Dossier spécial fondations

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Jeudi, 26 Janvier 2012 23:55

E. Badinter/fondation Bleustein-Blanchet - Jacques Attali/Planet Finance - Fondation Calouste Gulbenkian

Entretien entre Silvia Valensi et Elisabeth Badinter, présidente de la Fondation Bleustein-Blanchet.

Silvia Valensi : La motivation, la volonté ont été les principes de vie et de survie pour Marcel Bleustein-Blanchet, votre père, dont le parcours exceptionnel a aussi été exemplaire. Pouvez-nous dire ce que signifie aujourd'hui avoir une vocation ?

Est-ce la chance de pouvoir maîtriser son destin ?

Elisabeth Badinter : Avoir une vocation, c’est déjà la chance d’avoir une envie, une passion ; la réussir, c’est passer le plus clair de son temps à faire ce que l’on aime. Dans le hall d’entrée de Publicis, il y a un portrait de mon père qui rit aux éclats. Cette photo illustre parfaitement la chance qu’il a eue d’exercer le métier qu’il adorait, chance qu’il a voulu partager avec d’autres, en créant la Fondation de la Vocation.

 

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S. V. :Marcel Bleustein-Blanchet affirmait que « Réussir sa vocation, c’est connaître la joie de vivre dans l’amour de son métier ». Est-ce qu’exercer le métier de son choix, incarne parfaitement la mission de la Fondation ?

E. B. : La mission de la Fondation de la Vocation est de permettre à des jeunes gens et jeunes filles très motivés, ayant déjà surmonté d’importantes difficultés, de terminer la formation qui leur permettra d’exercer le métier de leur choix. La plupart atteindraient leur but sans nous mais nous leur faisons gagner du temps et leur apportons une reconnaissance qui renforce leur volonté et leur donne confiance.

S. V. : Quels sont les formes de soutiens auxquelles la Fondation s’engage pour les jeunes en difficultés puissent réaliser leurs ambitions ?

E. B. : Tous nous disent que la reconnaissance de leur parcours, de leur choix est aussi importante pour eux que le coup de pouce financier. L’originalité de la Fondation est de suivre ses lauréats et de leur apporter son soutien, quand ils le souhaitent, tout au long de leur carrière. L’aide de la Fondation peut-être relationnelle, obtenir des rendez-vous, des stages, appuyer une candidature à un poste... ou financière si cela se justifie et dans la mesure de nos moyens et l’écoute, vous allez peut-être nous trouver un peu paternaliste mais pour beaucoup, la Fondation est une famille avec laquelle ils partagent leurs difficultés et leurs succès et je suis très fière de cette dimension humaine de la Fondation.

S. V. : Encouragez-vous toutes les natures de vocations ? Quel que soit le domaine d’activité ou le métier qui pourrait mettre en valeur un talent particulier ?

E. B. : Nous encourageons toutes les vocations excepté les vocations religieuses ou politiques. Dans les dossiers que remplissent les candidats, aucune question sur leur religion ni leurs opinions politiques bien sûr. Certains métiers émergent depuis la création de la Fondation tels ceux de la musique, de la recherche scientifique et médicale, l’artisanat... Et au cours des ans, nous avons vu apparaître de nouveaux métiers comme ceux de l’informatique, ceux liés à l’environnement et au développement durable. Nous avons aussi eu les premières femmes à exercer des métiers “réservés” préalablement aux hommes, des pilotes de lignes, une forestière, deux femmes chef d’orchestre, une hydrographe polaire, une femme maçon...

S. V. : Chaque année vous attribuez plus de 20 bourses, afin d’en bénéficier, quels sont les conditions de candidature pour La Bourses de la Vocation, La Bourse Européenne, Le Prix de l’Espérance, Le Prix Littéraire de la Vocation, Le Prix de la Poésie ?

