ROQUE D’ANTHÉRON 2011 : JOURNAL DE BORD

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Par Geneviève Chapdeville Philbert

Mise à jour 22 août 2011

 

24 juillet

Boris Berezovsky et l'orchestre philharmonique de Varsovie, dirigé par Antoni Wit

 

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Dira-t-on jamais assez la qualité acoustique de la scène du Parc de Florans ? Ce concert du 24 juillet était tout d’abord pour nous l’occasion de la redécouverte toujours appréciable de cette acoustique merveilleuse qui ne tient pas seulement au charme des lieux, mais bien évidemment à l’attachement particulier qui a été porté à ce confort des musiciens - et du public - depuis la création en 1981 du Festival, par la volonté croisée de Paul Onoratini et de René Martin. En effet, la scène, auditorium en plein air, posée sur une pièce d'eau, est couverte d'une conque qui réverbère le son. En plein air, il est parfois difficile de faire entendre les nuances d’une œuvre. Mais, à La Roque d'Anthéron, cette conque protège la musique des malices du mistral. « Une certaine magie surgit de ce décor, estime René Martin. Le public, fidèle, trouve l’occasion de concilier douceur estivale et plaisir du concert. » A travers une qualité technique constamment travaillée.


1982, création d'une conque acoustique

1983, aménagement de studios de répétition

1984, aménagement de 1400 places en gradins

1987, construction d'une 2ème conque permettant d'accueillir des orchestres philharmoniques

1990, surélévation de la conque acoustique pour les instruments à vent

1999, achat de nouveaux gradins (1850 places)

2002, agrandissement des gradins (2300 places)

2007, réalisation d'une nouvelle conque acoustique (28 m de large x 14 m de haut)

2010, Nouveaux gradins plus spacieux et confortables (2020 places)

 

La nouvelle structure conçue en 2007 par l'acousticien Othon Schneider, 2 fois plus haute et un peu plus large que la précédente, a permis de doubler le nombre des panneaux réflecteurs. Coût de ce bijou : 600.000 €, pour un pari toujours aléatoire en matière d'acoustique. S’y ajoutent pour cette édition 2011, de nouveaux gradins (300.000 €), où l’on ne passe pas une heure et demi de concert à chercher sa place...

Important pour les plus de 85.850 auditeurs rêveurs autour du piano qui fréquentent les lieux pour les quatre-vingt concerts, classiques et jazz, de chaque édition !

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RELATION

Ce 24 juillet, Boris Berezovsky accompagnait, sur la scène du Parc de Florans, l’Orchestre Philharmonique de Varsovie autour du concerto pour piano et orchestre en ré bémol majeur de Khatchaturian. Nommé meilleur instrumentiste de l’année 2006, lors des BBC Music Awards, son éblouissante virtuosité l’amène à jouer, en récital ou en soliste, dans les grands festivals internationaux, aux côtés des plus fameux orchestres actuels. Il effectuera d'ailleurs ses débuts avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin en 2012.

Berezovsky a enregistré un nombre considérable d’albums, dont un hommage à Rachmaninov, avec deux superbes albums dédiés à l’intégrale des concertos du maestro russe. Sa prestation autour de Khatchaturian, permettait d’apprécier la magnifique présence et la chaude énergie d'un pianiste qui semble littéralement rentrer dans le bois de l’instrument. Par sa curiosité, par sa force et sa finesse d’esprit, Boris Berezovsky a acquis la réputation d’un virtuose du clavier, doté d’une puissance de jeu formidable, mais également d’une sensibilité et d’une spontanéité uniques.

Toujours généreux, il rajoutait en rappel à ce concert Khatchaturian une Toccata et un Adagio (extrait de Spartacus) alors que le public semblait ne jamais vouloir le laisser partir. (C’était sa seule prestation programmée pour cette édition. Il avait par ailleurs, remplacé Arcadi Volodos souffrant, le 22 juillet pour un concert Rachmaninov et Brahms avec l’Orchestre Sinfonica Nazionale della Rai dirigé par Juraj Valcuha.

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CHAUDE ENERGIE

La prestation de Berezovsky avec l’Orchestre Philharmonique de Varsovie montrait la belle complicité entre le chef d’orchestre et le musicien. Antoni Wit établissait presque une relation de type filial avec l’instrumentiste. La 2e partie de la soirée, consacrée aux Danses hongroises 1, 4 et 5 de Brahms, Danses Slaves opus 46 n°1 et 8 de Dvorak et enfin la Marche, Danse Chinoise puis Valse des Fleurs extraits de Casse-Noisette de Tchaïkovski, permettait d’apprécier la précision tout autant que la légèreté de la direction d’orchestre. Antoni Wit, en semblant s’amuser de ses airs peut être trop connus et fredonnés des compositeurs allemand, tchèque et russe, en révélait tout l’esprit et le charme. Comme une traîne de robe, vaporeuse virevoltante délicieusement enivrée d’un désir de vivre. A l’image peut être de ce magnifique Orchestre Philharmonique de Varsovie, créé en 1901 et qui fut au cœur de l’activité musicale de Pologne et d’Europe au début du XXe siècle, avec qui se produisirent presque toutes les grandes personnalités musicales du moment (Grieg, Honegger, Prokofiev, Rachmaninov, Ravel, Strauss, Stravinsky, Arrau, Horowitz...). Mis en sommeil par la 2e guerre mondiale, l’Orchestre redémarra dans les années 50, d'abord dirigé par Witold Rowicki (avec qui il s’agrandit d’un Chœur et acquiert le statut de Philharmonique National de Pologne) puis Kazimierz Kord (qui élargit considérablement son répertoire) et, depuis 2002, par Antoni Wit très attaché aux compositeurs polonais et dont, par ailleurs, la présence au sein de chacun des orchestres qu’il a dirigé est toujours associée à une période d’intense création artistique. L’orchestre Philharmonique de Varsovie, sous la houlette d'Antoni Wit, a assuré depuis 2002 plus de 120 tournées sur tous les continents.


