Le collectif Russe AES+F, invité du Royal Monceau - Raffles Paris.

PDFImprimerEnvoyer

A l’instar d’une poupée russe, vous pourrez découvrir l’œuvre du collectif d’AES+F The feast of Trimalchio, dans la toute nouvelle galerie Art District du fraîchement relooké Royal Monceau – Raffles Paris.

 

collectif

L’Art District se veut une galerie d’art contemporain, vitrine d'artistes émergents du monde entier. Avec quatre expositions annuelles, elle entend mener à bien sa mission en créant un espace ouvert dans l’aile droite du Palace qui l’abrite. Le long couloir qui prolonge l’exposition bordant les salons feutrés de l’hôtel jusqu’à la libraire d’art située à son extrémité installe définitivement la galerie dans le projet poético-moderne de cet hôtel de luxe au sein duquel le designer Philippe Stark a pu laisser sa marque de génie s’exprimer jusqu’aux moindres détails… Une salle de cinéma Les Lumières accueille également les œuvres des artistes travaillant avec le multimédia.

collectif

La première exposition s’intéresse au travail du collectif russe AES+F alliant différentes formes d’arts plastiques, en l’occurrence pour ce projet, photo, peinture et vidéo. Trois ans de labeur furent nécessaire pour accoucher du projet The feast of Trimalchio, qui doit se lire comme une transposition moderne d’un épisode du roman Satiricon du poète latin Pétrone. Les fêtes orgiaques organisées par l’esclave affranchi Trimalchio se transforment ainsi sous l’œil de la caméra et la plume du pinceau numérique en une allégorie de paradis (enfers ?) artificiels futuristes. Ici, les anges d’un blanc plus qu’immaculé portent tenues d’infirmiers, cuisiniers, joueurs de tennis ou de golf, les touristes des costumes d’apaches ou d’autres personnages folkloriques, isolés, le regard ailleurs, figés dans leur représentation aseptisée, hygiéniste, sous une lumière presque aveuglante. Les sujets traités dans chacun des tableaux peuvent évoquer une allégorie des nouvelles formes de tourisme, de consommation, de domination, de guerre, à travers les divers continents. L’objectif est atteint : l’horripilante apparente neutralité des tableaux monumentaux vous glace le sang, malgré l’humour que certains visiteurs pourront déceler. Le grain de la photo, la plastification des tableaux et la superposition de collages numériques savants (non visibles au premier coup d’œil), donne la sensation d’une 3D. L’irréalité est provoquée par le montage l’association de personnages réels dans un décor numérique. La prouesse technique est sans nul doute le film, point d’orgue de ce projet artistique salué lors de la 3e biennale de Venise. Réalisé uniquement à partir de photos prises en rafale pour décomposer les mouvements des modèles (vivants !) replacés ensuite dans le décor fictif. L’impression étrange de voir un film d’animation mais avec des êtres humains réels qui s’animent comme des automates. Là aussi le malaise s’installe comme pour les tableaux. Où va le réel ? Quels types de monstres aux figures aimables sommes-nous en train de créer ?


Exposition du 11 mai au 25 juin 2011

Entrée libre Le Royal Monceau – Raffles 37-41 avenue Hoche 75008 Paris

M° Charles de Gaulle Etoile

Pour plus d’informations sur les horaires de la galerie et de la projection des films : http://www.leroyalmonceau.com/#/fr/a/21/l-hotel/160/l-art-au-royal-monceau/215/art-disctrict/


Aurèle M.