Max Charvolen au musée d’histoire de Marseille

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Lundi, 04 Octobre 2010 17:04

CharvolenMax Charvolen présente au musée d’histoire de Marseille1 ce qu’en d’autres temps, et dans les milieux du compagnonnage, on aurait appelé un « chef d’œuvre » : une pièce de plus de 300 mètres carrés, réalisée dans l’un des plus importants sites archéologiques de notre culture, le centre religieux et politique de Delphes, directement sur les ruines du Trésor des Marseillais, que la cité grecque qu’était alors Marseille avait édifié au VIème siècle avant JC.

 

Réalisée, c'est-à-dire que le peintre a recouvert toute une partie de l’édifice avec des fragments de toile, en utilisant la couleur pour différencier le statut de ses éléments : parties conservées, parties ruinées, sol actuel, reste des structures de construction… Une fois l’édifice recouvert –moulé pourrait on dire- la toile qu’il a permis de construire est déposée et mise à plat. C’est cette réalisation qui est présentée à Marseille, dans le musée d’histoire, à même le sol. Dans le sous sol du musée subsiste, désormais perdu, enveloppé dans un sarcophage de béton armé, l’ancien port grec de Marseille. Au bout de la salle d’exposition, une large baie donne sur le site de l’antique voie romaine qui arrivait à Massalia.

 

CharvolenAinsi continue à se développer une démarche qui questionne les moyens de la peinture, toile, couleur ; sa fonction, entre présentation et représentation d’une réalité ; sa modalité particulière : représenter en deux dimensions une réalité tri-dimensionnelle. A cela s’ajoutent les effets culturels d’une œuvre présentée dans un musée d’histoire et non dans un musée d’art ; le rapport au patrimoine, au passé, à l’histoire…

Et l’on voit bien que l’artiste adopte par rapport à son sujet et aux moyens de le « représenter » une attitude aussi éloignée que possible de la rêverie que, depuis plus de deux siècles, les ruines inspirent à nos sociétés.

par Raphaël Monticelli

1. Max Charvolen sur le trésor des Marseillais à Delphes, musée d’histoire de Marseille, Centre bourse, jusqu’au 29 mars 2008