enfin le spectacle le plus attendu, Pinocchio de Carlo Collodi se transforme, sous la plume de Joël Pommerat, en conte sombre sur la violence de la société.

Evénement

Quelques grands classiques de la littérature française permettront aux « scolaires » de se joindre aux spectateurs acquis à ce théâtre indémodable. Honneur à Molière : Le Bourgeois Gentilhomme où tous les arts sont réunis et célébrés (musique, danse...) dans la mise en scène de Denis Podalydès. Et Georges Dandin que présente le Collectif 8 dans une scénographie de Paulo Correia, avec ses comédiens habituels. Peu de temps auparavant, ceux-ci auront interprété La Religieuse de Diderot, avec Gaële Boghossian dans le rôle titre. Du même Diderot, Le Neveu de Rameau dans une mise en scène de Jean-Pierre Rumeau ! C’est au Candide de Voltaire que s’attaque Jacques Bellay. Parce que c’était lui la célèbre phrase sur l’amitié entre Montaigne et La Boétie, introduit une réalisation de Jean-Claude Idée. Enfin, Le Faiseur de Balzac, dans une mise en scène de Robin Renucci, sera la découverte d’une oeuvre qui n’a jamais été jouée du vivant de son auteur.

Pour un public amateur de one man (woman) show dont l’humour est garanti, Valérie Lemercier présente son nouveau spectacle de personnages plus barrés les uns que les autres. Patrick Timsit dose comique et polémique pour affirmer que On ne peut pas rire de tout. Quoi que !... Elie Semoun invente des portraits de « clowns tristes » pour montrer les travers de chacun. Manu Payet, de plus en plus accaparé par le cinéma, ne quitte pas pour autant son autodérision sur la scène. Pour Fellag, c’est plutôt l’humour tendre, tandis que c’est un humour absurde dont use Vincent Dedienne pour parler de lui, le sujet qu’il connaît le mieux.

Evénement

Anthéa accorde une belle place à la danse ! Dans Barbarians, le chorégraphe israélien Hofesh Shechter jongle avec l’énergie de jeunes danseurs semblant se dédoubler. Blanca Li s’est jointe à l’étoile du Bolchoï Maria Alexandrava pour s’attaquer aux figures de la féminité, dans Déesses et démones Maguy Marin reprend May B, son emblématique spectacle imprégné de l’univers de Beckett. Le célèbre danseur de flamenco Andrés Marin ajoute du hip hop à ses exploits grâce à Kader Attou, dans Yatra (voyage en sanscrit). Sous la direction de Shiran Ben Abderrazak, la nouvelle chorégraphie d’Eugénie Andrin s’intitule Issue. Enfin, c’est le Ballet Nice Méditerranée qui clôturera la saison.

Evénement

Du cirque aussi ! Dans Il n’est pas encore minuit..., la Compagnie XY suspend avec grâce 22 acrobates qui ne touchent pas terre. Le célèbre cirque vietnamien présente dans A ô làng phô ses extraordinaires prouesses en acrobatie, jonglerie et tutti quanti. Le Cirque Inextrêmiste ose un impressionnant travail d’équilibre dans Extension. Le « Dark Circus » raconte, aux petits et aux grands, une histoire originale signée Pef, le papa du Prince de Motordu.

Evénement

Reste encore au programme de la musique dans différents styles. Le colombien Yuri Buenaventura interprète, à sa façon plutôt salsa, un répertoire des grands noms de la chanson française. Christophe retrouvera ses groupies toujours amateurs de ses tubes. Lambert Wilson chante une trentaine de chansons d’Yves Montand. Le sénégalais Faada Freddy joint le bonheur à son rap. Michel Jonasz propose un programme très jazz. La révélation Joe Bel, effectivement belle et aussi talentueuse. Du rock avec Les Blondes. Imaginé par Thierry Balasse, La face cachée de la lune est un concert spectacle de compositions originales. Hyphen Hyphen, un groupe de Niçois qui explose de jeunesse. Un concert de musique classique grâce au Conservatoire d’Antibes. Ni du théâtre, ni de la danse, ni de la musique, mais les trois à la fois, L’heure où nous en savions l’un sur l’autre s’inspire de Peter Handke pour un spectacle visuel et musical.

Evénement

Toujours dans le domaine musical - mais le plus prestigieux -, l’Opéra offre deux rendez-vous incontournables : une production d’Erfurt, André Chénier la plus célèbre oeuvre d’Umberto Giordano sur un poète guillotiné au cours de la Révolution Française. Après le succès de sa « Bohême », Daniel Benoin relève le défi de monter sa Carmen de Bizet, l’opéra le plus joué sur la planète. Ne doutons pas du plaisir qu’il prendra à mettre en scène la flamboyante Andalouse !

Le succès d’Anthéa va grandissant depuis son inauguration, il y a déjà trois ans ! Quelques jours après l’ouverture de la location, il a fallu ajouter un certain nombre de représentations, tant la demande de réservations était importante. Quel triomphe !

Caroline Boudet-Lefort