UN CRI D’AMOUR EPISTOLAIRE AU CŒUR DES TENEBRES

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Le psaume De profundis est la prière même du pardon. Celui qu’Oscar Wilde adressait à son amant dans une longue lettre introspective, s’y réfère. Le Théâtre du Lucernaire reprend la centaine de pages restée sans réponse pour une deuxième saison, à travers une scénographie sobre et efficace, servie par la voix de son maître, le magistral comédien, Jean-Paul Audrain.

 

 

affiche

Le contexte de la pièce

Oscar Wilde, talentueux écrivain anglais du XIXe siècle et dandy homosexuel patenté, est condamné à deux ans de travaux forcés pour atteinte aux bonnes mœurs par le père de son jeune amant d’Oxford, l’influent Marquis de Queensberry. Durant son emprisonnement, le silence de son ami Boris l’atteint profondément. Il se résout à lui écrire une longue lettre, sous forme de réquisitoire et de confession, qui lui servira d’exutoire.

Seul en scène…

… avec une chaise-escabeau, une cape rouge, une bougie et un parterre de cendres pour accessoires, Jean-Paul Audrain incarne le personnage d’Oscar Wilde. En tenu de forçat, il livre les pensées profondes de cet écrivain à succès qui est devenu le numéro matricule C 33, tombé dans la déchéance pour avoir voulu défier la société puritaine anglaise. L’occasion de faire le bilan de ses années frivoles, de ses relations sociales et affectives, de réfléchir sur la marche du monde, sans complaisance. Le temps passant, un souffle nouveau empreint d’humilité le submerge inspiré du sentiment de résilience qui va lui permettre de traverser cette épreuve carcérale. Si l’on retrouve en certains passages la plume caustique de l’auteur du Portrait de Dorian Gray, le masque tombe pour dévoiler une âme plus poétique qui cherche la rédemption. Le spectacle passe avec finesse des premières pages marquées par la description de sa disgrâce, de son déshonneur, de sa révolte aux suivantes, empreintes de vindicte pour finir avec des envolées spirituelles et fraternelles qui veulent atteindre à l’universalité. A cette étape de sa vie, Wilde abhorrait la superficialité qu’il qualifiait de vice suprême. Il serait rassuré de savoir que son message est ici subtilement invoqué avec une virtuosité sans cabotinage par le comédien Jean-Paul Audrain.


Aurèle M.


DE PROFUNDIS

Auteur : Oscar Wilde

Mise en scène/Adaptation : Grégoire Couette-Jourdain

Avec : Jean-Paul Audrain

Théâtre Le Lucernaire

53 rue Notre-Dame des champs, 75006 Paris.

Standard : 01 42 22 26 50

Pour plus d’informations : http://www.lucernaire.fr/beta1/index.php