“TRANSSIBÉRIEN J E S U I S”AUTOFICTION DE PHILIPPE FENWICK

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Jeudi, 07 Juillet 2016 16:29

Voulu par l’auteur pour en faire qu’une, c’est l’imbrication de deux histoire réelles revisitées, celle de Jacques Mercier dans « ATAVISME ou le SYNDROME KORSAKOV » créée en 2012 et celle de son épopée « ON A FAIT TOUT CE QU’ON A PU, MAIS TOUT S’EST PASSE COMME D’HABITUDE », créée en 2013.

 

Une chronique d’un rêve écorné. Dans cette autofiction, jouant de la dérision, Philippe FENWICK retrace la course d’obstacles que fut la mise en oeuvre de son projet le plus fou : un spectacle itinérant de Brest à Vladivostok. Et si la vie n’était pas qu'un songe...

Voilà comment Philippe FENWICK définit, non sans humour, sa nouvelle création en forme de poupée russe. Un spectacle dont il est à la fois l’auteur, le personnage et l’interprète. Fasciné par l’improbable destinée d’un certain Jacques Mercier, chanteur de cabaret, FENWICK, le héros de la pièce, décide d’en faire un spectacle et de monter une tournée au fil du Transsibérien. Pour cela, il lui faut créer une troupe, réunir un million d’euros, trouver des partenaires, convaincre l’Institution. Accompagné de quatre musiciens et de circassiens, FENWICK raconte de manière burlesque et tragique, dans une atmosphère de cabarets ces jours passés à courir après ce rêve. 
Une confession intime, pleine de rebondissements et ingénieusement truquée.

Spectacle

2013, suite au festival "Villeneuve en Scène", je décide de faire de ces une seule et ATAVISME raconte la vie de Jacques Mercier, chanteur de cabaret, véritable icône, durant vingt ans (1963/1983) à La belle de Recouvrance sur le port de Brest. Un quartier de noctambules et de plaisirs où font halte les marins. Mais le monde change. Le quartier de Recouvrance est devenu une rue déserte où se croisent de vieux fantômes. Le Cabaret a fermé quand la marine a mis le cap sur Toulon et Jacques au chômage se terre dans sa chambre sombrant dans l’alcool et l’anonymat.

Il passe ainsi des heures à écouter des bruits de locomotives et de vieux trains qui l’entraînent dans un imaginaire poétique et fou. Il s’invente une tournée triomphale avec la famille Korsakov, un cirque ambulant qui traverse la Russie. Poursuivant l’inaccessible Sonia Korsakov, une violoncelliste trapéziste. Il s’imagine chantant à ses côtés tous les soirs. Mais dès qu’il semble l’atteindre, Sonia disparaît dans le noir du théâtre, et il se réveille à Brest. Jacques macère un peu plus dans l’alcool et la crasse à Brest tandis qu’il se persuade d’être en Russie.

Chaque jour, Madame Schuller sa propriétaire accompagnée de sa fille Margo Schuller le nourrissent et donnent un semblant de propreté au bordel de sa chambre. Mais jacques croit qu’elles font parti d’un rêve récurrent qui le retient sans cesse à Brest.

Le 29 janvier 1983, Jacques disparaît dans son appartement, verrouillé de l’intérieur. Aucune issue possible. Encore aujourd’hui, personne n’a trouvé d’explications.

Vingt ans après, Margo Schuller, amoureuse de Jacques Mercier continue de l’attendre en habitant son appartement. A travers elle et son amour, nous découvrons la folie de Jacques.

Philippe Fenwick a choisit de réaliser la tournée que Jacques décrivait minutieusement dans son journal. Voyage immobile d’un fou sur sa chaise. De suivre la trace d’un homme qui n’a jamais pu faire ce voyage.

