FESTIVAL DES MANCA

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Lundi, 10 Décembre 2012 19:12

Once upon a time... Il était une fois.... Il y a mille façons de raconter une histoire. Loin des contes, le Festival des MANCA a choisi, pour sa trente-troisième édition, le thème « Stories » illustré de musique contemporaine.

 

Une soirée particulièrement riche s’est déroulée au Théâtre National de Nice avec un concert de première partie de soirée aux oeuvres très diverses, allant du petit ensemble au plus gros effectif avec deux créations mondiales : Double concerto de Mario Mary dont l’univers électroacoustique s’enrichit d’une onirique vidéo de formes fluides, et Deux, le contraire de un du compositeur italien Nicola Sani, Puis Pranam II, un concentré du monde de Scelsi. Enfin, une oeuvre de François Paris, directeur du Festival : Settembre s’inscrit dans un travail expérimental, mené depuis quelques années en explorant l’utilisation de plusieurs tempéraments pour produire des impressions de changements d’espace ou encore des impressions d’accélération ou de décélération, sans qu’il n’y ait pourtant aucune variation rythmique réelle.

MANCA

Les MANCA ont ensuite proposé une version inédite du chef d’oeuvre de Fritz Lang : Metropolis. Comme une copie du film comportant de nombreux passages inédits a été retrouvée au musée du cinéma de Buenos Aires, le compositeur Martin Matalon a entièrement revu sa partition de 1995 pour s’adapter à cette redécouverte historique, proposant un travail remarquable sur les timbres et les textures ce qui accuse encore davantage l’expressivité des images. L’aspect plastique du film a impressionné les imaginations par son extraordinaire richesse visuelle, dont l’expressionnisme sert de miroir à de multiples formes esthétiques.

MANCA

Lors d’une soirée à l’Opéra, Nirvâna, une oeuvre de Shuya Xu, directeur de conservatoire de Shanghai, a été magnifiquement interprétée par le Philharmonique de Nice, avant Sonoris Causa du célèbre compositeur Ivo Malec. Mais évidemment la pièce la plus attendue ce soir-là était Déserts de Varèse. Lors de sa création, en 1954 au Théâtre des Champs Elysées à Paris, l’oeuvre fut sifflée et huée, heurtant – par sa nouveauté - les oreilles du public. Cette année à Nice, près de soixante ans après cette soirée mémorable, quelques trublions ont reproduit, pour rendre hommage au scandale, sifflements hostiles et jets de tracts. Si une partie du public a compris la réitération de l’événement, une autre s’en est pris aux « manifestants », et le concert s’est ainsi terminé en bagarre. C’est dommage pour l’oeuvre splendide de Varèse qui est aujourd’hui devenue un classique de la musique contemporaine.


Caroline Boudet-Lefort