L’enlèvement au sérail de W.A Mozart retrouve Nice !

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Débarrassé de toute turquerie et affèteries superflues, le spectacle réalisé par Ron Daniels dans des décors judicieux et efficaces de Riccardo Hernandez et de beaux costumes de Deirdre, fort bien mis en lumières par Mimi Jordan Sherin, apparaît comme une réussite totale.

 

 

opéra

Pour dépeindre ces marivaudages de l’amour et du hasard, le metteur en scène fait preuve d’une direction d’acteurs concise, enlevée, voire brillante. Les personnages finement croqués, font preuve d'une certaine ambiguïté, tellement voulue par Mozart. Ici, les mains se frôlent, les âmes se troublent. Les chanteurs, excellents comédiens, affichent de belles qualités vocales et musicales et offrent une belle homogénéité au plateau qui tend vers la perfection. Saluons l’immense Osmin de la basse du géant islandais Kristinn Sigmundsson, jouant beaucoup de sa bonhomie physique et naturelle pour incarner un personnage truculent, fort éloigné du clown habituel voulu par la coutume. Kristin Sigmundsson apporte à Osmin le poids de sa basse sonore et mordante dotée d’un extrême grave d’une rare facilité. On tient là un des meilleurs Osmin de sa génération. Vocalisant avec aisance la soprano finlandaise Anna Kristina Kaapola est une belle Constance possédant un art du chant contrôlé au service de l’expression, tellement nécessaire pour rendre justice aux grands arias mozartiens tels que Ach, ich liebte et Traurigkeit, avant de nous émouvoir dans un Matern alle Arten plein d’éclat. Le Belmonte au timbre clair du jeune ténor Russe Maxim Mironov est convaincant.

 

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Son timbre a mûri et son chant, bien maîtrisé, laisse apparaître quelques accents héroïques bienvenus. Il aborde désormais l’effusion amoureuse avec une réelle maturité. Joanna Mingiardo (Blondine) révèle une soubrette piquante et sûre de ses pointes tandis que Peter Hoare est confondant en Pédrillo. Il est bien le vaillant serviteur bourré d’énergie. Enfin Wolfgang Rauch chausse avec un vrai charisme les mocassins argentés du Pacha Sélim amoureux de l’amour. Sous la baguette ardente de Léopold Hager l’orchestre philharmonique apparaît sous son meilleur apparat, révélant les moindres traits de la partition. Tour à tour impétueux, ténu, insouciant, l’orchestre nous donne une véritable leçon de style et de variétés de climats. Les cordes acérées, les timbales pétaradantes, les bois délurés redonnent à la musique de Mozart sa profonde quintessence. À l’écoute, on y ressent une vibration impérieuse. Au diapason, les chœurs sont d’une ferveur flamboyante.

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Cet enlèvement épousera les mémoires, à l’image de l’accueil enthousiaste du public niçois !


Prochain opéra à Nice : Il Trovatore du 16 au 23 février 2012

www.opera-nice.org


Serge Alexandre