Geneviève Chapdeville Philbert


Boris Berezovsky et l’Orchestre Philarmonique de Varsovie

Parc du Château de Florans – 24 juillet 2011

 


29 juillet

Joshua Redman / Brad Mehldau duo. Rencontre évidente et sublime de deux musiciens new-yorkais

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Joshua Redman, fils du saxophoniste légendaire Dewey Redman et de la danseuse Renee Schredoff, est l’un des artistes de jazz les plus acclamés et charismatiques parmi ceux qui ont émergé dans les années 1990. Nourri aux influences d’une grande variété de musiques (jazz, classique, rock, soul, indienne, indonésienne, moyen-orientale, africaine) de musiciens (John Coltrane, Omette Coleman, Cannonball Adderley, de son père bien sûr Dewey Redman, , mais aussi Aretha Franklin, les Temptations, Earth Wind and Fire, The Police, Zed Zeppelin ..) le jeune Joshua malgré son amour du saxophone et son investissement en tant que membre du Berkeley High School Jazz Ensemble and Combo ne pensait pas devenir un musicien professionnel. Fort heureusement ses rencontres à New-York dans les années 80 avec quelques-uns des plus grands musiciens de jazz de sa génération (Peter Bernstein, Larry Goldings, Kevin Kays, Roy Hargrove, Geef Keezer …..) l’amèneront à remporter en 1991 le prestigieux Concours international de saxophone de Thelonius Monk. Et un premier album sort en 1993. Depuis le succès du jeune saxophoniste est exponentiel et la liste serait trop longue des collaborations artistiques de celui qui est considéré comme l’un des plus talentueux leaders de sa génération, créateur notamment de The Elastic Band, un trio flexible et électrique, orienté vers le groove, composé du clavériste Sam Yahel et du batteur Brian Blade rejoints bientôt par le batteur Brian Blade. Joshua Redman est, par ailleurs, à l’initiative du SFJAZZ collective qui depuis 2004 rassemble des musiciens accomplis de toute générations et dont le répertoire s’étend d’œuvres commandées à de nouveaux arrangements d’œuvres de grands compositeurs de jazz moderne.

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C’est en 1994 que Joshua Redman enregistre un premier album avec Brad Mehldau. Improvisateur et formaliste, la touche de Brad Mehldau tient beaucoup à la surprise et à l’émerveillement suscité par l’idée spontanée exprimée, en temps réel. Le pianiste est également fasciné par l’architecture formelle de la musique et cela marque tout ce qu’il fait. Mehldau se plait à juxtaposer les extrêmes et, s’il n’emporte pas tous les suffrages des aficionados jazz, s’est par contre acquis au fil du temps un public fidèle qui s’attend à vivre une expérience singulière et intense lors de ses concerts. Pat Metheny, Charlie Haden, Lee Konitz, Michael Brecker, Wayne Shorter, John Scofield, Charles Lloyd font partie de ses rencontres musicales. Les autres influences qu’il reconnaît sont celle par exemple des Beatles (Blackbird), qu’il tient pour des musiciens de première grandeur, et celle de groupes rock comme Radiohead (dont il a enregistré plusieurs compositions), The Verve, Jeff Buckley, qui pratiquent un rock énergisant. Brad se dit aujourd’hui un musicien heureux, qui a la chance de pouvoir réaliser ses projets. Brad Mehldau est également depuis janvier 2010 en résidence au Carnegie Hall de New York comme titulaire de la chaire Richard et Barbara Debs. Il est le premier musicien de jazz à tenir ce poste depuis qu’il a été créé en 1995.

La rencontre Brad Mehldau avec Joshua Redman, dont le premier se dit très impressionné par l’évolution parallèle à la sienne du second, et que l’on peut encore retrouver ensemble dans Highway Rider, est évidente. Un dialogue où les deux musiciens se « parlent » dans un glissé musical d’une parfaite symbiose. Brad, sa tête et son torse d’éternel grand adolescent toujours tellement penchés sur le clavier. Joshua, debout, semblant flotter dans l’air et ponctuant les interventions de Brad d’acquiescement du regard et de « yeah » approbateurs. Un piano, un saxo. La scène aux tendres éclairages mauves n’est pas trop grande pour eux. Ils se produisent en duo pour plusieurs concerts. Celui donné à La Roque d’Anthéron sous la conque superbe du Parc de Florans se concluait par une adaptation sublime du « Hey Jude » des Beatles

Joshua Redman / Brad Mehldau

Parc du Château de Florans 29 juillet 2011



30 juillet

Nuit du piano jazz / Eric Legnini Trio / Lionel Belmondo « Hymne au soleil »

Eric Legnini trio

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Après des années à servir les autres, Eric Legnini cultive enfin son propre jardin. Il y fait pousser les musiques qui parlent à son oreille et correspondent à son tempérament. Ce concert du 30 juillet permettait notamment la découverte de son nouvel album « The Vox ».

Eric Legnini est devenu en une dizaine d’années un des plus talentueux pianistes de la scène jazz internationale. Après des études à New York avec Richie Beirach, il met son talent à profit aux côtés des plus grands interprètes tels que Serge Reggiani, Henri Salvador ou encore Claude Nougaro. Parallèlement, il devient le fidèle compagnon de Stefano di Battista, Flavio Boltro ou encore Stéphane Belmondo.
L'énergie, la sensibilité et l'intelligence harmonique du pianiste belge
s'imposent. Sa sonorité précise, la perfection de ses phrases, souvent vertigineuses, tout chez lui exprime une personnalité un peu lunaire,
accompagné d'une rythmique en béton, celle du batteur tout terrain Frank Agulhon et, ici dans les Carrières de Rognes, du contrebassiste Thomas Bramerie.

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Emotion

Portées par le swing, habitées par l’exigence de la concision, emmenées avec un toucher qui fait naturellement sonner le piano, les compositions d’Eric Legnini, fidèles à ce jazz qu’il aime généreux et gourmand, offrent une musique qui ne craint pas de se faire plaisir sans pour autant manquer ni de dextérité, ni d’émotion comme par exemple dans « Near house on the hill » extrait de son dernier album « Yhe Vox » ou encore « London Spot ».
Une musique irrésistiblement entraînante aussi, grâce à la batterie de Franck Agulhon qui trouve toujours le bon groove, et aux contrebassistes aux qualités différentes qui alternent dans son trio.