E. B. : Avoir entre 18 et 30 ans dans l’année, une vocation, un début de réalisation et avoir déjà surmonté des difficultés, être de nationalité française ou d’un pays de l’union européenne, vivant en France. Pour faire acte de candidature il faut envoyer une lettre de motivation et un CV à la Fondation entre début janvier et fin mai. La bourse européenne est choisie parmi les candidats européens. Les Prix de l’Espérance sont choisis parmi tous les candidats mais s’adressent plus particulièrement à ceux dont le parcours n’est pas assez avancé mais qui sans aide devraient renoncer ou se trouveraient dans une situation précaire. Les éditeurs nous envoient les romans ou nouvelles de jeunes auteurs (18–30 ans) publiés dans l’année. Les compte d’auteur et les traductions ne sont pas prises en compte. Pour le Prix de poésie, les poètes nous envoient une cinquantaine de poèmes dactylographiés avant fin avril. Le lauréat est publié par Cheyne Editeurs dans la collection Vocation. Toutes ces informations se trouvent sur le site de la Fondation : www.fondationvocation.org

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S. V. : Les principales qualités qui caractérisent les lauréats sont-elles le goût de l’effort, la détermination et la persévérance ?

E. B. : Oui, je mettrai la détermination en premier, puis la persévérance, le goût de l’effort en découle. Ils sont portés par leur vocation et leur volonté d’aboutir. Les difficultés rencontrées sont un aiguillon de réussite, jamais une raison d’abandon.

S. V. : Comment suivez vous la carrière des lauréats qui sont plus de 1325 à présent ?Ont-ils aussi le sentiment de « rendre ce que l’on a reçu »cher à votre père, en devenant Parrain de Promotion ou Jury ?

E. B. : Internet a beaucoup facilité les relations entre la Fondation et ses lauréats. Ils nous envoient de leur nouvelles par mail, quand celles-ci sont publiques, exposition, concerts, soutenance de thèse, etc.. Nous les transférons sur notre site. Les courriels rendent le dialogue avec eux immédiat, chaque jour les déléguées leur répondent. Beaucoup de lauréats sont devenus des références dans leur métier, certains siègent au jury et ont parrainé une promotion. Tous les dix ans, nous faisons appel aux lauréats pour offrir une bourse dite “bourse des lauréats” l’année dernière nous avons pu en offrir deux et deux lauréats ont offerts une bourse complète. Cette année un lauréat offre lui aussi une bourse.

S. V. : Dès sa création en 1960,la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet a été auréolé par un Parrainage et un Jury composé de personnalités, dans le domaine des sciences, des arts, des lettres et de la musique. Avaient-t-ils le sentiment de personnifier la réussite de la vocation ? Et laquelle vous a le plus marquée ?

E. B. : Mon père qui aimait rappeler qu’il n'avait pour seul diplôme qu'un certificat : “Sait lire, écrire et compter”, était très fier de son jury composé de Prix Nobel, de grands savants, d'intellectuels. François Jacob, Jean Rostand, René Clair, Françoise Giroud, Marcel Pagnol, Georges Auric, Raymond Aron... pour n’en citer que quelques uns, débattant deux ou trois heures durant pour choisir les candidats à qui donner le coup de pouce providentiel. C’était d’une générosité incroyable. Franchement, ce n’est pas l’un d’entre eux qui m’a marquée, c’est leur implication et leur humanisme.

S. V. : Le 50ème anniversaire de la Fondation a été marquée par le Parrainage du Président de la République, Nicolas Sarkozy, qui a rappelé « la contribution exceptionnelle de cette institution en faveur de la jeunesse. » mais aussi que « … Les lauréats sont le témoignage des potentialités immenses que chaque jeune recèle au fond de lui-même ». Pensez-vous qu’aujourd’hui la Fondation a rempli ses objectifs à savoir faire perdurer l’idéal de votre père à travers sa Fondation ?

E. B. : Oui, cette idée de mon père a 50 ans, est toujours d’actualité et d’utilité, nous recevons chaque année environ 5.000 candidatures et le parcours des lauréats, leur réussite sont autant de preuves qu’il n’y a pas de fatalité d’échec; quelque soit l’origine, l’environnement, les difficultés, l’on peut s’en sortir. Je dirai même que les valeurs de la Fondation sont encore plus porteuses d’exemple et d’espoir aujourd’hui qu’il y a 50 ans.

