Le rossignol numérique

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La galerie Depardieu est coutumière des expositions hors du commun ! Elle nous présente actuellement et jusqu’au 13 février, Bernard Pourrière, un amoureux fou du son. Il le numérise, enregistre des bruits, la nature, le chant des oiseaux, puis avec un ordinateur accélère ou au contraire ralenti la vitesse de débit de ses enregistrements. Cela rappellera à certains le jeu qui consistait à écouter un album 33 tours sur 45 ou 78 tours.

 

(c) Bernard Pourrière

Bernard va beaucoup plus loin et son rossignol charme la galerie de son chant mélodieux. C’est à s’y tromper. Des hauts parleurs sont accrochées aux cimaises et disposées au sol. Des photos, des planches contacts (encore un clin d’œil aux souvenirs), les vidéos dont le tabouret tournant et grinçant, l’homme coincé sous une table, prenez les écouteurs, c’est du morse, l’écho sonar d’un sous marin, mais tout est truqué, illusion. Bernard Pourrière nous parle de ses sons : « C’est un rapport art sciences, la lecture des ouvrages de Dominique Lestel, un scientifique m’a inspiré et fasciné. Les animaux, la vie, la nature et ce moyen que l’on a de transformer aujourd’hui le vivant ». Bernard Pourrière utilise avec brio les nouvelles technologies, comment pourrait-on définir cet artiste ? Il nous répond sans hésiter : « Un plasticien qui fait du son ! » Les photos selon lui créent un graphisme sonore avec le couple image son. Il revient sur les découvertes scientifiques et les manipulations du vivant. Il n’est pas un apprenti sorcier, mais un magicien du son. Est-ce le mouvement qui créé le son ou le son qui initie le mouvement ? Pour lui c’est les deux. Bernard libère le mouvement dans l’espace, là où se propagent les sons. Alors, en effet : son et mouvement sont indissociables. Le visiteur fera un merveilleux voyage dans l’atmosphère virtuelle d’un jardin des oiseaux, le rossignol chante et fascine nos sens. Son récital résonnera en écho, longtemps après votre visite.
A ne pas manquer.

par T. Jan