Alors que tant de pianistes lassent à force de narcissisme et de préciosité, la musique d’Eric Legnini, est directe, vive, sensuelle et rayonnante. Car s’il est une unité de l’art d’Eric Legnini, à l’image de son poétique Trastevere inspiré du quartier romain du même nom, c’est dans son attachement quasi-latin à la mélodie et à la chanson, qu’il faut la rechercher. Loin de s’enfermer dans l’univers de ceux qui l’ont inspiré, Eric Legnini jouit d’une force tranquille qui lui permet de redonner une actualité à tout un pan de la mémoire du jazz avec jubilation et de faire chanter avec faconde et justesse la moindre note qui éclot sous ses doigts.

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« Hymne au soleil »

Les toujours varois frères Belmondo sont des compagnons de longue date du pianiste, partenaires sur scène depuis plus de dix ans. L’album « Wonderland » (B Flat Recordings), un hommage à l’art de compositeur de Stevie Wonder de Stephane Belmondo n’aurait sans doute pas été le même sans l’apport décisif d’Eric Legnini, tant comme soliste qu’en fin connaisseur de la Soul Music. La deuxième proposition de cette soirée du 30 juillet dans les carrières de Rognes était « Hymne au soleil » de Lionel Belmondo, un programme autour d’œuvres de compositeurs tels que Lili Boulanger et Maurice Duruflé, arrangées pour un ensemble de onze musiciens où se côtoient jazzmen et instrumentistes venus des grandes formations classiques. Lionel Belmondo y poursuit avec passion son exploration du répertoire français à la charnière du XIXe et du XXe siècle., son intérêt pour l’arrangement allant grandissant.


Une petite révision idéale d’une certaine histoire de la musique et de certaines sources, souvent peu connues, du jazz. Comme ce poème de Francis James « Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve » qui inpira Lili Boulanger ou encore ce nocturne de Gabriel Fauré daté de 1889 dont on retrouve les accents chez Coltrane, mais encore le 4e mouvement d’une « Messe des Pauvres » d’Eric Satie datée de 1895 aux harmonies surprenantes pour l’époque sans oublier un hommage à Michel Petrucciani à travers sa « Love Letter » composée en 1994. La soirée se concluait par une reprise du « Near house on the hill » reprise par l’ensemble de la formation, Eric Legnini étant revenu sur scène. Un moment chaleureux.



Lionel Belmondo « Hymne au soleil »

Lionel Belmondo, saxophones ténor et soprano, flûte, direction, arrangements

Philippe Gautier, flûte - Bernard Burgun, cor anglais - Julien Hardy, basson

Thomas Savy, clarinette basse – Cedric Berger, cor - Maxime Morel, tuba - Julien Alour, bugle

Laurent Fickelson, piano - Sylvain Romano, contrebasse - Simon Goubert, batterie



Eric Legnini Trio

Eric Legnini, Fender Rhodess /piano

Thomas Bramerie, contrebasse

Franck Aguilhon, batterie



Carrières de Rognes – 30 juillet 2011


 

3 août

GRIGORI SOKOLOV, ENCORE !

Le pianiste russe, l’un des interprètes les plus singuliers de notre époque, était de retour à la Roque avec un récital d'œuvres de Jean-Sébastien Bach et Robert Schumann qui se terminait par une incroyable série de « bis ».

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Grand interprète, Grigory Sokolov occupe une place à part parmi les grands pianistes internationaux. Né à Leningrad (Saint-Pétersbourg) en 1950, il fascine ses auditoires par la profondeur de son approche de la musique. Technicien hors pair, sculpteur de sons, Grigory Sokolov utilise toutes les ressources du clavier pour scruter tous les recoins des partitions qu'il choisit de revisiter. « Sous ses doigts, une pensée s'exprime derrière chaque note. De Byrd à Schoenberg, aucun répertoire ne semble pouvoir lui résister ».

Le public de la Roque, qui lui doit beaucoup de moments rares de musique, le retrouvait ce 3 août au Grand Théâtre de Provence avec deux de ses compositeurs favoris : Jean-Sébastien Bach et Robert Schumann. Du premier, le pianiste interprétait le Concerto Italien en fa majeur et l'Ouverture dans le style français BWV 831. Il termina par le rare Scherzo, Gigue, Romance et Fugue du second.

Main gauche dans le dos, silhouette massive et rondeur faussement bonhomme, Sokolov entre sur la scène comme à son habitude : visage fermé, tout entier concentré sur la musique à venir, marquant d’un bref salut la présence du public.

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Pour cet artiste, le concert se prépare soigneusement certes, mais il doit y avoir une dimension d’imprévu dictée par le moment, l’inspiration, la spontanéité, l’improvisation, pour ne pas dire l’instinct qui, bien anticipés, sont le stade le plus abouti de l’interprétation. Ce plaisir de jouer du pianiste était encore une fois évident dans le concert donné au Grand Théâtre de Provence ce 3 août, surtout dans la deuxième partie Schumann et l’incroyable série de « bis » qui ont suivi. Six en tout, le public debout ovationnant sans faiblir le maître qui répondait à chaque nouvelle demande du public, sans jamais rien modifier à sa manière d’être. Dans sa lecture des partitions incroyablement architecturale, le jeu de Sokolov se déployait encore une fois avec une facilité déconcertante. « Sachant créer des attentes, il se profile comme un Moussorgsky de notre temps : tout est très dense, d’un fantastique inquiétant parfois, les moments recueillis ont toujours un pathétique authentique, jamais exagéré. La plainte est douloureuse mais toujours pudique, sans esbroufe ! Et dans les segments rapides, le parcours se profile souvent comme une course à l’abîme ». Un grand moment du festival 2011.

