LES MASQUES DE JADE MAYAS, un passeport pour l’éternité.

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Après L’Or des Incas : origines et mystères, la Pinacothèque de Paris poursuit son exploration des cultures précolombiennes et mésoamé-ricaines avec la présentation de masques mayas en mosaïque de jade. Véritables clés d’entrée pour comprendre l’art et les coutumes mayas, ils représentent une découverte archéologique majeure mexicaine. Ces masques minutieusement restaurés et d’une impressionnante beauté, figurent les visages de divinités. Créés pour les hauts dignitaires des cités mayas, ils étaient sensés leur assurer la vie éternelle…

Le contexte géopolitique :

L’installation des Mayas en Amérique centrale se situe aux alentours de 2.000 ans avant J.-C. Cette civilisation brillante, qui atteint son apogée à la période dite classique, entre 250 et 900 de notre ère, s’illustre dans tous les domaines : l’astronomie, les mathématiques et un système complexe d’écriture, composé de glyphes, récemment déchiffrés. L’organisation de la société se fonde sur des cités-États indépendantes qui se développent au gré d'alliances et de conflits successifs. Si l’on connaît les Mayas pour la magnificence de leurs sites (Chichén Itzá, Tikal,…), d’autres formes artistiques se sont épanouies, notamment la sculpture, plus méconnue, que la Pinacothèque a souhaité mettre en exergue.

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Les masques de jade : technique et applications

Le vert, couleur de prédilection des Mayas, associé au jade, le plus précieux et sacré des matériaux formaient un assemblage idéal pour représenter les divinités du panthéon maya – et principalement le dieu du maïs, K’awiil – grâce auxquelles leurs souverains atteignaient à l’immortalité et aux qualités surnaturelles en les portant lors de cérémonies rituelles. Les masques ainsi réalisés à partir de tesselles de pierre verte dans un naturalisme saisissant combinaient les traits humains, animaliers et végétaux. La technique de mosaïque, basée sur l’utilisation de jade, de coquillages, d’escargots marins, d’obsidienne, d’hématite, d’amazonite et de turquoise, permet aux artisans de créer des formes variées. On en trouve un exemple saisissant avec le masque cérémoniel du Temple du Hibou, Dzibanché (Pièce 76).

Une autre application était celle des masques funéraires retrouvés dans les sépultures des élites mayas, tel celui de la Tombe I, structure VII, Calakmul, Campeche (Pièce 27). Ils devaient personnifier leurs sujets pour l’éternité. Sept tombes ont pu être reconstituées dans leur contexte, avec le fardo (qui désigne le corps du défunt emmailloté) et le reste du trousseau funéraire qui renferme bijoux, céramiques et autres offrandes. Soulignons ici le travail remarquable des fac-similés qui permettent une reconstitution de masques impossibles à transporter hors des frontières. Le masque de Pakal du sarcophage du temple des inscriptions (pièce 141) en est un très bel exemple.

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La portée symbolique :

On retrouve dans l’art pictural et monumental maya cette même symbolique : les personnages masqués sont les avatars des dieux tandis que le jade est aussi fondamental que le ciel ou l’océan, sources de vie et de dualité céleste et aquatique. Lui en découle pléthore de qualités : la pérennité, l’humidité, la fertilité, le renouvellement, la renaissance, le souffle et l’essence vitale.

La déformation céphalique, une pratique courante en chair et en os…

Pour invoquer et personnifier le dieu du maïs, on procédait à une pratique courante, la déformation céphalique afin de donner au crâne une forme oblongue rappelant celle d’un épi de maïs ! Cette plagiocéphalie, appliquée par les élites aux nourrissons, avait pour effet de déformer non seulement le crâne mais aussi de provoquer une asymétrie du visage, doublée d’un strabisme convergent et divergent (Figurine masculine assise témoignant d’une déformation céphalique, Groupe B, Palenque, Chiapas – Pièce 105). Si la restauration des masques a permis de mettre à jour la dextérité du travail des artisans sculpteurs, elle a également pu lever le voile sur les caractéristiques anthropomorphiques d’une culture millénaire qui n’a pas fini de livrer les secrets de sa cosmogonie sophistiquée.

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Aurèle M.


PINACOTHÈQUE DE PARIS

Les Masques de jade mayas

du 26 janvier au 10 juin 2012

28, place de la Madeleine 75008 Paris

Pour plus d’informations : http://www.pinacotheque.com/fr/accueil.html