Festival musique classique de Perugia 2012

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Lundi, 10 Septembre 2012 19:30

Le festival musique classique de Perugia (www.musicfestperugia.net) vient de boucler sa septième édition. Plus de 130 jeunes musiciens, 30 professeurs solistes et un orchestre en résidence produisant 30 spectacles pendant deux semaines ; un véritable tour de force de musique classique !

 

La perle de ce festival 2012 fut incontestablement le pianiste russe Sergei Babayan  «Un pianiste phénoménal» nous confie Ilana Vered, directrice musicale du festival, elle-même virtuose de renommée mondiale 

Babayan, lui, a connu une popularité soudaine l’année dernière grâce à son élève Daniil Trifonov qui a remporté les deux prix de piano les plus prestigieux : Arthur Rubinstein à Tel Aviv et Tchaïkovski à Moscou. Depuis, il se produit dans le monde entier avec son élève, en entamant parallèlement une nouvelle carrière de chef d’orchestre. Il n’est pas facile de prendre la baguette à mi-chemin d’une carrière de virtuose et de faire sonner l’orchestre avec autant de maestria ! Après un travail opiniâtre, l’orchestre et les jeunes solistes ont rendu honneur à Beethoven, Mozart, Haydn et Saint-Saëns.

Autre surprise du festival, le jeune pianiste (encore un !), Dan Wen Wei, ancien élève d’IlanaVered. Professeur émérite à Pekin, il a dirigé 4 concertos de piano (Beethoven, Mozart, Xx2 ? et Chostakovitch (piano et trompette). L’orchestre Etla Salleen chœur ne voulait pas lâcher ce jeune maître qui me confiait : «J’ai appris l’orchestration en autodidacte et j’ai eu très peu d'occasion de diriger un bon orchestre en Chine ». Avis aux managers!

Uri Segal, ancien assistant de Léonard Bernstein, participait également au festival. Il a joué les grands classiques d’une main de maître affichant précision et élégance… la grande classe ! On était en classe supérieure.

D’autres grands pianiste ont figuré au palmarès de ce festival : Peter Frankl, vétéran mondial de Bela Bartok a conquis l’assistance qui lui a réclamé 3 bis !

Quant à Ilana Vered, elle a été la grande prêtresse de ce festival chaleureux : Fauré, Debussy, Ravel étaint à son programme. L’ancienne élève de Vlado Perlemutter au Conservatoire National de Paris porte toujours dans son cœur les maîtres français, même si le festival est bien établi en Terra Italiana.

Un nouveau venu au festival, Yuko Yokohama, célèbre pianiste japonais, a établi un nouveau records digne de figurer au Guiness, jouant 5 heures sans interruption dans notre fameuse Sala dei Notari, ancienne résidence musicale de Michel Angelo Benedetti, fils du pays. Une broutille pour Yokohama, qui avait déjà accompli l'exploit d'un 24h non stop sur son piano à Tokyo, joué lors d’une autre soirée les 5 concertos de Beethoven et, cerise sur le gâteau, achevé les 24 préludes et fugues de Bach. Incroyable non ?

Nous avons eu la chance d'accueillir un vivier de jeunes prodiges, âgés de 10-11 ans : parmi les plus doués, Nathan Lee de Seattle et Eden Giyat, exposent avec leurs doigtés juvéniles tout un univers musical, capables de jouer Beethoven, Haydn, Mozart, Mendelssohn, sans compter des études virtuoses de Moszkowski et de Chopin, avec un naturel et une simplicité parfois surprenants. « La grande musique n'attend pas le nombre des années ».

La classe de Mary Schiller (Directrice de la section vocale du Cleveland Institute of Music) a contribué avec ses élèves au succès de l'opéra Le Barbier de Séville qu'on a monté à Castiglione del Lago et à Teatro Signorelli (fameux dans le monde entier). Dans le casting il y avait Bruno Pratico (Don Bartolo) , Marco Bussi (Figaro) et Massimiliano Silvestri (Almaviva). Un casting qui aurait fait honneur même à la salle Garnier !

Dans cette même classe de Mary Schiller, professeure reconnue dans le monde entier, il y avait une voix que l'on ne pouvait pas manquer : elle a 17 ans, une silhouette de gymnaste olympique, des cheveux blonds en cascade et une voix céleste.

Je lui ai demandé deux billets pour son début à La Scala de Milan.

« C'est promis » a-t-elle dit sans broncher !

La dernière soirée dans la stupéfiante Sala Dei Notari qui a accueilli dans la passé tous les grands de la musique ; Heifetz, Horowitz, Michel Angelo Benedetti, nos jeunes pianistes et grands maîtres ont joué ensemble à deux mains à quatre mains avec l'orchestre et sans dans une apothéose que seuls l'amour de la musique et un vrai et sincère talent peuvent engendrer.

Le lendemain, ils repartent tous pour Tokyo, Pekin, New-York, Los Angeles, Moscou, Tel-Aviv, Londres, Budapest et ailleurs mais l'année prochaine ils seront tous de retour.

C'est juré !


Peter Hermes