S. V. : Pourriez-vous nous rappeler l’histoire magnifique d’espoir, du trèfle à quatre feuilles du logo de la Fondation ?

E. B. : Je n’ai pas de souvenir particulier à propos du trèfle de la Fondation, le trèfle est un porte bonheur et je crois que c’est Louise de Vilmorin qui avait dessiné le premier trèfle de la Fondation.


Copyright le 18 juin 2010


 

PROMOTION Jean-Claude CASADESUS

LAURÉATS 2011

Hadrien ABDELLI Ingénieur agronome

Kaouther ADIMI Ecrivain

Francisco ALVARADO Compositeur

Karim AMELLAL Sociologue

Louise BELLET Coordinatrice de projets environnementaux

Marie BERIOT Logisticien de solidarité internationale

Charles BERNARDOFF Game designer

Isabelle BOURRET Infographiste

Jérémy BRUYÈRE Contrebassiste

Chloé DALIBOT Danseuse Hip Hop

Rachid DAMOU Pilote de ligne

Pierre DUCROZET Ecrivain

Raphaëlle HOVINE Coordinatrice des APA

Fayadhoi IBRAHIMA Chercheur en mathématiques appliquées

Willy KOUYATE Réinsertion par la boxe

Nicolas LIBEYRE Architecte

Joanna LORHO Réalisatrice (film d’animation)

Sophie MARTIN Architecte d’intérieur

Marie-Catherine MASSÉ Luthière

Blandine MERLE Poète

Edriss RASSULI Ingénieur (énergies nouvelles)

Yassine SALAH Analyste financier

Elodie VAUTRIN Médecin


PRIX DE L’ESPERANCE

Emmanuelle ABGRALL Psychologue

Chadia BOREHANI Diététicienne

Zouhir DOUZI Agent de trafic aérien

Damien FREBOURG Projectionniste de cinéma

Pauline MASSIMI Ingénieur matériaux

Emeline d’OLLONE Avocate

Delphine SFEZ Orthophoniste

Automne THIRION Artiste de cirque

Élisabeth Badinter est une des trois filles du publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet et de Sophie Vaillant, petite-fille d'Édouard Vaillant. Agrégée de philosophie, spécialiste du siècle des Lumières, elle a été maître de conférences à l'École polytechnique

Depuis 1966, elle est l'épouse de Robert Badinter, avec qui elle a eu trois enfants

Présidente du conseil de surveillance de Publicis depuis 1996, elle est également la deuxième actionnaire du groupe,

Féministe, elle a écrit 5 ouvrages sur la condition des femmes, de la mère et du couple en général, qui ont suscité certaines polémiques.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Elle a également été nommée membre du conseil scientifique de la Bibliothèque nationale de France en qualité de personnalité qualifiée, en 1998 et 2002.

L'école d'Asnières-sur-Seine (Hauts de Seine) et le collège de Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), la bibliothèque d’Ensuès la Redonne portent son nom.

 



 

Entretien de Jacques Attali avec Silvia Vlalensi

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Silvia Valensi :Vous affirmez qu'« aux côtés des trois piliers du développement que sont la démocratie, l'éducation et les infrastructures, la Microfinance est de plus en plus considérée comme un instrument clé pour la mise en place de stratégies efficaces de lutte durable contre la pauvreté ». A la vue de ce constat, considérez-vous faire plus de la politique humanitaire ou de l'économie humanitaire ?

Jacques Attali : Je considère faire de la politique tout court, au plus haut sens du mot, parce ce que nous faisons c’est d’aider les gens à épanouir leurs talents, à devenir eux-mêmes.

S.V. : Comment se définit la Microfinance ? Quels en sont les principaux bénéficiaires ?

J.A. : La Microfinance, c'est l’ensemble des services financiers rendus accessibles aux plus

pauvres. Plus d'un milliard de gens peuvent en être bénéficiaire.