31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Mercredi 3 août 2011 Grand Théâtre de Provence Aix en Provence

Grigori Sokolov piano

Les bis : Rameau : Le rappel des oiseaux, Tambourin, Brahms : Fantaisie n°7 opus 116, Rameau : L'Egyptienne, Rameau : Le sauvage, Brahms : Fantaisie n°2 opus 116

www.festival-piano.com


6 août : D’une technique parfaite, le concert de Christian Zacharias manquait d’émotion

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Faut-il encore présenter Christian Zacharias ? Considéré comme l’un des grands pianistes allemands, il est aussi un musicien sans compromis. Les accents importants de son répertoire sont : Scarlatti, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann et Ravel. Nombre de ses disques ont été primés et son enregistrement de l’intégrale des concertos pour piano de Mozart a marqué son époque. Régulièrement invité par les grands orchestres internationaux dans les grands festivals tels que Salzbourg, La Roque-d’Anthéron, Edimbourg, il pratique également la musique de chambre avec des formations telles que les Quatuors Alban Berg, Cherubini et Guarneri. Doté d’un humour qui séduit son auditoire, Zacharias est un vulgarisateur hors pair. Sa participation à un film sur Domenico Scarlatti pour la télévision française en 1990 en apporte la preuve, de même que ses ateliers-concerts sur Schumann ou sur le goût en musique au musée d’Orsay ou encore ses émissions sur France Musique. Pourtant, ce concert donné à La Roque d’Anthéron ce 6 août dernier, d’une qualité technique évidement irréprochable, semblait un peu mécanique et manquait à tout le moins d’émotion. Dommage.

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31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron Samedi 6 août 2011

Parc du Château de Florans

Christian Zacharias piano

C.P.E. Bach : "Sonate en la mineur Wq 57 n°2"
C.P.E. Bach : "Rondo en ut mineur Wq 59 n°4"
Brahms : "Quatre Klavierstücke opus 119"
Beethoven : "Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur opus 110"
Brahms : "Sonate pour piano n°3 en fa mineur opus 5"

Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

www.festival-piano.com


 

7 août

Le Trio Wanderer et le Sinfonia Varsovia autour de Beethoven

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Célébré dans la presse internationale, le Trio Wanderer est aujourd’hui internationalement reconnu comme l’une des toutes meilleures formations de musique de chambre. Invité des plus grandes scènes et jouant régulièrement aux côtés d’orchestres de renommée internationale au sein de prestigieux festivals internationaux, la formation qui a reçu en février 2009, pour la troisième fois - précédemment en 1997 et 2000 -, la Victoire de la Musique du “Meilleur ensemble instrumental” de l’année, est au tournant de sa carrière au moment de l’enregistrement de l’intégrale des Trios de Beethoven.

La formation, très applaudie ce 7 août au Château-Bas de Mimet, ne jugeait pas bon toutefois de revenir pour un bis et quittait la scène in peto après sa prestation. Ce qui laissait, dans l’incompréhension et l’insatisfaction, le public déçu.

Interview Le Trio Wanderer par Geneviève Chapdeville Philbert

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31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Dimanche 07 août 2011

Trio Wanderer, Sinfonia Varsovia, Francesco Angelico direction Château-Bas - 20:00 
Beethoven : Triple concerto pour piano, violon et violoncelle en ut majeur opus 56 
www.festival-piano.com

Abondamment primée par la critique, la discographie du Trio Wanderer est riche d’une dizaine d’enregistrements consacrant un vaste répertoire. Le TRIO WANDERER enregistre actuellement chez HARMONIA MUNDI l’intégrale des Trios de Beethoven dont le deuxième volet vient de sortir en septembre, avant la parution d’un coffret intégral au printemps 2012 qui fêtera la les 25 ans du trio.

 

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8 août

Luis Fernando Perez, piano, et le Sinfonia Varsovia pour deux aériens concertos de Mozart

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« Deux concerts de Mozart dans la même nuit, c’est un grand moment.. Le Sinfonia Varsovia est un grand orchestre et le chef, George Thitchinadze, est très sympathique. Et, jouer à la Roque d’Anthéron c’est très important, bien sûr. Luis Fernando Perez est comme il le dit « un nouveau ici ». Relativement discret effectivement jusqu’à présent, le pianiste ibérique affirme une présence en France depuis deux à trois ans. « La motivation, c’est René Martin qui est comme un père pour moi ici en France, pas seulement à la Roque mais également à La Grange de Meslay par exemple ». La raison de ce concert Mozart ? « J’adore Mozart, tous ses concertos. C’est un compositeur que j’ai beaucoup travaillé dans ma jeunesse, avec le répertoire traditionnel, avant la musique espagnole qui est venue plus tard avec Alicia de Larrocha ». Car, le trentenaire est un spécialiste reconnu dans l’interprétation de la musique espagnole. Ses enregistrements, tous largement primés et couvrant un large répertoire, sont consacrés à la suite Ibéria et à Navarra d’Albeniz - qui lui valent la Médaille Albeniz -, à des sonates du Padre Soler (Mirare) et à Chopin (Mirare). Son prochain disque, dédié aux Goyescas de Granados et dont l’interprétation est déjà devenue une référence, sort cet automne.


Luis Fernando Perez – interview Geneviève Chapdeville Philbert

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31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Lundi 08 août 2011 Parc du Château de Florans

Luis Fernando Perez piano

Sinfonia Varsovia George Tchitchinadze, direction

Concertos pour piano et orchestre n°12 en la majeur K. 414 et n°17 en sol majeur K. 453 de Mozart

bis / Asturias – Isaac Albeniz

Né en 1977, Luis Fernando Pérez commence ses études musicales au Conservatoire Pozuelo de Alarcón avec Andrés Sánchez-Tirado, puis intègre l’École Supérieure de Musique Reina Sofía - où il est aujourd’hui professeur assistant en musique de chambre - ; là, il se perfectionne en piano avec Dmitri Bashkirov et Galina Egyazarova et en musique de chambre avec Marta Gulyas. Il poursuit ses études à la Musikhochschule de Cologne avec Pierre-Laurent Aimard et se spécialise dans l’interprétation de la musique espagnole avec Alicia de Larrocha, Carlota Garriga et Carmen Bravo de Mompou à l’Académie Marshall de Barcelone, qui lui remet un Master de Musique espagnole. Sa formation s’est également enrichie auprès de personnalités telles que Leon Fleisher, Andras Schiff, Menahem Pressler, Fou Tsong ou Carmen Bravo de Mompou lors de master classes. Vainqueur de nombreux prix - notamment le Prix Franz Liszt, et le Alicia de Larrocha Award -, le trentenaire madrilène enseigne désormais à son tour lors de master classes, données en Hongrie, en France et dans de nombreuses villes d’Espagne. Il s’est par ailleurs déjà produit avec succès en récital, en musique de chambre et en tant que soliste d’orchestre sur de nombreuses scènes de concert et de festivals d’Europe, du Japon et des États-Unis.

