Marseille, Longchamp et l’eau.

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Tendresse et célébration d’un patrimoine. Le photographe Michel EISENLOHR poursuit son regard émouvant et intemporel sur Marseille

 

 

© Michel Eisenlohr

« Michel Eisenlohr est un photographe romantique au sens entier de l’idée de romance. Ses photos émouvantes portent un regard courageux, tendre et attentif au patrimoine merveilleux du Palais Longchamp. Courageux, car il aborde frontalement son rôle de photographe. ». C’est en ces termes que l’architecte Rudy Ricciotti, qui affirme être réactionnaire contre la dictature de la modernité et l’esthétiquement correct, parle du jeune photographe dont il est devenu un fervent aficionado. « Eloigné des facilités convenues consistant depuis trop longtemps à célébrer le banal et l’ordinaire comme semblant de conscience sociale, le photographe révèle, traduit la beauté du lieu par sublimation du réel » poursuit l’architecte du MUCEM. « Michel Eisenlohr est un tendre car il prend le temps de célébrer un patrimoine marseillais finalement peu connu. Son travail est une visite, un voyage narratif exclusif. Rien n’est oublié, toute la beauté du Palais Longchamp est reportée et son témoignage est entier. J’avais oublié tous les trésors cachés de ce site prestigieux ».

 

© Michel Eisenlohr

« L’artiste photographe est attentif car au-delà de l'inventaire, de sa patience à scénographier sculptures, corps, escaliers, entablements, corniches, plafonds, il révèle scrupuleusement l’incroyable texture des matières, des pierres, des briques de voûte, des enduits, des garde-corps en pierre ou acier, avec une précision émouvante. Le temps est présent, la solitude du visiteur marseillais l’est également. Cette solitude d’une dame vêtue de noir devant une grille noire observant le Palais sous la neige fait songer aux peintures romantiques allemandes de la National Gallery de Berlin. Les ferronneries étoilées se découpant sur fond de grand paysage enneigé des fontaines relève de la même narration. Les photographies des ouvrages abîmés, à l’abandon, renvoient à l’efficacité culpabilisante du reportage politique. Michel Eisenlohr est un grand photographe de combat. Il n’est pas de son temps. C’est un soldat de Rome perdu en Gaule à l’époque de la globalisation du marketing et de la pornographie consumériste. D’une certaine manière, son œuvre est un rappel à l’ordre. Celui, entre autres, des fondamentaux oubliés où l’artiste oblige à la beauté. En revoyant ses photos, j’ai pensé à Curzio Malaparte comme à Pier Paolo Pasolini, quand les récits accrochent le cœur. »

© Michel Eisenlohr

Le 6e Forum mondial de l’Eau qui s’est tenu à Marseille 12 au 17 mars 2012, a mis à l’honneur l’exposition photographique Marseille, Longchamp et l’eau. Le Palais Longchamp, architecture emblématique à Marseille, a été conçu pour glorifier l’arrivée de l’eau courante dans la ville au XIXe siècle alors que le manque d’eau provoquait insalubrité et épidémies. Un travail photographique en noir et blanc qui offre une nouvelle dimension à cet imposant ensemble architectural qui mêle un château d’eau à un Musée des Beaux Arts, un Museum d’Histoire Naturelle, un jardin public et un observatoire. L’exposition donne à relire ce signal urbain majeur de la ville qu’est le Palais Longchamp.

 

Interview de Michel Eisenlohr par Geneviève Chapdeville Philbert.

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Marseille, Longchamp et l’eau

Photographies Michel EISENLOHR.

Exposition du 8 mars au 6 mai 2012

Museum d’Histoire naturelle

Palais Longchamp, Marseille

Une exposition réalisée dans le cadre du 6e Forum Mondial de l’Eau.