S.V. : Que représente l'éthique de PlanetFinance pour aujourd'hui et pour demain ?

J.A. : Notre mission consiste à lutter contre la pauvreté matérielle, morale ou politique et, pour cela, nous devons tout faire que, dans chacun de nos actes, nous n'oublions pas cette mission.

S.V. : Quelle est la genèse de PlanetFinance ? Comment avez-vous eu l'idée de sa création ?

J.A. : La genèse débute par la rencontre avec le professeur Muhammad Yunus, en octobre 1998, qui commençait à développer la Grameen Bank. Cette idée s’est par la suite développée à une échelle mondiale. Nous y contribué de notre mieux.

S.V. : Quelles ont été les étapes majeures relative à son développement ? La dernière a t-elle été celle de devenir une Fondation ?

J.A. : PlanetFinance compte aujourd’hui plus de 1700 salariés, avec 8 activités : la notation, le conseil, le financement, les assurances, les dons en lignes, les actions en banlieue et les institutions qui nous appartiennent.

S.V. : PlanetFinance soutient la formation, l’environnement, la santé et l'éducation à travers de nombreux programmes. Quels sont-ils ? Et à combien de pays s'étendent ces domaines ?

J.A. : PlanetFinance travaille dans plus de 80 pays avec plus de 115 programmes. Nos actions ont pour but d’aider les gens à apprendre un métier, à utiliser l'épargne, en leur apprenant à emprunter, à épargner, à mieux gérer leurs entreprises et leurs talents. Nous formons les plus pauvres en leur apprenant comment créer une entreprise rentable.

S.V. : Les partenariats jouent également un rôle clé au sein de PlanetFinance, de par leurs nombres (plus de 228). Ont-ils la même volonté d'implication ou d'une conscience commune ?

J.A. : Leur point commun est le sentiment de responsabilité sociale. Il y a deux sortes de partenariats les partenaires publics, comme ceux que nous avons noué avec l'union européenne et la banque mondiale. Les autres avec les partenaires privés, comme Sanofi, Orange, etc.


Copyright le 13 janvier 2012


 

Professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République de 1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres de 1991 à 1993, Jacques Attali (www.attali.com) est maintenant président de A&A, société internationale de conseils, (www.aeta.net) spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et président de PlaNet Finance (www.planetfinance.org), Organisation de Solidarité Internationale spécialisée dans le développement de la microfinance. PlaNet Finance est la plus importante institution mondiale de soutien a la microfinance. Elle conseille et finance le développement de la microfinance dans plus de 80 pays.

En 1980, il fonde Action Contre la Faim et lance en 1984 le programme européen Eurêka (vaste programme sur les nouvelles technologies qui a donné naissance, entre autres, au MP3). En 1989, il lance un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh. Jacques Attali a ensuite conseillé le Secrétaire Général des Nations Unies sur les risques de prolifération nucléaire. Il est à l’origine de la réforme de l’enseignement supérieure d’harmonisation des diplômes européens, dite LMD.

Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique, (major de la promotion 1963), de l'Ecole des Mines, de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.

Il a enseigné l'économie théorique à l'Ecole Polytechnique, à l'École des Ponts et Chaussées et à l'Université Paris-Dauphine. Il est docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères et membre de l’Académie Universelle des Cultures.

Jacques Attali est également l’éditorialiste de L'Express. Il est l'auteur de cinquante cinq livres, traduits dans plus de trente langues et diffusés à plus de huit millions d'exemplaires à travers le monde, comprenant des essais (sur des sujets allant de l'économie mathématique à la musique), des biographies, romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de théâtre. Il a été désigné comme l’un des 3 plus influents intellectuels de France et l’un des 100 plus influents dans le monde.

