Dossier printemps des auteurs par Brigitte Chéry

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Après carnavals, mimosas et citrons dans les Alpes Maritimes, à la demande de Daniel Benoin, directeur du TNN, quatre compagnies de théâtre et de danse travaillent actuellement sur des textes d’auteurs niçois ou ayant de fortes attaches avec Nice. Le Printemps des Auteurs avec cette volonté de synergie permet de tisser des rencontres, de créer des liens entre auteurs, metteurs en scène et chorégraphes.

Et aussi de constater qu’il y a davantage d’auteurs de romans que de théâtre. Avis pour les prochaines années

 

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Making of de Claire Legendre, va trouver écho dans une mise en scène de Linda Blanchet, Compagnie Hanna R ( 10-14 mars), la rencontre entre Maryline Desbiolles et Jacques Laurent, Compagnie Grain de sable, donnera corps à la petite Aïzan du quartier de l’Ariane, (17-21 mars) On s’attend à ce que le chorégraphe Eric Oberdorff transmette l’énergie des danseurs de la Compagnie Humaine aux personnages de Corps étranger de Didier van Cauwelaert, et que Les suprêmes révèlent et traduisent la complicité entre Chantal Thomas et la Compagnie Hervé Koubi Les deux chorégraphies sont programmées en deux parties de soirée (31mars-5 avril).

Quatre créations étonnantes, quatre coproductions à ne pas manquer 17 mars-4avril 2009


Théâtre National de Nice, Promenade des Arts Tel O4 93 13 90 90


 

Printemps des auteurs à Nice, Corps étranger et Les Suprêmes au TNN:

fluidité esthétique et danse musclée.

La rencontre du texte Corps étranger de Didier Van Cauwelaert ne pouvait qu’inspirer la Compagnie Humaine et son chorégraphe Eric Oberdorff très à l’aise dans la danse-théâtre comme on a déjà pu s’en rendre avec Sarajevo’s Diary . L’intérêt d’une telle rencontre est ce que ce deuxième auteur apporte au texte. Comme on reconnaît la patte d’un peintre ou les couleurs du jardin d’un paysagiste, c’est la sensibilité à l’être humain, la familiarité entre les corps et la créativité d’Oberdorff que nous avons appréciées dans cette adaptation. Les deux danseurs, Cécile Robin Prévallée et Laurent Trincal présentent un délicat travail corporel et spirituel, une danse harmonieuse qui coule comme l’offrande d’un poème, avec les magnifiques corps à corps d’un couple qui se forme et tient en haleine le public. Les tensions, les luttes intimes, les souffrances qu’exprimait dans sa solitude Laurent Trincal disparaissent à l’arrivée de la jeune danseuse. La toujours délicate rencontre de deux êtres parait par moment périlleuse, inespérée mais toujours harmonieuse malgré l’encombrement de la scène par différents plateaux ou peut être grâce à cela. Le musicien Merakhaazan crée tout au long du spectacle un univers singulier, des moments poétiques qui entrent en résonance avec des hésitations et des questions supposées. Parfois les formes de la contrebasse et du corps de la femme se confondent. Une demi-heure de pur régal, de fluidité esthétique.

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Tout à fait différente était la création de Hervé Koubi avec la complicité du texte de Chantal Thomas. Les Suprêmes est un ballet éclatant de lumières, celles d’une boite de nuit avec attractions, fumées et danses électriques. Peu de texte et d’accessoires, juste un micro pour dire très joliment à moment donné, la recherche d’identité, les hésitations, le désir de la danse et des soirées. C’est un spectacle plein de vie, de dynamisme et de couleurs qui montre la puissance et la fragilité masculines, les hésitations entre le football et le travestissement. Il en résulte, une chorégraphie très pure, de grands moments de danse musclée et enlevée avec une musique captivante alors l’art de la nuit triomphe.

 


 

Corps étranger: Didier van Cauwelaert et Eric Oberdorff.

