Maria Schneider - Nice Jazz Festival - Mardi 22 juillet 2008

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Table ronde avant le concert du 22 juillet 2008 au Nice Jazz festival

Après s'être très gentiment prêtée à une séance de photo, Maria Schneider répond à quelques journalistes juste avant le concert :

Jennifer Chamly : Quel effet cela vous fait-il de jouer en France et plus particulièrement au Nice Jazz festival ?

Maria Schneider : J'adore la Côte d'Azur. J'aimerai y rester 3 mois ! J'arrive de Gênes par la côte et c'est si beau. Je dois revenir. C'est la première fois que je participe au Nice Jazz festival. J'aime beaucoup jouer pour le public français. J'ai un attrait particulier pour lui qui vient certainement de mes influences musicales comme par exemple Maurice Ravel.

 

J. C : Quelles sont vos autres influences musicales ?

M.S. : Brésiliennes, de mon paysage américain, du jazz, de la musique classique... en fait des influences très éclectiques.

J.C : Parlez-nous de Gil Evans

M.S. : J'ai travaillé avec Gil les trois dernières années de sa vie de 1985 à 1988. C'était une personne très attachante. Je ne sais pas si certains d'entre vous l'on rencontré mais c'était vraiment un homme charmant. J'ai eu beaucoup de chance de le connaître.

Christian Depardieu : Au sujet de votre musique. Vous écrivez d'une manière précise et très personnelle. Quelles limites donnez-vous à vos musiciens en ce qui concerne leurs improvisations ?

M.S. : Mes composition comportent toutes des parties improvisées. Certaines offrent plus de liberté que d'autres. En trame de fond, je crée des mouvements harmoniques composés d'une manière très serrée, que les solistes doivent suivre. Pour d'autres pièces, c'est plus ouvert et leur jeu est totalement différent d'une interprétation à l'autre. Il peuvent partir sur des grooves extrêmement variés. Ainsi il y a des moments de totale liberté et des moments où je guide les solistes pour garder l'atmosphère que je m'attache à donner du début à la fin du morceau. L'improvisation doit faire partie de cette histoire que je veux raconter.

jazz

C.D. : Comme des rails que vous posez au sol et qu'ils doivent suivre ?

M.S. : C'est comme les emmener sur un chemin que je trace. Ils ont une certaine liberté mais le chemin est là. Je pense que c'est bien pour eux car cette limitation constitue un défi qu'ils sont content de relever.

C.D. : Combien de musiciens sont avec vous ce soir ?

M.S. : Dix huit. J'ai fait entrer un fantastique accordéoniste brésilien. J'ai eu la chance de jouer à Oro Preto au Brésil. Ils avaient réunis un orchestre de musiciens tous issus de l'état du Mina Gerai une région qui possède les harmonies musicales les plus intéressantes avec des musiciens comme Nascimento et tant d'autres. J'ai adoré cet accordéoniste et lorsque mon musicien habituel n'a plus pu jouer je l'ai appelé et lui ai demandé de venir à New York, ce qu'il a fait !

C.D : Le concert de ce soir sera-t-il différent de votre album Sky Blue ?

M.S. : Nous allons jouer Sky Blues et d'autres compositions issus de cet album et d'autres.

C. D : Comment avez-vous composé votre orchestre ?

M.S. : Cela s'est fait au fil du temps. J'ai commencé à la fin des années 80. Certains de ces musiciens travaillent avec moi depuis vingt ans. D'autres se sont joints pendant les années 90 et deux nous ont rejoint il y a deux ans et l'an dernier. Nous jouons ensemble depuis si longtemps !

Nous nous connaissons tellement bien. Ce qui beau c'est qu'en ajoutant un ou deux musicien de temps en temps cela apporte une fraicheur parmi ces musiciens qui savent si bien ce qu'ils doivent jouer.

D'ailleurs, je constate qu'il est de plus en plus difficile de réunir tout l'orchestre et d'effectuer des tournées en Europe. Les déplacements sont tellement onéreux et tous ces musiciens sont très occupés et ont souvent leur propre groupe. Alors ce soir ce sera très amusant et une occasion exceptionnelle d'être réuni. Nous apprécions vraiment de nous retrouver et de jouer ensemble.

www.mariaschneider.com