En avril 2011, le Woodrow Wilson International Center for Scholars de la Smithsonian Institution des Etats-Unis a remis le Woodrow Wilson Award for Corporate Citizenship (Prix Woodrow Wilson de la Citoyenneté d'Entreprise) à Jacques Attali.

http://admin.planetfinancegroup.org/upload/medias/fr/cp_woodrow_wilson_international_center_6_avril-final.pdf


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Essais :

Analyse économique de la vie politique, PUF, 1973

Modèles politiques, PUF, 1974

L'Anti-économique (avec Marc Guillaume), PUF, 1975

La Parole et l'Outil, PUF, 1976

Bruits, PUF, 1977 et Fayard, 2000

La Nouvelle Économique française, Flammarion, 1978

L'Ordre cannibale, Grasset, 1979

Les Trois Mondes, Fayard, 1981

Histoires du Temps, Fayard, 1982

La Figure de Fraser, Fayard, 1984

Un homme d’influence, Fayard, 1985

Au propre et au figuré, Fayard, 1988

Lignes d'horizon, Fayard, 1990. 1492, Fayard, 1991

1492, Fayard, 1992

Économie de l'Apocalypse, Fayard, 1994

Chemins de sagesse, Fayard, 1996

Fraternités, Fayard, 1999

Les Juifs, le monde et l'argent, Fayard, 2002

L’homme nomade, Fayard, 2003

Raison et Foi, BNF, 2004

La voie Humaine, Fayard, 2004

La confrérie des éveillés, Fayard, 2004

Karl Marx ou l’esprit du monde, Fayard, 2005

C’était François Mitterrand, Fayard, 2005

Une brève histoire de l’avenir, Fayard, 2006

La Crise, et après ?, Fayard, 2008

Le sens des choses, avec Stéphanie Bonvicini et 32 auteurs, Robert Laffont, 2009

Survivre aux crises, Fayard, 2009

Tous ruinés dans 10 ans ?, Fayard, 2010

Demain, qui gouvernera le monde ? Fayard, 2011

Perspectives, L’Express Roularta, 2011

Candidats, répondez ! Fayard, 2012

Dictionnaires :

Dictionnaire du XXI siècle, Fayard, 1998

Dictionnaire amoureux du Judaïsme, Plon/Fayard/2009

Romans :

La Vie éternelle, roman, Fayard, 1989

Le Premier Jour après moi, roman, Fayard, 1990

Il viendra, roman, Fayard, 1994

Au-delà de nulle part, roman, Fayard, 1999

La Femme du menteur, roman, Fayard, 1999

Nouv’Elles, 2002

La Confrérie des Eveillés, Fayard, 2004

Biographies :

Sigmund Warburg, un homme d'influence, Fayard, 1985

Blaise Pascal, ou le génie français, Fayard, 2000

Karl Marx ou l’esprit du Monde, Fayard, 2004

Gandhî ou l’Eveil des Humiliés, Fayard, 2007

Phares, Fayard, 2010

Théâtre :

Les Portes du Ciel, Fayard, 1999

Du Cristal à la fumée, Fayard, 2008

Contes pour enfants :

Manuel, 1'enfant-réve (ill. par Philippe Druillet), Stock, 1995.

Mémoires :

Verbatim I, Fayard, 1993.

Europe(s), Fayard, 1994.

Verbatim II, Fayard, 1995.

Verbatim III, Favard, 1995.

C’était François Mitterand, Fayard, 2005.

Rapports :

Pour un modèle européen d’enseignement supérieur, Stock, 1998.

L’Avenir du travail, Fayard/Institut Manpower, 2007.

300 décisions pour changer la France, rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, XO, 2008.

Paris et la mer. La Seine est capitale, Fayard, 2010

Une ambition pour 10 ans, Editions XO, 2010

Beaux livres :

Mémoire de sabliers, collections, mode d’emploi, éditions de l'Amateur, 1997

Amours, Histoires des relations entre les hommes et les femmes, avec Stéphanie Bonvicini, Fayard, 2007

 

Qu'est-ce que PlaNet Finance ?

PlaNet Finance est une Organisation de Solidarité Internationale soutenant le secteur de la microfinance à travers son soutien aux Institutions de Microfinance, ONG, coopératives, banques ou institutions financières, gouvernements ou banques centrales.