Luis Fernando Pérez est attendu prochainement à Bilbao, Tours, Chambord, Madrid, Saint-Jacques de Compostelle, Oviedo, Gijón, Santander, Cordoue, Lisbonne, Agen, Moscou, Paris ou encore Lima.

www.luisfernandoperez.com www.festival-piano.com

 



12 août

Caramba ! Jorge Luis Prats

S’il s’agissait de démythifier le festival de La Roque d’Anthéron et de démontrer qu’il n’est pas le ronflant festival de piano classique que certains croient, c’est bien au concert de Jorge Luis Prats qu’il fallait assister !

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Un petit œil sur notre interview vidéo suffira du reste à s’en convaincre. Où le truculent pianiste cubain n’hésite pas, par exemple, sur la Danse Cubaine d’Ignacio Cervantes à compasser le rythme de la mélodie en tapant du dos de la main sur son piano. Un concert en forme de punch qui mêlait la Cuban Suite de Lecuona aux Etudes symphoniques et Variations posthumes opus 13 de Schumman ou encore faisait se rencontrer la Caixinha de música quebrada, Valsa da dor de Villa Lobos et la Sonatine n°6 Bv 284 “Fantaisie de chambre sur ‘Carmen’ de Bizet” de Busoni. Le pianiste, re-révélé en mai 2007 par un mémorable récital au Festival International de Miami  (depuis en DVD) a littéralement ce 12 août emporté le public du Parc de Château de Florans, qui le suivait encore ensuite derrière la scène pour le féliciter.

Qui s’attendait à cela, en voyant arriver ce rond petit bonhomme ?

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Caliente

Jorge Luis Prats, au parcours atypique, a été pendant de longues années directeur artistique de l’Orchestre National Cubain et effectue ses « débuts » dans la prestigieuse série “Meister Pianisten” du Concertgebouw d’Amsterdam, qui le réinvite en 2009 et, pour la troisième fois consécutive - privilège jusqu’alors réservé à Alfred Brendel et Grigory Sokolov ! - en 2010.

Au cours de cette même année, il est acclamé Salle Pleyel où il remplace au pied levé Nelson Freire souffrant, avant de triompher en septembre au Festival Piano aux Jacobins. Il s’est acquis depuis la réputation d’être l’homme des interprétations difficiles. Invité sur tous les continents, il se produit dans un vaste répertoire de concertos avec des orchestres de grand renom - Orchestre de la BBC, Dallas Symphony, Mexico City Orchestra, Colombia Philharmonic - ; interprète de Bach, de Mozart (dont il joue l’intégrale des sonates), de Beethoven, il joue aussi l’œuvre complète de Chopin et un grand nombre d’œuvres de Liszt, sans oublier Ravel, Debussy, Villa-Lobos et la musique classique cubaine des XVIIIe et XIXe siècles. Que si, hombre !


Interview Jorge Luis Prats par Geneviève Chapdeville Philbert

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31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Vendredi 12 août 2011 Parc du Château de Florans

Jorge Luis Prats piano

Schumann : Blumenstück en ré bémol majeur opus 19
Schumann : Etudes symphoniques et Variations posthumes opus 13
Villa-Lobos : Les Impressions d’un musicien de sérénades (Impressões seresteiras) A. 374/2
Villa-Lobos : Caixinha de música quebrada, Valsa da dor
Lecuona : Cuban Suite
Busoni : Sonatine n°6 Bv 284 “Fantaisie de chambre sur ‘Carmen’ de Bizet”
Liszt/Prats : Rhapsodie espagnole

bis :

Misha Levitsky : La Nymphe enchantée
Ignacio Cervantes : Danse cubaine
Ernesto Lecuona : Malageña
Ernesto Lecuona : Mazurka en glissant

Natif de Cuba, Jorge Luis Prats reçoit dans son pays l’enseignement de grands maîtres du piano - Cesar Perez Sentenar, Barbara Diaz Alea, Margot Rojas et Alfredo Diez. Par la suite élève de Rudolf Kerer au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, il se perfectionne au Conservatoire de Paris puis à la Hochschüle für Musik de Vienne, auprès de Paul Badura-Skoda et Magda Tagliaferro. Lauréat à 21 ans du prestigieux Concours Marguerite Long, il se voit aussi décerner plusieurs prix spéciaux pour la meilleure interprétation d’œuvres de Ravel et d’André Jolivet.

Sa discographie englobe les 24 Préludes et le Poème satanique de Scriabine - inédits jusqu’alors -, les deux concertos pour piano de Chopin, celui de Grieg, l’intégrale des œuvres pour piano et orchestre de Rachmaninov, et un certain nombre d’œuvres de musique cubaine. Depuis peu sous contrat d’exclusivité avec le label Decca, il a tout récemment gravé un premier enregistrement consacré aux Goyescas de Granados. Régulièrement invité comme professeur dans de prestigieuses institutions - Université Nationale de Colombia à Bogota, Centre des Arts à Mexico, Conservatoire de Cordoba en Espagne… -, Jorge Prats a été de longues années directeur artistique de l’Orchestre National Cubain.

 


13 août

Anniversaire de Dmitri Bashkirov

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Dmitri Bashkirov figure parmi les plus grands pianistes russes de la seconde moitié du XXe siècle et a inspiré de nombreux artistes. Son enseignement a marqué le regard et le jeu de ses élèves, tous devenus pour la plupart des figures majeures de la scène internationale comme Arcadi Volodos ou encore Stanislav Ioudénitch. Pédagogue exceptionnel, Dmitri Bashkirov définit le rôle du musicien comme un simple “intermédiaire entre la musique et les gens qui viennent l’entendre”. Pour lui, “sa mission n’est pas seulement de les divertir mais de les entraîner dans une vague d’émotions musicales. Il doit transmettre des valeurs et montrer leur caractère unique”. Il a développé cette approche de la musique au sein de sa famille où l’art tient une place importante et lors de ses études.

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Dimitri Bashkirov était l’invité le 13 août 2011 de la Roque d’Anthéron, en compagnie de cinq de ses élèves, aujourd’hui internationalement connus, pour fêter son 80e anniversaire dont le jeune David Kadouch que nous avons rencontré à l’issue du concert. Le jeune musicien s’exprime sur sa relation avec « son mentor » qu’il définit comme « un dieu de la pédagogie ».


