HEY ! MODERN ART ET POP CULTURE

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Le musée de la Halle Saint-Pierre et la revue HEY ! se sont associés pour présenter l’exposition HEY ! modern art & pop culture où sont montrées les œuvres de soixante-quatre artistes qui se côtoient dans un assemblage détonnant de pop culture et d’art brut ou singulier. Un parcours diversifié, bien rythmé, copieux en découverte de jeunes talents méconnus en France !

 

Lancée au printemps 2010, la luxueuse revue HEY ! a déjà révélé, après quelques numéros, de nombreux dessinateurs et peintres, outsiders de l’art brut, activistes du street art, créateurs de bandes dessinées furieusement décalées, pratiquants de « l’alternatif » sous toutes ses formes. Aujourd’hui, HEY ! est aussi une des expositions les plus insolentes et insolites du moment avec des œuvres d’artistes aux audaces percutantes : de Robert Crumb à Robert Combas en passant par Clovis Trouille et Hervé Di Rosa, ainsi qu’une foule d’inconnus à découvrir qui exposent toutes les formes alternatives et populaires de l’art moderne et contemporain.

Dans une pénombre calculée comme celle d’un cabinet de curiosité, le lieu rend parfaitement visible l’art singulier et l’art brut, domaines totalement explorés par Anne et Julien (leurs deux prénoms accolés suffisent pour tout initié) qui cultivent, depuis vingt ans, les marges de la contre-culture. « Les marges sont des zones bouillonnantes, là où tout se rêve », disent-ils. Grâce à divers métiers au sein de la scène alternative, leur ouverture leur a permis de jouer les traits d’union entre le grand public et des artistes souvent rétifs à la médiatisation. Résistant tous à la culture de masse, ils osent s’aventurer là où d’autres ne vont pas. Leurs expressions artistiques, imbibées de surréalisme et de psychédélisme, bousculent les conventions et les valeurs concernant le beau et le laid, le bon et le mauvais goût ! Leur art brut a enfin pénétré le monde culturel avec liberté et innovation.

D’abord regardés avec indifférence ou surprise, on reconnaît maintenant à ces artistes une singularité salvatrice qui pallie à un besoin de renouveau. Artistiquement incorrects, ils charrient du sexe, du morbide, du beau, du tendre, de l’agressif, de l’inquiétant, du clinquant, du poétique grinçant. Eros et Thanatos se donnent la main parmi leurs œuvres souvent kitsch et parfois trash. Avec nombre de squelettes et de crânes, l’ensemble exprime une fascination pour le morbide dans un univers aussi ambitieux que risqué qui s’aventure à la croisée de l’art brut, de la figuration libre, de la BD, des cartoons ou encore du tatouage.

Citons l’impeccable boucherie miniature de Ronan-Jim Sevellec, le couple royal de Philippe Dereux créé avec des épluchures collées de fruits et de légumes, les gâteaux-dragons aux dents menaçantes de Scott Hove, les robots en bois et ferraille de Hervé Di Rosa, les tatouages de Titine K-Leu, la Barbitch de Carmen Gomez version subversive de la célèbre poupée, les peintures de Lin Shih-Yung dignes de l’univers de David Lynch, celles de Sauerkids dont le surréalisme évoque Victor Brauner, ... Bizarre, bizarre ! Une surprenante exposition qui éveille la curiosité !

Caroline Boudet-Lefort