La Compagnie Humaine présente une création d’après un roman de Didier van Cauwelaert, au Printemps des Auteurs au théâtre National de Nice, comment s’est établi le lien avec cet auteur ?

L’idée de ce festival est de créer et de favoriser la rencontre d’auteurs vivant régulièrement à Nice avec des chorégraphes ou metteurs en scène ayant aussi de fortes attaches avec cette ville. Didier van Cauwelaert est d’origine niçoise, en relation avec Daniel Benoin qui a établi le dialogue à ma demande. Je connaissais la personne publique, j’ai lu quelques uns de ses romans et très vite Corps étranger s’est imposé. C’est un roman sur la quête d’identité, sur le retour sur soi. Sur les décisions prises qui ont fait ce que nous sommes devenus…

En quelques mots...?

Il s’agit d’un critique littéraire redouté et redoutable, dont la jeune femme qu’il considère comme l’amour de sa vie est dans le coma suite à un accident, celle-ci va être débranchée. Dans sa jeunesse, il a commis un roman et reçu un succès d’estime, mais a fait d’autres choix. Au décès de la jeune femme, le personnage se trouve face à un problème d’identité, il reçoit une lettre d’une jeune femme belge qui lui dit son admiration pour ce roman de jeunesse. Il adopte le parti pris d’une sorte de fuite en avant, recrée le personnage qu’il aurait pu être s’il avait été écrivain, et sous ce nouvel aspect il rencontre la jeune fille et ils tombent amoureux.

Quelle est la durée de cette adaptation chorégraphique?

La demande du Théâtre est de faire une pièce d’une demi-heure, sans être narratif. L’intérêt est de puiser dans ce roman quelques scènes clefs, quelques interrogations, de me calquer sur cette énergie, et de donner corps aux personnages, par la mise en scène, la gestuelle, les attitudes, les états du corps.

L’énergie, ce sur quoi vous aimez travailler avec la Compagnie Humaine?

Oui, ce qui m’intéresse dans l’écriture chorégraphique, c’est le mouvement juste où l’émotion juste naît de l’énergie juste; à partir de ce moment où le comédien, le danseur, l’interprète arrive à donner l’énergie juste, tout le reste est d’une justesse remarquable.

Etes vous en osmose avec Didier van Cauwelaert?

Je l’espère…Je n’ai toujours pas commencé le travail en studio, j’en suis encore au travail de construction de ma trame, Je sais ce que sera la scène d’entrée, plusieurs choses ont pris forme. J’ai beaucoup travaillé avec le musicien, qui sera sur scène, sur les échanges et la constitution. Merakhaazan joue de la contrebasse électronique ce qui lui permet à l’instar d’un Didier Lockwood, d’enregistrer des boucles, de jouer en surimpressions, en diminuant les couches. J’ai travaillé aussi sur le décor qui sera très simple avec Alexandre Toscani, régisseur de la salle Michel Simon: une installation avec de grosses ampoules aux filaments visibles suspendues à différents endroits, avec des câbles de différentes hauteurs, ce qui créera des espaces pour amener une dimension, une profondeur, offrir l’enveloppe idéale au développement et à la quête d’identité.

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Quels seront les thèmes?

Des faits marquants de ce roman, l’une des scènes va tourner autour de l’état de ce personnage principal, ce critique qui vit en apnée quand sa femme meurt. Il est sclérosé, les muscles et les articulations noués; je vais lier et parler aussi des livres qu’il reçoit et qu’il va maltraiter et critiquer. Une autre scène importante sera celle de la réception de la lettre de la jeune femme belge; par quel truchement ? Peut être une voix off pour induire le changement d’identité et donner le ressenti d’une porte ouverte à un futur complètement différent de ce qu’il aurait pu imaginer. Tout à coup une sorte de bouffée d’air frais… un appel d’air dans lequel il va s’engouffrer. Son corps, son attitude, vont changer. Et puis il y aura la scène de la rencontre, des recherches et des scènes qui vont jalonner mon découpage.

