LOUIS LABOISETTE’ LE PEINTRE AU PEIGNE’

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Né à Toulon le 22 septembre 1921, Louis Laboisette fait des études scientifiques à Paris et devient ingénieur météorologiste. Son métier le ramène sur les rivages de la Méditerranée, en tant que prévisionniste dans cet aéroport de Nice qui n’était alors qu’un vaste champ avec deux bâtiments. Il s’installe avec sa famille à Antibes en 1948.

 

Si ce scientifique devint artiste peintre, c’est grâce à Berthe Pourrière, responsable des relations publiques de l'aéroport. Artiste elle-même, elle organise une exposition dans le hall en 1956. Une association est créée (Association Artistique Aviation) les 3 A. Louis Laboisette se prend au jeu et réalise des petits tableaux, essentiellement des paysages, dont cinq seront présentés le 21 juillet 1956 : de la Côte d’Azur à Martigues, d’Entrevaux au monastère de Cimiez, en terminant par une œuvre très personnelle, presque un autoportrait : Le Météorologiste ou Vague de Froid. Succès immédiat ! Louis Laboisette va désormais entièrement consacrer ses loisirs à cette passion. En 1958, il organise sa première exposition personnelle à Antibes. Louis est le peintre au peigne et à la lame d’acier. Il a son style, son caractère et sa principale qualité est celle de tous les autodidactes : être libéré des entraves de l’académisme, n'ayant rien appris, mais tout découvert. Il nous présente ses œuvres sans compromis, ne veut pas se lier et refusera aux galeristes, dont Matarasso à Nice de le ‘vendre’ désirant conserver sa liberté.

Louis Laboisette

Tout artiste a son atelier et Louis choisira le petit village d’Entrevaux où, en 1960 il y installe sa galerie permanente.

On peut distinguer dans l'œuvre de Louis Laboisette, trois périodes principales :

Celle du peigne où il va se révéler avec des œuvres qui mêlent l’impressionnisme et le romantisme, tableaux fait de paysages qui vous attire et vous incitent à rêver. C’est calme, apaisant, on se sent bien.

Puis une période où il se questionne. Ayant abandonné cinq ans plus tard la technique du peigne, Louis est alors à une période de recherche, de tâtonnement. En quête d’un renouvellement, il expérimente des voies et des techniques diverses.

On voit ainsi l’évolution de sa peinture entre le calme du peigne et un début de révolte où le ciel orageux trace des ombres sombres sur une route sans voiture, une affirmation de l’inutilité des deux panneaux routiers, époque qui s’achève avec une toile éclatant de couleurs ; Van Gogh n’est pas très loin ! Déjà l’artiste, bien qu’il le nie, est influencé par les maîtres, mais c’est une période intermédiaire, une recherche, une quête, celle d’un ‘Karma’ d’un soi même. Bien qu'il refusait de subir les influences des divers écoles, c’est pourtant Kandinsky qui va provoquer le déclic salvateur et libérateur. Il s’oriente vers l’abstraction et réalise des formes géométriques qui, alliées à la couleur, vont donner une signification. Le Mythe de la Caverne de Platon y est ainsi expliqué. L’artiste devient une clé pour comprendre ce texte de la littérature antique.

La dernière période est l’affirmation de son art, de son style et de sa personnalité. L’abstrait sera son cachet et Louis Laboisette va s’imprégner de spiritualité, de druidisme et, à travers ses tableaux, tenter de répondre à cette double question éternelle : D’où venons nous et où allons nous ? Il n’aura pas le temps d’y répondre, disparaissant le 21 décembre 1974. L’artiste nous laisse une œuvre importante, près de 1300 tableaux et dessins. Nous lui laissons la conclusion avec cette phrase où il résume parfaitement l’art :

« … Je considère l’art comme fondamental dans la vie. C’est une sorte de point lumineux. Pour y parvenir, il ne suffit pas d‘être artiste, mais d’être poète…» Louis Laboisette.


T Jan.