40 PRINTEMPS POUR LE FESTIVAL D’AUTOMNE

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Le festival d’automne de Paris fête sa quarantième année d’existence. Serait-ce l'age de la maturité ? Il a acquis une expérience certaine, s'appuyant sur la programmation de valeurs sûres, tout en restant à l’affut de la nouveauté.

 

Michel Guy, son fondateur, voulait un festival pluridisciplinaire, mêlant danse, théâtre, musique, cinéma et qu'il soit international. Ce festival n’a de cesse de défricher, d’explorer, d’oser, parfois même de choquer son public avec, le plus souvent, des intuitions qui se révèlent payantes. Robert Wilson, Merce Cunningham, Yannis Xenakis ne furent-ils pas de la première édition en 1972 ? D’année en année, il creuse son sillon, se développe, s’agrandit et voyage de découvertes en découvertes. La programmation 2011 d’Emmanuel Demarcy Mota, actuel directeur, perpétue cette politique tout en revisitant l’héritage du passé.

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La danse balayera quarante ans de créations. La Merce Cunningham Dance Compagny, privée de son regretté et immense chorégraphe, disparu, il y a juste 3 ans, reprend des pièces phares comme Suite for five ou Quartet. Mathilde Monnier, William Forsythe ou Meg Stuart font de même. Boris Charmatz est présent avec son impressionnant spectacle Enfant, créé en juillet à Avignon. Comptons aussi sur l’étonnant et inclassable Steven Cohen, plaçant son art entre danse et performance. Enfin, il ne faut absolument pas manquer deux représentants de la nouvelle génération montante, Cécilia Bengolea et François Chaignaud avec Castor et Pollux et Sylphides. Citons encore La Ribot et Jérôme Bel.

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Côté théâtre, des textes classiques, comme Tchekov ou Ibsen seront mis à l’honneur. Ils cohabiteront avec des créations contemporaines dont, entre autre, celles de la jeune compagnie mexicaine Lagartijas Tiradas Al Sol ou avec la première production du Groenland de Christoph Marthaler, intitulée « sO ». Robert Wilson, présent aux origines du festival, revient en compagnie de Lou Reed et du Berliner Ensemble pour une mise en scène de Lulu. Claude Régy, habitué des lieux, répondra présent. Pour le cinéma, ne pas rater le trop rare et si singulier réalisateur hongrois Bela Tarr pour une rétrospective intégrale de ses films ; mais aussi, l’opéra filmé de Chen Shi-Zheng et Derek Bailey Le Pavillon aux pivoines et enfin Jahnu Barua et Adoor Gopalakrishna avec North East by South West.

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Quant à la musique, trois points forts : D'abord, la Merce Cunningham Dance Compagny ne pouvait se produire sans compositions de John Cage, avec, parmi elles, son œuvre ultime, en première audition en France Seventy-Four for Orchestra ; ensuite, l’accent est mis sur le Mexique, avec, en particulier, une création commandée par le festival Altazor, composé par Hilda Paredes ; enfin, la compositrice Olga Neuwirt, suivie par le festival depuis 1994, présente quatre œuvres inédites en France.

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Pour finir, les arts plastiques, avec des artistes majoritairement indiens. D’abord avec Hema Upadhyay, dont la thématique principale, liée à l’urbanisation, aux flux migratoires et surtout à la ville de Bombay, présente un nouveau travail Moderniznation qui interroge les grandes mutations de l’inde contemporaine. Puis Raqs Media Collective, basés à New Delhi avec Reading Light dont le travail touche aux médias. Šejla Kamerić & Anri Sala, présentent leur film 1395 Days without Red prenant pour thématique les 1395 jours de siège de Sarajevo.

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Pour sa quarantième édition, le festival d’Automne tient donc ses promesses, fidèle à l’idée initiée par Michel Guy. Faites votre choix et laissez-vous griser par le plaisir de la découverte.


Valéry Poulet


Festival d’Automne

Du 15 septembre au 31 décembre

http://www.festival-automne.com