Une demi-heure c’est un peu court pour cela…

Oui, mais en même temps, il y a la place de parler de cette quête d’identité, de cette lutte, de ces interrogations que nous avons tous; sur cette place là, il y a un travail assez délicat, il faut arriver tel un orfèvre à travailler sur les tout petits détails et ne pas céder à la tentation d’en faire trop, éviter le baroque et le surchargé, ici il faut saisir la substantifique moelle…

Quels seront les intervenants?

Deux danseurs, Cécile Robin Prévallée qui danse pour la première fois avec nous et Philippe Trincal, danseur et cofondateur de la Compagnie Humaine, aussi de toutes les aventures depuis 2002; les costumes sont de Philippe Combeau, les lumières de Alexandre Toscani et l’interprétation musicale de Merakhaazan.


Propos recueillis par Brigitte Chéry


TNN Promenade des Arts 06300 Nice tel 04 93 13 90 90

Corps étranger: danse/théâtre

Soirées Du 31 mars-5 avril 2009


 

Aïzan,

Maryline Desbiolles-Jacques Laurent

au TNN.

La Compagnie le Grain de sable prépare pour le Printemps des Auteurs de Nice, Aïzan d’après l’ouvrage de Maryline Desbiolles.

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Aïzan est une jeune adolescente tchétchène, venue à Nice dans le quartier de l’Ariane avec sa mère alors que son père est parti, a levé le camp. Elle aime tout de suite le nom Ariane, au point de le donner à sa sœur imaginaire. Cette jeune fille réfugiée se construit à travers l’Antiquité, la découverte du mythe de Thésée et avec les rencontres des habitants du quartier de cultures différentes. Pour adapter le récit, Jacques Laurent, metteur en scène du spectacle a décidé de garder en grande partie l’écriture de Maryline Desbiolles et de développer la partie onirique par le croisement des disciplines artistiques, la danse, le cirque aérien, la vidéo en incluant un chœur à l’antique. Le personnage d’Aïzan est joué par Maïa Jarville, comédienne-danseuse, Kévin son amoureux par Michaël Vessereau comédien- circassien, la mère d’Aïzan par Lisie Philip chorégraphe. Paul Laurent est chef de chœur et représentant de la cité.

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Beaucoup de choses à découvrir dans ce spectacle, le mouvement dansé des comédiens, la scénographie de Philippe Maurin, le phrasé, et les thèmes de ce conte initiatique. Les tours et la verticalité de la cité. Le travail circassien de Kévin, sa grande vitalité et le poids de sa famille. La difficulté d’être homme de culture du sud dans ce quartier. L’évolution d’Aïzan par la danse, et aussi sa plus grande liberté de vivre. Et si proche de la cité et de ses paraboles, des galets, une cabane, des bois flottés, la présence de la nature, le lieu de rencontre des deux jeunes, ce lieu de liberté, le lit du Paillon qui passe prés de l’Ariane et revient si souvent dans les romans de Maryline Desbiolles.


Brigitte Chéry


 

Aïzan sur un fil de soie.

Belle création au TNN dans un décor Land art pour entendre la poésie du conte Aïzan de Maryline Desbiolles mis en scène par Jacques Laurent.

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La jeune comédienne Maïa Jarville vit et interprète avec fraîcheur et grâce le rôle d’une jeune Tchétchène qui arrive dans le quartier de l’Ariane à Nice avec sa mère. Un quartier dont le nom chante en elle dès qu’elle l’entend, et qui sera son cadre de vie. Aïzan cette petite fille au monde intérieur très riche va devenir adolescente puis jeune fille. Le texte de Maryline Desbiolles coule par la voix d’un conteur, Paul Laurent chef de chœur et celle des autres comédiens.

