Grand Palais : Plus c’est gros, plus c’est beau !

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On ne peut que se féliciter si, pour Monumenta 2011, il a été décidé de rendre hommage aux architectes qui ont conçu cet éloquent bâtiment, — quoi que de façon bien étrange, pour ménager leurs posthumes modesties probablement, leurs noms, (Henri Deglane, Albert Louvet, Albert-Félix-Théophile Thomas et Charles Girault) ne semblent pas être mentionnés dans les publications officielles concernant l’événement.

 

Qu’on ait opté pour le scénographe Anish Kapoor à fin de mettre en valeur un espace jugé sans doute trop terne en son état actuel reste un mystère dont Dan Brown nous racontera un jour les obscurs détours. Anish Kapoor nous gonfle une baudruche géante, un peu comme le ballon rouge de notre enfance, mais vue par agrandissement télescopique. Si nous ne mordions pas dans cette friandise mémorielle de retour en enfance, la couleur pourrait aussi être l’objet de contestation. Certes, le rouge avait déjà, il y a quelques années, été élu pour l’inauguration du lieu après restauration. N’aurait-il pas été plus séduisant d’opter pour une couleur d’or qui aurait mis en valeur l’immense bijou si joliment ciselé soutenant la verrière ? Ce bel espace aujourd’hui plus que centenaire a séduit plusieurs générations par sa lumière sculptée qui met en valeur aux beaux jours le bleu du ciel et les gestes nuageux. Sans machine ni informatique, nous pouvons comprendre que ce ne peut en aucune façon être contemporain, donc être estimable.

Monumenta

Une scénographie grandiloquente était-elle nécessaire pour mettre en valeur le diamant bleu de la grande nef du Grand Palais ? C’est littéralement une question de points de vue, un débat sans issue. On se prévaudra sans doute d’un gros succès public. ( « Grand » succès serait plus douteux). Moins fréquenté tout de même que la fête à Neu-Neu. Faudrait peut-être ajouter un petit train, quelques balançoires…


Marcel Alocco