Alechinsky à Bruxelles, la spirale imagée

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Pierre Alechinsky pratique la peinture au long cours. A Bruxelles, le musée des Beaux-Arrts fête ses 80 ans et le serpent en fête danse tout au long des cimaises. Alechinsky côtoie au début des artistes du groupe de la Jeune Peinture Belge, constitué à la fin de la guerre : Jan Cox, Gaston Bertrand, Marc Mendelson, Louis Van Lint. Un critique d’art de l’époque, Stéphane Rey, n’apprécie pas cet esprit libre et c’est tant mieux pour tout le monde.

 

 

En 1948, Alechinsky pactise avec Cobra. Il rejoint la pensée de Dotremont qui dit : « Il y a plus de choses dans la terre du tableau que dans le ciel de la théorie esthétique ». Alechinsky prospère et croît loin, très loin du réalisme. Et il compose des prédelles savoureuses qui domestiquent les marges du noir et blanc et des couleurs en fusion. Il n’oublie pas les cascades foisonnantes et apprivoise toutes les nuances du voyage. Même les plaques d’égout l’inspirent et se transforment en germinations graphiques. Les cercles concentriques se multiplient et activent la turbulence des bruns, des beiges, des noirs et des blancs. La vieille Chine gesticule tandis que les étagements prolifèrent et fleurissent sur une butte et l’on songe à la petite colline du Lion de Waterloo. Nous contemplons une fantastique éclosion de signes qui célèbrent le serpent solaire. Cobra est vivant, il enlace la mer du Nord et les tropiques du Sud. Il dérive et esquisse une sarabande magique. Et le paquebot Ostende-Douvres se conjugue aux palpitations étagées de la mer nourries de couleurs douces. Nous assistons à une réelle fête du regard.

 


L’exposition de Bruxelles s’affirme comme une récompense pour services rendues à la peinture. En aucun cas elle n’est bassement répétitive. Elle offre vraiment le meilleur d’elle-même et s’achève par un tourbillon de cercles rouges où naviguent la tempête du ciel écartelé et les zébrures noires de la mer. Alechinsky, toujours aussi inventif, a 80 ans. Ce qui se résume à quatre printemps de fière allure et nous crions un « bravo l’artiste » vibrant et rayonnant.

par Jo Dustin

Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique
Rue de la Régence 3
1000 Bruxelles
02/ 508 32 11
www.fine-arts-museum.be