Interview David Kadouch par Geneviève Chapdeville Philbert

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David Kadouch

Né en 1985, débute le piano au Conservatoire de Nice, dans la classe d’Odile Poisson. Remarqué très tôt par Itzhak Perlman, sous la direction duquel il joue, dès l’âge de 13 ans, au Metropolitan Hall puis au Carnegie Hall de New York, il intègre l’année suivante le CNSMD de Paris, qui lui décerne un Premier Prix à l’unanimité, dans la classe de Jacques Rouvier.

Poursuivant sa formation auprès de Dmitri Bashkirov à l’École Reina Sofia de Madrid, il bénéficie aussi des conseils de maîtres tels que Murray Perahia, Elisso Virsaladze, Alexander Satz, Maurizio Pollini, Maria João Pires ou encore Daniel Barenboïm. Lauréat de l’ADAMI et de la Fondation Natexis Banque Populaire depuis 2007, finaliste du Concours de Leeds en 2009, il se voit cette même année décerner le Prix d’honneur de l’Académie de Salzbourg et de Verbier. Invité de festivals tels que le Festival de musique contemporaine de Lucerne (dirigé par Pierre Boulez), Gstaad, Montreux, Santander ou Piano aux Jacobins à Toulouse, il s’est également produit en Chine, au Japon, aux États-Unis et dans de grandes salles européennes telles l’Auditorium du Louvre ou la Tonhalle de Zurich.

Partenaire en musique de chambre de Renaud et Gautier Capuçon, Antoine Tamestit, Frans Helmerson, et de quatuors renommés tels les quatuors Quiroga, Ébène et Ardeo, il accompagne de prestigieuses formations parmi lesquelles l’Orchestre National de Lille ou le Philharmonique de Monte-Carlo.
Sélectionné par Daniel Barenboïm pour participer à l’enregistrement du DVD “Barenboïm on Beethoven” au Symphony Center de Chicago, il est à cette occasion filmé par ARTE qui lui consacre un documentaire, diffusé dans l’émission hebdomadaire “Maestro” en février 2007. C’est au cours de cette même année que paraît son premier disque, dédié au Concerto “L’Empereur” de Beethoven d’après un concert live aux côtés de l’Orchestre de Chambre de Cologne (label Naxos) ; deux nouveaux disques sont parus depuis : une intégrale des Préludes de Chostakovitch, parue chez TransartLive en janvier 2010, et dernièrement, chez Mirare, un album dédié à la musique russe.
David Kadouch a été nommé “Révélation Jeune Talent” aux Victoires de la Musique 2010, et “Young Artist of the Year” aux Classical Music Awards 2011.

31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Samedi 13 août 2011 Parc du Château de Florans

Nuit du piano : 80ème anniversaire de Dmitri Bashkirov

Dmitri Bashkirov piano
Plamena Mangova piano
David Kadouch piano
Claudio Martinez-Mehner piano
Luis Fernando Pérez piano
Stanislav Ioudenitch piano

www.festival-piano.com



14 août - Nuit du piano MOZART

Francesco Piemontesi – Frank Braley

Sinfonia Varsovia – George Tchitchinadze, direction

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Belle chemise, cheveux lissés. C’est la version Frank Braley arte live web du 21 août. Pour ce concert du 14 août loin des caméras de télévision, simplement destiné à l’humble public du Château de Florans, Frank Braley semblait tout juste descendre de son TGV quand il est arrivé sur scène dans son costume froissé et le cheveu emmêlé.

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Mais bon, il n’y avait que 2000 personnes dans l’auditoire. Pas vraiment la peine peut être de soigner sa tenue vestimentaire pour ce concerto Mozart. Au demeurant fort bien interprété, comme il se doit par un pianiste de ce niveau, qui pourrait peut être nous éviter toutefois une certaine crânerie qui gâche le plaisir de l’entendre et donnerait presque envie de fermer les yeux. Ce qui aurait été dommage vu le cadre magnifique tout de même, sans parler du plaisir de regarder jouer (tout autant que d’écouter) le Sinfonia Varsovia, si agréablement dirigé par George Tchitchinadze.

Le jeune Francesco Piemontesi en première partie de soirée fournissait quant à lui une prestation de qualité démontrant son sens de l'architecture, de la conduite des phrases, de l'étagement des plans sonores, de la clarté et des clairs-obscurs et sa capacité à créer le silence. Il donne envie d’attendre peut être que ce jeune talent mûr et profond du piano mûrisse et se « lâche » un peu.

31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Dimanche 14 août 2011 Parc du Château de Florans

Nuit du Mozart

Francesco Piemontesi piano
Frank Braley piano
Sinfonia Varsovia
George Tchitchinadze direction


Francesco Piemontesi
Sinfonia Varsovia
George Tchitchinadze direction
Mozart : Symphonie n° 39 en mi bémol majeur K. 543
Mozart : Concerto pour piano et orchestre n°25 en ut majeur K. 503

En bis
Schubert : Sonate en la majeur D.959 (2e mouvement)


Frank Braley piano
Sinfonia Varsovia
George Tchitchinadze direction
Mozart : Symphonie n° 29 en la majeur K. 201
Mozart : Concerto pour piano et orchestre n°9 en mi bémol majeur K. 271 “Jeunehomme”

En bis
Mozart : Fantaisie en ré mineur KV 475

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Francesco Piemontesi Né à Locarno en 1983, Francesco Piemontesi a commencé à jouer du piano à l’âge de quatre ans. Après des études auprès de Nora Dallo à Lugano, il a poursuivi sa formation à la Hochschule für Musik und Theater de Hanovre avec le professeur Arie Vardi, tout en profitant des conseils de Alfred Brendel, Cécile Ousset, Murray Perahia, Mitsuko Uchida et Alexis Weissenberg.

Francesco Piemontesi a remporté de nombreux prix internationaux, entre autres au Concours Reine Elisabeth de Bruxelles et au Borletti-Buitoni Trust de Londres. En septembre 2009, il a été nommé "New Generation Artist" par la BBC.

