LE PETIT BAIN OU LA POSSIBILITÉ D'UNE ILE…

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Entreprise d’insertion à dominante culturelle et à vocation pédagogique, Petit Bain prend ses quartiers (permanents) au cœur d’une nouvelle barge flottante. Édifié sur la Seine, au pied de la Grande Bibliothèque, ce « laboratoire » devrait relever un défi sans précédent à Paris.

 

A quoi ressemble physiquement Petit Bain ? Ce comptoir flottant, amarré devant la BNF, est une structure protéiforme de 45 mètres de long, étagée sur trois niveaux. Elle est reconnaissable de loin par son bardage en bois clair et surtout sa coque en acier recouverte d’un jaune tirant sur le vert, osant la couleur proscrite chez les esprits superstitieux.

©Petit Bain

Qu’y trouvera-t-on ? Une vraie salle de concert de 450 places accueillant également des soirées dancefloor, un restaurant de 70 couverts ouvert aux cuisines du monde, un studio de création multimédia, un espace détente et un jardin aquatique aménagés sur la terrasse. En dehors de ces trois axes forts du projet (« Musical, gastronomique et Végétal »), seront proposés des ateliers artistiques, de jardinage, bricolage, etc. Tout un arsenal d’activités à moindre coût qui permettront aux habitants du quartier, aux jeunes et aux personnes n’ayant pas l’habitude de se tourner vers des activités culturelles ou de loisirs de venir prioritairement profiter des lieux dans un esprit de mixité sociale.

La mission de Petit Bain s’inscrit dans un projet culturel à caractère social, sans toutefois être un « produit » socioculturel comme le souligne Christophe Girard, adjoint au maire de Paris, lors de la présentation du site. Si les deux dimensions existent, elles s’additionnent plus qu’elles ne s’imbriquent. En effet, s’agissant du volet culturel, les artistes invités à se produire sur scène — issus de la jeune génération ou confirmés — seront des professionnels, tout comme les divers intervenants participant aux ateliers innovants de Petit Bain. Quant au volet social, le personnel travaillant sur la barge sera, en partie, issu d’une population généralement « éloignée de l’emploi » (handicap, chômage de longue durée et autres types de frein à l’embauche traditionnelle). La spécificité de l’entreprise tient à son statut. Véritable structure de l’économie solidaire, elle est crée en SCIC, société coopérative d'intérêt collectif à gouvernance démocratique et sera à même de pourvoir à sa mission d’insertion en employant des personnes désocialisées.

Créer du lien social, dynamiser un quartier dans un esprit multiculturel, ce sont les souhaits partagés des créateurs du projet et des partenaires institutionnels et privés. Citons les plus impliqués à ce jour, à savoir, la ville de Paris, le conseil régional Ile-de-France, la mairie du 13e, la piscine Joséphine Baker et le Port Autonome de Paris. D’autres partenaires viendront se joindre à l’aventure au fil des actions réalisées.

A l’origine de cet ambitieux projet, l’équipe de la Guinguette Pirate, portée par Ricardo Esteban, la tête dans les étoiles pour rêver un monde meilleur mais les pieds sur terre pour accoucher d’un projet réaliste. A partir des années 1990, l’association lance des projets pluridisciplinaires médiatisés grâce à deux péniches, la Guinguette Pirate et le Batofar. En 2010, en mal d’utopie, elle se mêle à celle du Bouquin Affamé, installée à Clichy, première entreprise d’insertion par l’activité économique évoluant dans le champ de la production musicale en France. Sont embarqués également dans l’aventure deux jeunes architectes du collectif Encore Heureux qui dessine cet Objet Flottant Non Identifié (OFNI). L’aventure peut enfin prendre forme : elle aura pour mission de créer « un espace de rencontres de disciplines, de publics et de cultures du monde ».

Au fait, pourquoi Petit Bain ? Tout simplement parce qu’il y a Joséphine Baker (la piscine voisine !) qui fera un pont d’or à la barge pour que l’accostage soit total…


Petit Bain ouvre ses portes le 6 juillet

7, Port de la Gare - le long du quai François Mauriac 75 013 Paris

Toutes les informations et Accès sur http://www.petitbain.org/


Aurèle M.