Une Colombe dans les coulisses

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Au milieu du XIXe siècle, Julien part faire son service militaire et confie sa jeune épouse à sa mère, Mme Alexandra, actrice réputée dans un théâtre parisien. La damoiselle se trouve plongée dans la vie d'un théâtre, ses jeux, ses intrigues, ses cabotinages et compromis. L'innocente et perfide enfant, qui suscite les convoitises masculines, s’instruit des conseils de sa maîtresse-courtisane-actrice de belle-mère et succombe aux facilités de la vie de coulisses de théâtre dans lesquelles se déroule l'action.

 

 

Colombe

Michel Fagadau, directeur de la Comédie, a signé la mise en scène de la pièce de Jean Anouilh créée en 1951 au Théâtre de l'Atelier. Création 2010 du Théâtre des Champs-Elysées, elle réunit sur la même affiche Anny Duperey, sa fille, Sara Giraudeau (qui succède à Danielle Delorme dans le rôle de la petite fleuriste Colombe).

« Ça fonctionne absolument comme avec les autres comédiens » indiquait Anny Duperey à nos confrères de La Provence. « Ça nous a surprises d'ailleurs, l'une comme l'autre. On a la chance d'être tombées au sein d'une troupe qui sait créer un univers très tendre, familial. Il y a un très bel équilibre des caractères et Sara et moi nous nous sommes fondues dans cette troupe-là de façon très naturelle. Je trouve que c'est finalement très amusant d'avoir une fille qui est aussi une camarade de travail ! Pour une jeune comédienne, c'est une chance d'être la fille de comédiens car au départ, ça braque les projecteurs sur soi. Mais c'est aussi très difficile à porter »confiait la célèbre comédienne indiquant également que, si le personnage de Mme Alexandra avait été inspiré de Sarah Bernardt, elle avait fortement pensé pour son interprétation au charisme de Elvire Popesco auprès de qui elle a fait ses débuts.

Colombe

Colombe, interprétée par Sara Giraudeau, s'amuse d'explorer le théâtre dans le théâtre, comme reflet parfois cruel de la vie. Quelques questions à la jeune comédienne.

Geneviève Chapdeville Philbert : Il y a beaucoup de complicité entre vous et votre mère. Jouer ensemble c’est quelque chose dont vous aviez envie ?

Sara Giraudeau : Non, on ne le cherchait absolument pas toutes les deux mais, avec un bon projet, pourquoi pas ?, Même si moi j’avais un peu peur en fait et essayais de me détacher. Pour moi, c’était un rêve de jouer Colombe.

G.C.P. : Pourquoi un petit peu peur ? Peur des commentaires sur la fille de… ?

SG : Mes deux parents sont comédiens. J’avais envie de me détacher et de faire mon chemin. Mais, en même temps ce chemin a commencé à bien s’entamer avec beaucoup de chance. Donc, là c’est juste un plaisir de jouer avec ma mère.

Colombe

G.C.P. Ce personnage de Colombe est assez complexe. Il évolue au cours de la pièce. D’abord une jeune fille un peu ingénue, puis elle s’affirme et prend son indépendance.

SG : Oui, mais on espère qu’elle ne deviendra pas comme Mme Alexandra... Colombe, c’est surtout une quête d’identité pendant toute la pièce. Une jeune fille au début extrêmement naïve, pure, qui ne se connaît pas. Complètement prise au piège dans un amour qui l’emprisonne. Mais, au fur et à mesure, au contact du théâtre, de Mme Alexandra, de la liberté des rapports humains dans ce théâtre, elle va se découvrir elle-même et prendre sa propre liberté. Anouilh a une fluidité et une lucidité dans ce qu’il écrit et en même temps, il y a quelque chose de très cruel dans l'humour, la poésie. La pièce est une contradiction permanente entre le cruel et le léger. On y rit beaucoup, parfois de choses très cruelles. C’est un mélange intéressant. C’est plus que la vie. Le théâtre dans le théâtre !

G.C.P. : Et le cinéma ?

SG : J’y ai fait mes tous débuts à 11 ans. Je ne fais aucune priorité, mais le cinéma c’est un autre art. Une autre façon de jouer. Extrêmement beau. Mais, je souhaite garder le théâtre toute ma vie.


Geneviève Chapdeville Philbert

Colombe

Colombe de Jean Anouilh Théâtre Toursky Marseille – 22 et 23 octobre 2011