AUTONOMIE DES OMBRES

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Henri Olivier expose à la galerie des Ponchettes jusqu’au 4 juillet 2012. Son travail pourra surprendre, voire décontenancer le spectateur peu habitué à l’art contemporain.

 

Ses découpages, sa carte du ciel vue sous les deux hémisphères, des jeux d’ombres qui s’émancipent de leur source. Les ombres deviendraient ainsi indépendantes des formes qui pourtant les créent. C’est tout un jeu subtil que l’artiste nous offre.

 

affiche

L’art déconcerte souvent le spectateur par sa simplicité. Il suffit d’un carton découpé, d’un bout de bois torturé par le temps pour faire l’œuvre aboutie et achevée de l’artiste. C’est simple, infantile, diront certains et pourtant, il y a toute une démarche, un calcul, rien n’est laissé au hasard et cette ombre se profile et s’impose à votre regard, votre appréciation et votre analyse. Un découpage déstructuré, l’ombre qui se meut avec la lumière ou la lumière qui se meut avec l’ombre ? Tout est remis en question et la hiérarchie n’est plus celle que l’on croit. L’ombre, la noirceur, la contre lumière, tout ici découle de l’ombre et non de son sujet. C’est un peu la révolte des ombres qui en auraient assez de se faire piétiner par leur sujet. Elles aussi auraient droit à leur émancipation, à leur affirmation. Contemplez les deux cartes du ciel, la croix du sud, le grand et le petit chariot, ils semblent fixes, immuables et pourtant ils sont animés, reflet du ciel sur un lac ou la mer, pour peu que l’eau soit perturbée par une main, ils ondulent et dansent. Tout est illusion et notre ombre ne représente plus exactement nous même, c’est un jeu, non de miroir, mais de ce qui semble être et qui pourtant n’est point. L’ombre s’est libérée de sa source, elle est libre et autonome et Henri Olivier réussit à concrétiser cette libération. Une exposition volontairement provocante, répondant aux canons de l’essence de l’art et de la création.

T Jan.