Les actions principales de PlaNet Finance se déroulent autour de 8 axes :

  1. Les services de conseil et d’assistance technique

  2. La notation d’Institutions de Microfinance

  3. Le financement d’Institutions de Microfinance

  4. La création d’institutions de microfinances

  5. L’apport en capital à des microentreprises

  6. La microassurance

  7. Le prêt direct en ligne

  8. Le mobile banking

Le siège de PlaNet Finance est situé à Paris et son réseau est composé de plus de 80 bureaux à travers le monde.


Jacques Attali, Président de la Commission pour la libération de la croissance française :


En février 2010, le Président de la République et le Premier Ministre ont demandé à Jacques Attali de reprendre les travaux de la Commission pour la libération de la croissance française.


Cette Commission, composée de quarante-trois personnalités françaises et étrangères, aux parcours, expériences et opinions divers, avait rendu un premier rapport au Président de la République en janvier 2008. Ce rapport proposait 316 décisions pour renforcer la croissance et permettre à la France de garder sa place dans la compétition mondiale tout en préservant son modèle social et de solidarité.


Dans un contexte de crise économique et financière inédite, Jacques Attali et la Commission ont été à nouveau mobilisés pour faire le bilan du rapport rendu en 2008 et formuler de nouvelles propositions pour réussir dans les dix prochaines années les transformations nécessaires à la France.


Dans le cadre de ce second mandat, la Commission a rendu le 8 juin dernier un pré-rapport établissant le bilan de la mise en œuvre du rapport de 2008, et ouvrant les grands débats qui se posent pour réussir la France de 2020. En concertation avec le Parlement, le Gouvernement, les partenaires sociaux et l'ensemble des acteurs et représentants de la société civile, la Commission a rendu son rapport final, où sont proposées les actions nécessaires pour obtenir en France plus de croissance et d’emploi, tout en restaurant l’équilibre des finances publiques dans une dynamique européenne.

Professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République de 1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres de 1991 à 1993, Jacques Attali (www.attali.com) est maintenant président de A&A, société internationale de conseils, (www.aeta.net) spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et président de PlaNet Finance (www.planetfinance.org), Organisation de Solidarité Internationale spécialisée dans le développement de la microfinance. PlaNet Finance est la plus importante institution mondiale de soutien a la microfinance. Elle conseille et finance le développement de la microfinance dans plus de 80 pays.

En 1980, il fonde Action Contre la Faim et lance en 1984 le programme européen Eurêka (vaste programme sur les nouvelles technologies qui a donné naissance, entre autres, au MP3). En 1989, il lance un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh. Jacques Attali a ensuite conseillé le Secrétaire Général des Nations Unies sur les risques de prolifération nucléaire. Il est à l’origine de la réforme de l’enseignement supérieure d’harmonisation des diplômes européens, dite LMD.

Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique, (major de la promotion 1963), de l'Ecole des Mines, de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.

Il a enseigné l'économie théorique à l'Ecole Polytechnique, à l'École des Ponts et Chaussées et à l'Université Paris-Dauphine. Il est docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères et membre de l’Académie Universelle des Cultures.

Jacques Attali est également l’éditorialiste de L'Express. Il est l'auteur de cinquante cinq livres, traduits dans plus de trente langues et diffusés à plus de huit millions d'exemplaires à travers le monde, comprenant des essais (sur des sujets allant de l'économie mathématique à la musique), des biographies, romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de théâtre. Il a été désigné comme l’un des 3 plus influents intellectuels de France et l’un des 100 plus influents dans le monde.

En avril 2011, le Woodrow Wilson International Center for Scholars de la Smithsonian Institution des Etats-Unis a remis le Woodrow Wilson Award for Corporate Citizenship (Prix Woodrow Wilson de la Citoyenneté d'Entreprise) à Jacques Attali.

http://admin.planetfinancegroup.org/upload/medias/fr/cp_woodrow_wilson_international_center_6_avril-final.pdf

 



 

Article de la Fondation Calouste Gulbenkian par Silvia Valensi

Silvia Valensi :Aujourd’hui, Calouste Gulbenkian représente un mythe dans l’histoire du mécénat.Qui était-il ?