Depuis son premier récital en 1994, Francesco Piemontesi a donné des concerts dans toute l’Europe, aux États-Unis et en Asie. Il été l’hôte de plusieurs festivals renommés comme les BBC Proms de Londres, le Schleswig-Holstein Musikfestival, le City of London Festival, le Projet Martha Argerich, le Kissinger Sommer, ou encore les festivals de Cheltenham, La Roque d’Anthéron, Rheingau, Ludwigsburg et de la Ruhr.

Francesco Piemontesi s’est produit sur de grandes scènes internationales telles la Philharmonie de Berlin, le Carnegie Hall de New York, le Musikverein de Vienne ou le Suntory Hall de Tokyo.

Comme soliste, il a joué avec l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, le BBC Philharmonic Orchestra et le BBC Symphony Orchestra, l’Israel Philharmonic Orchestra, l'Orchestre Philharmonique de Monte Carlo, les Prager Symphoniker, l’Osaka Philharmonic, l’Orchestre National de Belgique, le Royal Flemish Philharmonic, les London Mozart Players, les orchestres de chambre de Vienne, Zurich et Lausanne, et le Musikkollegium de Winterthur. Il a travaillé sous la direction de chefs comme Jiri Belohlavek, Sakari Oramo, Lawrence Foster, Mikhail Pletnev, Vassily Petrenko, Eiji Oue, Christoph Poppen et Bruno Weil.

Francesco Piemontesi porte un intérêt particulier à la musique de chambre, qu’il pratique occasionnellement avec Yuri Bashmet, Renaud et Gautier Capuçon, Emmanuel Pahud, Heinrich Schiff, Jörg Widmann et le quatuor Ébène.

Francesco Piemontesi fera prochainement ses débuts avec le London Philharmonic Orchestra, le BBC National Orchestra of Wales et le Scottish Chamber Orchestra. Une tournée avec Zubin Mehta et l'Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino est également prévue. Francesco Piemontesi donnera en outre des récitals de piano à la Wigmore Hall de Londres, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Rudolfinum de Pragues et dans le cadre du Lucerne Festival. Il sera “Artist in Residence” du Heidelberger Frühling en 2011. Francesco Piemontesi a réalisé des enregistrements pour EMI Classics et Claves

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George Tchitchinadze est l’un des artistes les plus appréciés de Géorgie. Formé au piano avec V. Gabrielov et I. Naumova au Gnessine State Musical College de Moscou, puis avec E. Rusishvili au Conservatoire de Tbilissi, il étend bientôt sa formation au domaine lyrique et à la direction symphonique, approfondit ses connaissances au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg et remporte le Concours International de chefs d’orchestre de Tokyo en 2000.
Durant sa jeune carrière, il a déjà eu l’occasion de diriger bon nombre d’orchestres, de Géorgie bien entendu mais aussi de nombreuses autres régions du monde. Récemment, il a eu l’occasion d’approfondir sa collaboration avec le Sinfonia Varsovia qu’il a dirigé en Hollande, à Varsovie, Bilbao, Minsk et au Japon ; il a d’ailleurs fait ses débuts au Festival de La Roque d’Anthéron l’été dernier avec cette phalange, remportant un franc succès. En mars 2011, il dirigera le Het Orkest van het Oosten à Enschede en Hollande et débutera une nouvelle coopération avec l’Orchestre Philharmonique de la Radio de Hollande en 2012.
Passionné par la musique d’opéra, il fait ses débuts dans le domaine lyrique en 1998 en dirigeant le concert de gala du Festival International de l’Opéra, à Tbilissi. À partir de 2000, il est nommé professeur et chef d’orchestre au Conservatoire de Tbilissi, puis devient, à partir de 2004, directeur artistique et chef d’orchestre de l’Opéra et du Théâtre de Tbilissi. Avec ces formations, il participe à une tournée en Israël en 2008.


17 août

Nuit du duo de piano

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Nikolaï Lugansky et Vadim Rudenko font partie des invités de marque réguliers de La Roque d’Anthéron. Si les deux pianistes poursuivent une magnifique carrière solo, ils jouent également depuis plus de quinze ans régulièrement en duo. Une pratique qui a ses bonheurs, mais aussi ses exigences. C’est à l’issue de leur concert du 17 août, qui faisait une large place à Rachmaninov, que nous avons rencontré Nikolaï Lugansky et Vadim Rudenko.


Interview Nikolaï Lugansky et Vadim Rudenko par Geneviève Chapdeville Philbert

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31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Mercredi 17 août 2011 Parc du Château de Florans

Nikolaï Lugansky piano
Vadim Rudenko piano
Arensky : Suite n°1 pour deux pianos opus 15
Ravel : La Valse pour deux pianos
Rachmaninov : Danses symphoniques opus 45, transcription pour deux pianos

Bis : Rachmaninov : Seconde Suite pour 2 pianos op. 17 2ème mouvement

Dezsö Ránki duo
Edit Klukon piano

Liszt : Eine Faust-Symphonie, version pour deux pianos de Franz Liszt

www.festival-piano.com

 



19 août

Sublime concerto de Grieg par David Kadouch accompagné de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn.

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Très impressionnée et touchée par l’interprétation des « Tableaux d’une exposition » de Moussorgski par David Kadouch lors de la nuit anniversaire de Dmitri Bashkirov, c’est avec beaucoup d’intérêt que je suis retournée au Parc du Château de Florans le 19 août pour l’écouter dans son interprétation du Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 16 de Grieg.

Sublime ! Toujours la même précision et exigence du jeune pianiste (niçois d’origine). Un pur moment de bonheur et d’émotion, une interprétation magistrale très applaudie, qui se répétait du reste lors de la soirée de clôture du festival où le « Petit Prince » faisait partie avec la même formation de la Nuit Arte du 21 août qui retransmettait en direct la soirée de clôture du Festival où le jeune pianiste proposait de Mozart  le Concerto pour piano et orchestre n°21 en ut majeur K.467, Andante et  (en duo avec Franck Braley) le Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur K.365 -. A suivre.

