XXI ème Festival de La Roque d’Anthéron , Étang des Aulnes - Théodore Dubois et Maurice Ravel à la fête le 29 juillet à 20h !

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La découverte d’un compositeur français oublié : Théodore Dubois (1837-1924)

Écouter et découvrir une œuvre oubliée du répertoire est toujours un moment d’exception, particulièrement dans le bel écrin de l’étang des Aulnes.

 

Véritable Mecque des pianistes, le festival, avec le concours du Palazetto Bru Zane, centre de musique romantique française, proposait dans une première partie d’entendre deux œuvres concertantes de Dubois, dont on ne connaît plus qu’un incontournable traité d’harmonie.

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Pour la dernière année de René Koering à sa tête, Le Festival Radio France de Montpellier vient aussi de réhabiliter un oratorio, Le paradis perdu qui a fait sensation.

À l’Étang des Aulnes, la Fantaisie-Stück pour violoncelle et orchestre trouve en Marc Coppey, l’interprète idéal. Violoncelliste aux goûts musicaux éclectiques, il est l’un des plus grands artistes de sa génération. Il offre un son d’une belle rondeur et d’un lyrisme certain à cette œuvre d’un romantisme épuré, fort bien écrite, qui a tout d’un concerto en trois mouvements, en alternant trois temps enchaînés vif, lent, vif.

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On retrouve les mêmes qualités du soliste dans la suite pour violoncelle, piano et orchestre, seule œuvre concertante pour violoncelle et piano et orchestre à ma connaissance, où il il est accompagné par Jean-François Heisser, dirigeant du piano les talentueux musiciens de l’orchestre Poitou-Charentes. Cette page concertante en quatre mouvements livre de beaux moments tant sur le plan harmonique que mélodique, surtout dans le troisième et dans le quatrième. L’accueil du public chaleureux nous vaut un bis où l’on reçoit comme un choc l’andante cantabile pour violoncelle et orchestre de Dubois, une pièce qui n’a rien à envier à la célèbre élégie pour violoncelle et orchestre de Gabriel Fauré.

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Ces trois œuvres ont fait l’objet d’un très bel enregistrement chez l’audacieux label Mirare avec les mêmes interprètes qui développent un son opulent attestant de la richesse de l’orchestration et des rapports subtils entre les pupitres (équilibre violoncelle-piano-orchestre).

Une belle initiative qui laisse peut-être espérer, dans un avenir proche, la redécouverte au concert des concertos pour piano et orchestre de Benjamin Godard, deux chefs d’œuvre qui sommeillent aussi dans les tiroirs. Ces œuvres méritent de figurer au programme des concerts au même titre que des pages équivalentes de Camille Saint-Saëns ou d’Édouard Lalo !

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Michel Dalberto, divin interprète de Maurice Ravel

Considéré comme le petit prince de l’école française de piano, Michel Dalberto livre une lecture passionnante de Gaspard de la nuit de Maurice Ravel avant de retrouver le concerto pour piano et orchestre en sol majeur du même compositeur. Rarement j’aurai entendu une interprétation aussi aboutie et jubilatoire mettant en lumière toute la quintessence du discours musical ravélien. Il nous offre des sonorités insoupçonnées qui confèrent à rencontrer l’esprit du compositeur. Son Ravel est épuré, limpide. Cela semble tellement facile et pourtant ! Après le romantisme académique de Dubois, on écoute avec plaisir la modernité post romantique inventive, non dénuée d’humour, aux accents jazzy du chef d’œuvre de Ravel. L’accueil du public a été triomphal.

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En bis, Michel Dalberto retrouve son complice pianiste et chef d’orchestre Jean-François Heisser pour nous livrer deux extraits de Ma mère l’oye avant de retrouver le violoncelliste Marc Coppey pour « Après un rêve » de Gabriel Fauré…

Du bonheur et du ravissement au bord de l’Étang des Aulnes.


Serge Alexandre

www.festival-piano.com Réservations : 0 442 505 115




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