Fondation Calouste Gulbenkian :Calouste Gulbenkian(1869-1955) était un homme d’affaire d’envergure internationale. Né à Istanbul dans une famille arménienne, il fit ses études à Londres, exerça la fonction de représentant commercial de la Perse à Paris, avant de s’installer au Portugal. Mais il fut également un grand collectionneur d’art. La collection qu’il réunit ,tout au long de sa vie, témoigne de sa connaissance de l’histoire de l’art et d’une intuition incomparable.

SV :Quelle est la genèse de la création de la Fondation ?

FCG :Calouste Gulbenkian avait rassemblé avec les meilleurs experts, une collection unique au monde. Il réunit, celle-ci à Paris, au sein d’un hôtel particulier de l’avenue Iena, qu’il acheta à cet effet, dans les années 20. Dès 1927, il en fait sa résidence principale qu’il ne quittera qu’au début de la guerre. En1942, Calouste Gulbenkian s’installe à Lisbonne et une partie de la collection est alors transférée de Londres à Washington (National Gallery).

En 1942,Calouste Gulbenkian s’installe à Lisbonne et songe, alors, à réunir l’ensemble de sa collection. L’idée de musée se transforme sous les traits d’une Fondation qu’il concrétise par un testament qui crée une fondation portugaise à des fins charitables ,artistiques, éducatives et scientifiques .Ce testament institue la Fondation, héritière de toute sa fortune ,non sans avoir laissé à ses enfants des « trust »et ayant établi des pensions à vie pour d’autres membres de sa famille et ses collaborateurs les plus fidèles.

Après son décès, une autorisation du gouvernement français(et par intervention personnelle du Général de Gaulle), fut nécessaire pour permettre le transfert définitif des œuvres de Paris vers Lisbonne. En 1960,toute la collection est ainsi acheminée vers le Portugal.

SV : Que regroupe la collection Calouste Gulbenkian ?

FCG : Le Musée Gulbenkian qui a été inauguré en 1969 ,à Lisbonne regroupe l’ensemble de la collection de ce grand mécène.

Elle comprend plus de 6000 pièces qui vont des antiquités égyptiennes aux arts de l’islam, oriental et occidental.

Du mobilier français des XVIIe et XVIIIe siècles aux peintures flamandes et italiennes, sans compter les toiles naturalistes, impressionnistes avec des Rembrandt, Rubens ,Van Dyck, Manet, Degas, Renoir, Monet …Des bustes de Rodin et de nombreux Lalique (ami du collectionneur).

La bibliothèque d’art a été crée à partir de la bibliothèque personnelle de Calouste Gulbenkian qui comptait une collection de livres d’art.

La bibliothèque est spécialisée dans les arts visuels et s’adresse notamment aux chercheurs ,étudiants universitaires et professionnels de l’art. Son fond comprend 300 000 documents et ouvrages.

SV : La Fondation à Lisbonne a également crée depuis 1983,le Centre d’Art Moderne. Quelle est la vocation de ce lieu ?

FCG : Elle accueille la plus importante d’art portugais du 20ème siècle qui se renouvelle continuellement par un programme d’acquisition actif.

Le CAM se donne pour vocation de promouvoir les talents par ses expositions permanentes et temporaires.

_La collection permanente accueille des œuvres majeurs portugais ,britanniques et arméniennes.

_Les expositions temporaires présentent des créations modernes et contemporaines, d’artistes portugais et internationaux.

SV : La Fondation soutient sous diverses formes, les arts, l’éducation, la santé et la science

Quels sont les programmes et les infrastructures qu’elle met à disposition ?

FCG :La Fondation soutient plusieurs programmes :

- En musique, la Fondation dispose de deux ensembles permanents : l’Orchestre et le Chœur Gulbenkian qui se produisent régulièrement au Portugal et à l’étranger avec des séries de récitals et de concerts. La Fondation attribue des bourses d’études et finance également la création d’œuvres contemporaines de compositeurs de réputation internationale.

