Jazz à La Londe : La nouvelle génération du jazz enfin au bord de la Méditerranée !

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En 2009, trois musiciens, Christophe Dal Sasso, Lionel Martino et Emmanuel Faure, décident de créer ce festival afin de mettre en lumière la jeune création du jazz hexagonal, finalement assez peu représentée dans le Sud Est. La Londe, petite station balnéaire proche de Hyères, accueille ainsi durant trois soirs, des concerts entièrement gratuits, sur l'une de ses plages, l'Argentière, cadre idyllique qui n'a rien à envier à Juan Les Pins !.

 

Cette troisième édition 2011 répondait à la même qualité que les précédentes et proposait cinq formations ainsi que des master classes.

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Le saxophoniste canadien François Théberge et le contrebassiste Sylvain Romano animèrent l'apéro-jazz d'ouverture, dans une prestation complètement acoustique : la sobriété laissait fleurir des sonorités chaleureuses et une fluidité dans les échanges toujours à propos. Alliant cordes et souffles à merveille, ce duo revisita avec une modernité pertinente certains standards et mit à jour de réels moments de grâce qui s'accordèrent parfaitement avec la beauté de cette fin d'après-midi maritime.

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The Volunteered Slaves investirent ensuite la grande scène : un quintet détonnant porté par Emmanuel Duprey (Fender Rhodes), Hervé Samb (guitare), Julien Charlet (batterie), Olivier Témime (saxophone) et Arnold Moueza (percussions). Ce groupe dont le nom fait référence à un thème écrit par Roland Kirk (multi instrumentiste de génie du jazz des années 70), mêlait adroitement extravagances jazz, énergie funk et rythmes afro. Tout en proposant leurs compositions, ils n'hésitèrent pas à puiser parallèlement dans le répertoire de Steve Grossman, Joe Henderson ou même Marvin Gaye, ce qui ne fût pas sans surprises ! Il en résulta une musique qui propulsait l'auditeur dans des sphères euphorisantes à souhait et une énergie expressive peu commune.

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Un autre moment captivant nous attendait le lendemain avec un trio constitué du jeune pianiste nantais Baptiste Trotignon, de l'excellent batteur belge Dre Paellmaerts et du contrebassiste néozélandais Matt Penmann. Ces trois virtuoses façonnèrent un univers où l'émotion demeurait le fil conducteur. Ils interprétèrent quelques compositions originales du leader (Baptiste Trotignon) présentes sur ses deux derniers opus, mais aussi des standards qu'ils firent revivre de manière créative comme Passport de Charlie Parker ou I love You Porggy de Gershwin. Leur jeu tout en force et subtilité réussit à tenir le public en haleine pendant un peu plus d'une heure trente...

Le troisième jour, le trio du guitariste toulonais Jean-Philippe Sempéré accompagna une dégustation très agréable de vins rosés AOC de La Londe (appellation toute récente !) qui permit à 25 vignobles de présenter leurs produits. Puis le soir, nous découvrîmes avec bonheur le Big Band du flutiste Christophe D'Al Sasso ; on y retrouva des musiciens très présents sur la scène hexagonale comme le pianiste Pierre De Bethman, les saxophonistes David El Malek et Sophie Alour ou bien encore le batteur Franck Aghulon. Cet ensemble de 12 musiciens présenta un répertoire original entièrement écrit et arrangé par Christophe Dal Sasso. Ces compositions ciselées avec finesse donnèrent l'occasion à chacun des éléments du big band de présenter un chorus, mettant ainsi à jour une pluralité d'univers. Nous avons apprécié la sincérité et la générosité de cette musique, autant que son inventivité. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'assister à ce concert, il est possible de retrouver cette formation sur le disque Prétextes fraichement paru sur le label Bflat...

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Ce fut donc une belle manifestation qui, on l'espère, prendra de plus en plus d'ampleur car elle a le mérite de proposer originalité et dynamisme et de se démarquer des grosses machineries festivalières de la côte d'azur qui proposent une programmation bien uniforme et conventionnelle...


Géraldine Martin