Le jardin de Joan Mitchell

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MitchellElaborée en collaboration avec la Kunsthalle d’Emden et le Palazzo Magnani de Reggio Emilia, l’exposition consacrée à Joan Mitchell permet de découvrir une trentaine de toiles monumentales réalisées entre 1950 et 1992.

 

Fonctionnant souvent en diptyque, les œuvres doivent être vues de loin, dans leur ensemble. Ainsi, Edrita Fried (1981) est constituée de quatre panneaux parcourus de grandes traces bleues, violettes et jaunes. Par endroits, on croit reconnaître des feuillages, des tiges. Le mouvement naît de ces gerbes colorées qui investissent tout l’espace. C’est depuis les années cinquante que Joan Mitchell, qui fait partie de l'École de New-York, réalise des toiles où la composition naît de la gestuelle. L’emploi de couleurs vives et variées, comme la répétition de gestes expansifs, caractérise son style expressionniste abstrait. Née à Chicago en 1925, l’artiste n’a pas seulement été influencée par des peintres américains, comme Franz Kline et Willem de Kooning. En 1955, Joan Mitchell s'installe en France pour rejoindre son compagnon le peintre canadien Jean-Paul Riopelle. C’est à Vétheuil, qu’elle passe l’essentiel de sa carrière, à quelques kilomètres de l’atelier de Claude Monet à Giverny. Marquée par les nymphéas du peintre impressionniste, Joan Mitchell peint de grandes toiles, avec pour ambition de retranscrire ses souvenirs de jardins environnants et les paysages de la Seine. Ainsi La Grande Vallée IX (1983) donne à voir la vallée de la Seine dans deux panneaux verticaux. Les larges coups de pinceaux envahissent l’espace.

 

Joan Mitchell

L’œil parcourt les taches d’un bleu presque noir et la vue se brouille lorsqu’on observe les traces vertes ou jaunes qui viennent s’inscrire en épaisseur. Le paysage reconstitué mentalement donne à voir plus que des ombres, des feuillages ou des éclats de lumière. Il révèle une gestuelle expressive et dynamique. Quant aux nombreuses coulures qui éclaboussent les paysages reconstitués mentalement, elles soulignent la part de spontanéité et d’imprévu propre à cette aventure picturale.

par Isabelle Doleviczényi-Le Pape

Joan Mitchell, Peintures
Musée des impressionnismes, Giverny
23 août - 31 octobre 2009
tél. 02 32 51 94 65
www.mdig.fr