Sur scène, des images d’immeubles aux multiples antennes, des balcons couverts de linge à sécher illustrent les vues de son quotidien, mais bien présents sur scène dès le début du spectacle, des bois flottés, des galets, un arbre squelette, une cabane, le lit du Paillon, des espaces de liberté agencent l’espace scénique ; Jacques Laurent trouve sa propre écriture onirique en croisant les interventions dansées, la vidéo et les acrobaties pour structurer les rêves de la jeune adolescente. La mythologie, la tragédie grecque, les conversations avec un vieux sage sénégalais, l’intervention comique d’une voisine enchantent et nourrissent l’imaginaire de la petite collégienne et désaltèrent le public.

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Beaucoup de tendresse pour les personnages. La danse et les acrobaties révèlent avec légèreté les premiers émois de la jeune fille et de Kévin, son Thésée. Avec pudeur et réserve, le compagnon de collège tunisien est interprété par le jeune circassien et comédien Michael Vessereau. On appréciera le jeu dansé des comédiens, de belles scènes et des apartés qui font couler la succession des séquences du récit. Des jeux d’ombres et de lumières très poétiques, ainsi que des passages empreints de douceur et de tendresse. Les interventions dansées de Lisie Philip, dans le rôle de la mère, de l’institutrice puis celui inattendu de la voisine corpulente apporte de la force et de l’humour au spectacle. Beaucoup de légèreté dans la mise en scène, des tableaux projetés, des scènes d’équilibriste permettent d’exprimer l’énergie des jeunes comédiens et ponctuent le spectacle. Un spectacle aérien et poétique pour parler des belles choses de la vie et des difficultés de vivre dans un monde de cultures métissées.

Brigitte Chéry


 

Making of de Claire Legendre ou l'humour

noir selon Linda Blanchet au TNN

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Linda Blanchet annonçait un certain humour pour parler de ce polar à l'ambiance glauque, si elle n’en a pas rajouté sur la folie mise en scène dans le texte de Claire Legendre, la salle a été en fait saisie d' un silence plombé soulevé parfois de quelques gémissements de spectateurs. De ce texte sur un reportage d’un journaliste venu à la rencontre d’un réalisateur américain déjanté et totalement amoral, on gardera le souvenir la banalité de la violence toujours prête à renaître, de l’impunité d'un crime, le choc des mots, et un très beau final. De la distance il y en a dans le jeu de Frédéric de Golfiem (Caien Shoeshine) pour interpréter le rôle de ce créateur et réalisateur criminel, dans la voix et les gestes. Dégoût de la vie aussi, manipulation et jeu avec les acteurs, marionnettes humaines. Détachement enfin des comédiens Maija Heiskanen, Jacqueline Scabrini et c’est justement cela qui crée le malaise de ce spectacle qui, si on en connaît le thème ne peut être que noir. Pas de complaisance toutefois, mais la scène est plus cruelle que l’écran, l’on n'y supporte moins bien un meurtre même suggéré et ici il y a la force des mots. C’est cela le miracle du spectacle vivant et lorsqu’il ne parle que de mort, de délire et de folie meurtrière il rejoint les images de l’actualité. Et dérange terriblement. Même malaise que celui ressenti avec les témoignages recueillis par Arthus Bertrand, celui d’une mère rescapée du Rwanda qui dit face à la caméra le meurtre de son enfant coupé en deux sous ses yeux, et pourtant rien de tout cela n'est montré ici dans la pièce mais c’est le même malaise la même gêne que l’on ressent. La même banalisation de la vie et de la mort. On ne sort pas indemne de ce spectacle pas plus que de la lecture de Making of. Linda Blanchet n’a pas choisi la facilité, elle suggère plus qu’elle ne montre le délire, la cruauté ou le côté malsain du réalisateur soit dans l’interview de Bastien (Jonathan Gensburger), le jeu sadique avec Kris, (Michael Allibert), l’arrivée de Britta, ou le meurtre sacrificiel final qui fait penser à Peter Greenaway. Toutefois le spectacle démarre un peu lentement, Bastien le journaliste peine à nous faire rentrer dans le sujet, c’est une question de rythme mais lorsqu’on y est, on voudrait en sortir, jusqu'à ce que l'on soit happé par la résonance de ce ballet sombre et ténébreux.