ATAVISME est une ode à la mystification. Janvier 1983. Jacques Mercier a 47 ans. Il écrit, enfermé, les ultimes phrases de son carnet : «Demain, dernière étape et ultime représentation. Avant mon départ pour la Russie je n’ai jamais quitté la pointe du Finistère. Je n’y reviendrai pas. Je vais retrouver un nouveau large. Dans quelques heures je serai à Vladivostok. »

« TRANSSIBERIEN JE SUIS », un hors les murs du théâtre de La Criée à La Friche la Belle de Mai qui s’est joué du 11 au 14 mai 2016 dans ce « Vaste terrain de jeu de 26.000M2 » longeant la principale voie ferrée de Marseille à proximité de la gare St Charles, occupé au XIXe siècle par la Manufacture des Tabacs de la Belle de Mai « La Seita » & les « Raffineries des sucres Saint Louis », devenu un haut lieu Artistique et Culturel...que notre « Saltimbanque » a pu dans cet hyper espace scénique approprié à son oeuvre par son infrastructure existante avec ses grands hangars&locaux réaffectés et ses rails , nous faire vivre sa folle épopée en écho avec le rêve écorné qu’il a exhumé, de l’infortuné Jacques Mercier...

Un espace géré depuis 2007 par la Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) assurant depuis fin 2013 l'ensemble des compétences et missions, dont les clefs ont été confiés par la Ville de Marseille, partenaire institutionnelle aux côtés des autres collectivités territoriales (Région Provence Alpes – Côte d'Azur, Département des Bouches du Rhône) et de l'Etat - Ministère de la Culture et de la communication.

Spectacle

La pièce commence...

Dans la pénombre éclairée par une boule à facettes tournante fixée au dessus de la scène ; nous apercevons Philippe fenwick, assis dans un coin de sa loge, dos à un portant avec des costumes de scène, entrain de se maquiller, perruque et autres accessoires sur la table, afin de se travestir. Des lumières tamisées donnant dans le rouge viennent éclairées l’enseigne et le cabaret. Dans un nuage de fumée, apparaît en robe moulante lumineuse, une jolie chanteuse aux cheveux crépus ; éclairée par un projecteur, elle entonne merveilleusement bien deux chansons anglo-saxonne ; puis, après avoir traversé le bord de scène de manière déglinguée, éreintée, perchée sur talons aiguilles, c’est notre « Drag Queen » en jupe courte moulante et scintillante... qui enchaîne. De retour dans sa loge, il revêt son costume de ville et commence à mettre en mouvement pêle-mêle ses deux histoires.

Utilisant le bord de scène en aller/retour, éclairé par un projecteur, tout en gesticulant il évoque ses démarches infructueuses auprès de la DRAC qu’il égratigne au passage pour espérer une aide financière à son projet. Portable en main, avec humour, il simule les difficultés rencontrées pour aboutir à un contact et un rendez-vous avec le responsable du service de la culture.

Revenant dans sa loge, il continu à raconter sa folle aventure dans ce vaste territoire qu’est la Russie, avec ses lendemains de plus en plus difficile faute d’argent, l’abandon envisagée à plusieurs reprises...Son parcours réalisé dans la souffrance, prêt à vendre son âme au diable... il enchaine avec l’histoire de Jacques Mercier, moteur de sa pièce.

Spectacle

Eclairé par un projecteur, sur sa table on trouve le journal de bord de la pièce, une série décroissante de poupées russe ; dessous son sac de voyages, au sol des vêtements épars et un train électrique sur un rail de départ en boucle qui continue en ligne droite sur le bord de scène, une télécommande, une boite contenant des légaux. Cela en mains, notre « As de l’aiguillage !!! » met en mouvement la scène. Présent à tous les postes : tantôt sur sa chaise avec son livre qu’il commente, ou sur scène intervenant comme un narrateur, tantôt assis au sol à l’intérieur du rail en boucle pour faire fonctionner en aller/retour le train, égrainant ses jours avec les légaux qu’il jette au sol au fur et à mesure de son voyage, gare par gare.

Entre en scène SERGUEÏ VLADIMIROV, choisi pour interpréter Jacques Mercier, parce qu’il a été chanteur et guitariste dans un groupe de rock en ex-URSS entre 1980 et 1983. Parce qu’il est né à Bratsk en pleine Sibérie.

