La peinture autrement - Volet 1, musée Fernand Léger, Biot

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Dans l'ensemble des expositions dédiées à la présence de l'art contemporain sur la côte d'azur depuis 1950, j'aimerais particulièrement m'arrêter sur celle imaginée par Ariane Coulondre et Maurice Fréchuret au musée Léger. Elle couvre en effet trois mouvements emblématiques de cette présence : le nouveau réalisme, fluxus et la peinture analytique et critique, sans se priver de belles incursions dans les œuvres d'Hartung, Burri ou Venet.

 

La plupart des peintres de ces tendances sont représentés par des œuvres des années 60 à 80. Les quelques exceptions témoignent de la vitalité et de l'actualité des démarches, comme c'est le cas dans l'œuvre de Charvolen, réalisée in situ et dont est présentée la première phase encore en place sur le grand escalier du musée.

charvolen

L'intelligence de la présentation permet de montrer, au delà des regroupements historiques, parfois circonstanciels, la communauté des questionnements et des mises en cause de l'art initiés par ces artistes, et en quoi ils s'inscrivent dans les préoccupations de l'art occidental de cette période.

Le questionnement passe par des procédures simples et fortes : coudre, découper, brûler, tisser, détisser... Autant de pratiques qui sortent des habitudes de la peinture classique, de ses techniques, de ses outils, de ses supports.

En mettant en avant les procédures et les pratiques, l'exposition fait en effet apparaître comme circonstanciels des regroupements que l'on pouvait croire plus ou moins définis: école de Nice, fluxus, supports/surfaces, groupe 70, et permet de situer les préoccupations dans la réalité de leur contexte historique.

Excitante pour qui a déjà une idée du travail des peintres présentés, l'exposition se révèle d'une grande efficacité pour le grand public: l'organisation des salles, la qualité de l'accrochage et la clarté des explications contribuent à une totale réussite.


Raphaël Monticelli