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31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Vendredi 19 août 2011 Parc du Château de Florans

David Kadouch piano, Orchestre de Pau Pays de Béarn, direction Fayçal Karoui

Grieg : Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 16
Brahms : Symphonie n°3 en fa majeur opus 90

Bis : David Kadouch piano
Chopin : Nocturne n°20 en do dièse mineur opus posthume
Orchestre de Pau Pays de Béarn – direction Fayçal Karoui

Brahms : Danse hongroise n°5 Victory : Arrangement effectué par Nathalie Biarnès pour l'Orchestre de Pau Pays de Béarn sur un thème du Barbier de Séville de Rossini

 



20 août

Arcadi Volodos

Le pianiste russe qui n’avait pu pour raison de santé être présent lors de l’ouverture du festival, donnait finalement ce concert également programmé qui mêlait Schubert et Liszt

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Souvent considéré comme le nouveau Vladimir Horowitz, Arcadi Volodos est un virtuose possédant un don à décourager des classes entières d’apprentis pianistes. La comparaison avec Horowitz nous laisse facilement deviner le talent de l’artiste avant même de l’avoir entendu…

Volodos commence à étudier la musique assez jeune mais ne s’intéresse au piano que tardivement après avoir étudié la direction d’orchestre pendant plusieurs années. Il commence à travailler le piano à l’âge de 16 ans et révèle immédiatement des facilités exceptionnelles pour l’instrument. Il réalise son premier enregistrement seulement 10 ans après ses premiers cours au clavier… décourageant disais-je !

Si Arcadi Volodos est souvent comparé à Horowitz, c’est en grande partie grâce aux transcriptions qu’il joue ainsi qu’aux arrangements qu’il écrit lui même à l’instar du maître sus cité. Son arrangement le plus célèbre est sans doute le Rondo de Mozart, Alla Turka qu’il joue fréquemment en concert : effet garanti.

Capable d’une étonnante maîtrise du clavier, allant de la virtuosité la plus débridée jusqu’aux plus audacieuses transcriptions, en passant par l’évocation sensible de paysages romantiques, Arcadi Volodos apparaît comme l’héritier de musiciens comme Liszt, Carl Tausig et Vladimir Horowitz, auquel on le compare volontiers et dont il est le seul à pouvoir retranscrire, à l’oreille, la transcription des Variations Carmen d’après Bizet. À l’aube de la quarantaine, ce Russe originaire de Saint-Pétersbourg s’est imposé dans le monde entier comme un phénomène du piano.

Le célèbre pianiste, peut être en petite forme, et qui avait souhaité une chaise plutôt que le traditionnel tabouret réglable, n’emportait pas ce 20 août le public dans la première partie du concert et semblait in fine forcer les applaudissements par une série de quatre bis, chaleureusement ovationnés.

31e Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron

Samedi 20 août 2011 Parc du Château de Florans

Arcadi Volodos piano

Schubert : Les Moments musicaux, Moderato, Andantino, Allegro vivace

Schubert : La Sonate en fa mineur D625 Allegro, Scherzo allegretto, Adagio, Allegro

Liszt : Sonate en si mineur

Bis : Liszt: Nocturne en rêve

Mompou : "El Lago" extrait des "Paisajes"

Villa-Lobos : Polichinelle

Mompou : "Jeunes filles au jardin" extrait des Scènes d'enfants

Lecuona/Volodos: Malagena
Schubert : Menuet avec trio


Arcadi Volodos commence par se former au chant et à la direction et ce n’est qu’en 1987, à l’âge de 15 ans, qu’il s’implique sérieusement dans des études pianistiques, d’abord suivies au Conservatoire de Moscou avec Galina Egiazarova, puis au Conservatoire de Paris avec Jacques Rouvier et à l’École supérieure de musique Reina Sofia de Madrid avec Dmitri Bashkirov. Depuis ses débuts à New York en 1996, il est invité à se produire sur les plus grandes scènes internationales, en récital ainsi qu’avec orchestre, accompagnant de prestigieuses phalanges orchestrales telles que le Philharmonique de Berlin, l’Orchestre Philharmonique d’Israël, le Philharmonia Orchestra ou encore le Royal Concertgebouw Orchestra, sous la direction de chefs comme Myung-Whun Chung, Lorin Maazel, Valery Gergiev, James Levine et Seiji Ozawa. En récital, on peut l’entendre régulièrement à Carnegie Hall à New York, à la Philharmonie de Berlin, au Musikverein de Vienne, au Théâtre des Champs-Élysées, ainsi que dans la plupart des métropoles européennes, américaines et japonaises. Le Festival de Salzbourg l’accueille également tous les ans depuis ses débuts triomphaux en 2002.
Historique, son premier récital à Carnegie Hall en 1998 a donné lieu à un enregistrement très remarqué “Arcadi Volodos Live at Carnegie Hall”, paru chez Sony Classical. Depuis il a enregistré plusieurs disques, dont les Sonates de Schubert, des pièces solo et des transcriptions de Rachmaninov, des versions live des concertos n°3 de Rachmaninov et n°1 de Tchaïkovski avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin, respectivement dirigé par James Levine et Seiji Ozawa. En 2007, Sony Classical a sorti son album “Volodos joue Liszt”, qui lui a valu de nombreuses récompenses (Gramophone Magazine, Diapason d’Or, Echo-Klassik). Enfin, au printemps 2010, arte a enregistré et diffusé un de ses récitals donné au Musikverein de Vienne, enregistrement faisant aujourd’hui l’objet d’un disque et d’un DVD.

www.festival-piano.com


Les pianistes de l'été 2011 sur ARTE Live Web :

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- Nikolaï Lugansky joue Rachmaninov
- Nicholas Angelich interprète l'intégrale des années de pèlerinage de Liszt
- Aldo Ciccolini joue avec l'Orchestra Ensemble Kanazawa
- Tord Gustavsen, une perle du jazz scandinave signé sur ECM
- Tigran Hamasyan, en solo
- Yaron Herman en trio puis en impro solo à la Roque d'Anthéron
- la première partie du concert de clôture de la Roque d'Anthéron avec Rami Khalife, Francesco Tristano, David Kadouch, Frank Braley, Nikolaï Lugansky, Vadim Rudenko,, Marie-Josèphe Jude, Claire-Marie Leguay, Emmanuel Strosser, Yaron Herman et Guillaume Vincent
- la seconde partie du concert de clôture de la Roque d'Anthéron avec presque les mêmes

87.073 spectateurs ont assisté à l’un des 91 concerts que le Festival proposait (dont 17 gratuits) sur 10 scènes.

La 32e édition du Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron se déroulera du vendredi 20 juillet au dimanche 19 août 2012.