Spectacle

Philippe FENDWICK ne pouvait mieux espérer. Un rôle qu’il a assumé admirablement de bout en bout, avec une présence scénique imposante. Barbu, cheveux mi-longs grisonnants, vêtu d’un costume

de rocker, la scène enfumée, dans la pénombre, il entame et chante avec sa voix rauque, guitare électrique à la main, quelques morceaux de musique anglo-saxonne représentant la période de pleine gloire de l’infortuné Mercier dans le cabaret « La Belle de Recouvrance ». Après sa fermeture en 1983, l’auteur nous transporte dans son studio. Un décor aussi précis qu’il soit. En fond de scène une cuisine équipée, à gauche : une table avec des documents (Atlas...) sur la Russie et son livre de bord, un poste radio TSF pour écouter les infos et musiques Russe, au coin du mur un fauteuil cuir rouge lorsqu’il était plongé dans son rêve;

Au centre : une armoire à balais où entraient et se dissipaient les musiciens (violoniste, accordéoniste, diable, contrebassiste ou trompettiste) la trapéziste...

Spectacle

Hugues HOLLENSTEIN, Portier de l’armoire à balais, c’est le « diable en personne » par son maquillage, vêtu d’un costume sombre...puis violoniste, archet main droite jouant sur le bas du dos dénudé de la femme contrebasse, interprétée par Marine PARIS.

A droite : la porte principale qui servait d’entrée et sortie des personnes qui ont réellement existées : Mme Schuller, sa voisine de palier qui venait lui faire le ménage, sa fille Margot, interprétée par Marine PARIS, tombée amoureuse mais repoussée, qui venait prendre souvent des cours de violoncelle.

Spectacle

Son frère, des infirmiers psychiatrique, Olga la tenancière du cabaret interprétée par Nathalie CONIO; au coin du mur un tourne-disque avec des 33 tours pour s’imprégner de musique populaire russe ; en amont et au centre de la pièce un tabouret bois revêtu de cuir rouge pour Margot.

En retrait côté gauche un tissu blanc suspendu tel une corde à grimper pour Grit GRAUSSE, issue du milieu circassien, performeuse de tissus aériens, spécialiste de la roue allemande. Une artiste qui a excellé dans sa spécialité et dans le rôle de madame Schuller.

Spectacle

23h- FIN DU VOYAGE

Avec une mise en scène remarquable, embarqué dans ce merveilleux rêve et confronté à la réalité exposé à la perfection par Philippe FENWICK à l’issue du spectacle des difficultés que rencontrent les intermittents du spectacle Vivant et des drames humains qui peuvent en jaillir, pleinement interpréter par tous les comédiens impliqués physiquement dans cette folle aventure vécue imbriquant le théâtre, cabaret, cirque ; le spectateur ne sort pas indemne de cette très belle pièce burlesque & poignante, riche d’émotions qui restera gravée dans sa mémoire.

Pierre ROTOLO


Coproduction : Théâtre National de Marseille La Criée / Théâtre National de Nice, CDN Nice Côte d'Azur. Production : Zone d’Ombre et d’Utopie. Production déléguée : Le K Samka. Résidence de création : La Gare Franche / Marseille. Avec la participation de : la Friche la Belle de Mai / Marseille.

ZONE D’OMBRE ET D’UTOPIE // Z.O.U.

«  TRANSSIBÉRIEN JE SUIS »

Faut-il, à tout prix, réaliser ses rêves ?

Ecriture et mise en scène : Philippe Fenwick Collaboration à la mise en scène : Nathalie Conio Avec : Philippe ARESTAN violoniste, Philippe BORECEK accordéoniste, Romain QUARTIER trompettiste ont joué lors du prélude, puis accompagné à chaque apparition Sergueï Vladimirov interprétant en russe des chansons populaires.

Grit Krausse, Marine Paris, Sergueï Vladimirov, Nathalie Conio (chef de gare/ contrôleuse / Olga) Hugues Hollenstein alias Igor KORSAKOFF.

Avec la participation de : Claudine Baschet, Simone Hérault (véritable voix SNCF) et Muriel Piquart. Scénographie : Philippe Fenwick et Felix Deschamps. Création de l'Ombroscope et des vidéos : Hugues Hollenstein. Création Lumière : David Mossé. Création musicale sonore : Romain Quartier Costumes : Magali Castellan. Régie Générale et régie son: Clara Marchebout. Régie Lumière: Lucie Delorme.