Brigitte Chéry


Making of: création dans le cadre du printemps des auteurs au TNN, 10 14 mars. Suivra Aïzan de Martine Desbiolles du 17 au 21 mars par la Compagnie Le Grain de Sable, puis du 31 au 5 avril deux Chorégraphies de la Compagnie Humaine et de la Compagnie Hervé Koubi d’après Corps étranger de Didier van Cauwelaert et Les Suprêmes de Chantal Thomas.

 


 

Lien Claire Legendre- Linda Blanchet

pour la création Making of au TNN

Making of? Cela commence comme un polar mais très vite il y a différents niveaux de lecture… explique Linda Blanchet en parlant du premier roman de Claire Legendre qu’elle va adapter à la scène au Théâtre National de Nice du 10 au 14 mars.

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En bref? Un journaliste en quête d’un sujet décapant se rend à New York pour rencontrer un réalisateur du style d’Abel Ferrara, un type un peu déjanté. Il s’introduit chez lui, fait une interview, fouille l’appartement et découvre la vidéo d’une femme morte. Est-ce un film, une fiction ou une réalité? Les rushes dérobés montrent le cadavre d’une grande comédienne Annabella Nova. Fait -elle bien la morte ou est- ce un meurtre? Le questionnement commence sur cela. Le reste est raconté comme un puzzle, chaque chapitre est pris en charge par un personnage, il n’y a pas de suite.

Claire Legendre traite dans tous ses romans du corps monstrueux, du corps objet, dans Viande un pénis pousse à une femme; à tous ses personnages il arrive des choses étranges et monstrueuses. Dans Making of, ce corps intéresse aussi Linda Blanchet «ce corps là, ce corps en décomposition sur le plateau, qu’est ce que l’on peut en faire avec les autres comédiens vivants? Il y a quelque chose d’étrange et d’essentiel et j’ai choisi de faire travailler ces moments de tension des personnages avec le chorégraphe Michaël Allibert. Certains comédiens ont fait des recherches très poussées pour explorer les choses plus loin physiquement et corporellement»

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La vérité se reconstitue par bribes, mais elle est contradictoire et ce qui intéresse Linda Blanchet dans ce polar c’est le suspense, les moments de tension extrêmement théâtraux. Les points de vue différents des personnages seront conservés. Après improvisations et élagages sur le thème du rapport du corps et de la mort, en toute liberté de réécriture, chaque mot dit, est fort. On assistera à une sorte de fétichisme du corps avec des jeux de focus sur différents endroits genoux, bras.., sur la machine corps, avec des recherches de compréhension de l’intime. Tout est mis en œuvre pour un corps parlant, dit Michaël Allibert.

Des flashs back aussi pour la reconstitution du crime, des gestes avec très peu de mots qui font décalages et provoquent l’humour

Dans cette adaptation libre, pas de noirceur au premier degré, pas de complaisance. Choix d’un jeu distancié et décalé. Cinq comédiens d’horizons, de cultures et de physiques différents: Lila Aissaoui, Michaël Allibert, Johathan Gensburger, Frédéric de Golfiem, Maija Heiskanen pour recréer le monde glauque d’un studio sordide new-yorkais et peut être retrouver l’empreinte et l’angle de lumière si particulier des romans de Claire Legendre.


Brigitte Chéry


Compagnie Hanna R: mise en scène Linda Blanchet

Making of: de Claire Legendre, HC éditions Hors commerce

TNN Promenade des Arts: Salle Michel Simon

10 au 14 mars 2009

Tel 04 93 13 90 90