- Dans les Beaux-Arts : la Fondation apporte son appui au lancement de projets individuels et institutionnels dans les domaines des arts plastiques et des études d’art, d’archéologie et du patrimoine, de la danse du théâtre et du cinéma. Elle attribue des subventions et organise des congrès et colloques.

Dans les années 60,les projets soutenus par la Fondation ont permis de révéler de nombreux talents et œuvres novatrices.

- Pour la santé et le développement humain :la Fondation se veut agir pour l’humanisation des soins de santé et contre l’exclusion sociale. Elle intervient ainsi, dans les secteurs de l’hospitalier dans la médecine préventive et palliative et dans l’assistance aux personnes âgées. Elle est également active en Afrique et au Timor oriental ,dans sa lutte contre les épidémies et l’amélioration des systèmes de santé.

- Le développement de l’éducation au Portugal :des subventions sont attribuées à des programmes d’éducation qui s’inscrivent dans les domaines de prédilection de la Fondation ,comme son programme d’édition de livres et textes universitaires ou pour des projets de recherche pédagogiques.

- Et les sciences :L’objectif de la Fondation dans le domaine des sciences est de promouvoir la recherche et la diffusion scientifique au Portugal et de favoriser le rapprochement entre la science et la société. Ses activités dans le domaine de la recherche en bio médecine sont concentrées à l’Institut Gulbenkian des Sciences ,près de Lisbonne.

SV : Comment la Fondation est représentée à l’internationale ?

FCG :Il y a ,tout d’abord les délégations de France ,à Paris avec le Centre Calouste Gulbenkian ;En Grande Bretagne ,par le Bureau lui aussi orienté sur des programmes sociales, éducatifs ,artistique ou environnementales.

Les départements internationaux ont pour but de soutenir la culture portugaise à l’étranger ainsi que tous les projets en faveur de la conservation du patrimoine historique portugais dans le monde. Les pays africains lusophones bénéficient également des programmes de coopération.

La Fondation est très présente pour la diaspora portugaise et lui apporte son appui technique et financier ,pour les écoles, églises, centre culturels etc…

SV : Quels sont les futurs projets de la Fondation ?

FCG : La Fondation Calouste Gulbenkian joue un rôle important dans la vie culturelle au Portugal, en même temps ,elle mène des activités à l’étranger et dispose d’un réseau international important. Dans l’avenir ,elle souhaite poursuivre dans ses deux voies.

La Fondation élargit ses quatre objectifs statutaires traditionnels par des programmes visant à répondre aux enjeux de la société contemporaine. Depuis 2003,une série des programmes a été crée.

Parmi eux, le Programme Gulbenkian pour l’Environnement agit en faveur du développement durable. Le Programme Next Future s’intéresse à la recherche et à la création contemporaine en Europe ,Amérique Latine, . D’autres programmes s’engagent ,par exemple, contre l’échec scolaire, pour la formation médicale avancée ou le perfectionnement artistique.

Dans le même objectif ,le Centre culturel Calouste Gulbenkian à Paris devient la délégation de la Fondation pour l’Europe.

Déjà depuis 2009 ,le Centre organise un cycle de conférences européennes. Chaque trimestre, une personnalité politique aborde un sujet d’actualité au cœur des débats européens .

Parmi les invités, le Centre a pu accueillir Jorge Sampaio,ancien président de la République portugaise ;Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne ; Hubert Védrine ,ancien ministre des Affaires étrangères ;Antonio Vitorino ancien membre de la Commission européenne et ancien vice-Premier ministre du gouvernement portugais ;Alain Minc ;Mario Soares ancien président de la République portugaise ;Vitor Constancio vice président de la Banque centrale européenne.

Les enjeux de la société contemporaine constituent un nouveau volet des activités du Centre. En coopération avec les Services de Lisbonne et de la délégation en Grande –Bretagne de la Fondation Calouste Gulbenkian, le Centre participe à une série de conférence et colloques internationaux dédiés à l’innovation sociale, au développement durable et à l’immigration.

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