Deux expositions de printemps à la Fondation Mæght

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L'une, historique « l'abstraction en Europe le choix d'un collectionneur allemand », remarquablement mise en scène par son commissaire Markus Mueller, Conservateur au musée Picasso de Münster en Allemagne réunit plus de 80 œuvres (dessins, peintures, sculptures) d'une trentaine d'artistes, la plupart célèbres, mais avec quelques découvertes de noms moins connus fruits de quarante ans de collection. Nous voici plongés dans l'extraordinaire période de création qu'a vécu l'Europe dans la première moitié du vingtième siècle.

 

 

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Les avants gardes russes tiennent une place importante en ce qu'ils constituent le principal mouvement révolutionnaire dans les idées (1905 -1910) avant la révolution de 1917. Autour de 1900, la révolution industrielle se heurte à une société Russe archaïque, figée depuis des siècles, qui finit par craquer de toute part. Les contacts avec les artistes de l'Europe de l'ouest sont fréquents, notamment avec la France qui jouit en ce début de siècle d'un immense prestige dans l’intelligentsia russe, mais dont les artistes les plus emblématiques ne sont pas, à cette époque, dans l'abstraction. L'exposition insiste donc sur les influences allemandes, néerlandaises (de Stijl) le futurisme italien, l'abstraction géométrique, le constructivisme (Vassily Kadinsky), les artistes du Bauhaus, l'abstraction géométrique, jusqu'au suprématisme, cette autre voie de la création non figurative de l'art Russe qui croise dans les années vingt le constructivisme. Malevitch proclamait, en 1916 « la fin de la figuration »

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Cette exposition qui souligne la synthèse entre l'art et l'architecture, nous parait particulièrement bienvenue dans une région, la Côte d'Azur, où les institutions et les musées présentent très peu d'œuvres de ces mouvements abstraits.

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Rappelons que la Fondation Mæght avait, durant l'été 2003, présenté une magnifique exposition intitulée « la Russie et les avant-gardes » qui ne se limitait pas seulement à l'abstraction.

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La deuxième exposition « Monomental », consacrée à Erik Dietman, nous transporte à la fin du vingtième siècle, dans la dernière partie de la vie de cet artiste, disparu en 2002.

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Né en Suède en 1937, Erik Dietman arrive en France en 1959 où il côtoie tous les mouvements artistiques (Nouveaux réalistes, Fluxus, etc.) sans jamais s'inféoder ni à l'un ni à l'autre. Olivier Kaeppelin, le commissaire de l'exposition souligne son originalité, sa grande indépendance et le présente comme un artiste faisant l'éloge de la singularité. Erik Dietman a vécu toute sa vie en marge, cultivant naturellement une attitude et un art de vivre emprunt d'une poésie truculente et pleine d'humour. L'art et la vie sont pour lui intimement mêlés. Cela se retrouve à travers la plupart des œuvres présentées qui, notons le, sont postérieures à la période ou il vivait sur la Côte d'Azur. Grands dessins, sculptures, installations, témoignent de l'éclectisme de cet artiste touche à tout, aussi à l'aise avec la pierre, le métal, le marbre, même le bois dans un délire ou l'absurde, le paradoxe, la mort sont tour à tour convoqués. Une exposition réjouissante parfaitement mise en scène !

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Rappelons qu'une exposition lui avait été consacrée en 2000 au MAMAC de Nice.

Jusqu'au 13 juin Fondation Marguerite et Aimé Maeght, 623, chemin des Gardettes, 06570 Saint Paul de Vence. www.fondation-maeght.com


C.D