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pour Non Objectif Sud

 

Non Objectif Sud s’inscrit dans le champ de l’art contemporain par une démarche alternative originale. Pour collecter les fonds nécessaires à son fonctionnement, cette association à but non lucratif donnera lieu le 2 Mai 2011 à New York à une silent auction où seront mises en vente des œuvres de plus de soixante dix artistes contemporains dont Olivier Mosset, Cédric Teisseire, Massimiliano Baldassari, Francisco da Mata, Dan Walsh, Vincent Szarek, Don Voisine…

 

affiche

Initiative remarquable que celle d’Andrew Huston, artiste américain vivant et travaillant à Brooklin et de sa compagne Karole Vail, conservatrice du Solomon R. Guggenheim Museum de New York. Fondateurs de Non Objectif Sud (NOS), ils organisent chaque année une vente aux enchères silencieuse qui diffère radicalement des ventes traditionnelles du marché de l’art.

Non-Objectif Sud (NOS) est une 501 (c) 3 non-profit organization, qui a été conçue dans l’intention d’inviter artistes et commissaires d’exposition à organiser ensemble des résidences d’artistes et des expositions collectives. NOS soutient et encourage ainsi nombre de pratiques artistiques et d’initiatives évènementielles et contribue de fait à l'élargissement du champ de l'art contemporain et à sa diffusion, portant l'accent sur l'art non objectif qui s’exprime dans des médias aussi différenciés que la peinture, le dessin, la sculpture, les installations, la photographie, les vidéos.

NOS

Loin de l’agitation new-yorkaise, NOS donne à voir dans le sud de la France de l'art contemporain dans un cadre bucolique, hors des exigences drastiques des principaux centres d’art urbains internationaux. Les programmes d'exposition et de résidence se déroulent à Tulette, dans la campagne drômoise. Artistes et conservateurs de différents horizons et nationalités collaborent chaque année à des projets spécifiques dans une ambiance collégiale propice à la créativité. Le point culminant de chaque événement est atteint le jour de l'inauguration de l’exposition qui demeure ouverte au public durant tout l’été. Expositions et résidences sont documentées par un catalogue édité et publié par NOS dans un effort concerté pour contribuer à la promotion des artistes et soutenir leur travail.

Pour financer ses projets, NOS organise à New York une prestation annuelle qui s’appuie sur ces évènements et propose l’acquisition, lors d’un encan silencieux, d’œuvres qui ont été données par les artistes. Cette vente aux enchères, accessible avec un billet d’entrée, est ouverte aux collectionneurs d'art, aux professionnels et au grand public.

Pour chaque exposition, NOS assure l’intégralité des opérations de logistique et de soutien, de gestion, de préparation et d'installation, d’édition et de promotion des événements d'ouverture.

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La dernière exposition en date était consacrée aux productions d’ artistes de culture francophone, vivant et travaillant dans la région Rhône Alpes-Provence Côte d’azur, dont Alexandra Guillot, Cédric Teisseire, Colombe Marcasiano, Guillaume Millet, Ingrid Maria Sinibaldi, Wilson Trouvé, Roland Orepük…

De New-York à la Drôme provençale,

l’histoire d’une alternative

Sur les vignes à perte de vue et les murs de pierre sèche, éclate une « lumière à gros bouillons 1 ». De grands ormes, animés par ses feux et ses jeux métalliques, se donnent des allures de mobiles de Calder. Le ciel, monochrome, tangue et vacille dans l’ardeur estivale. Pour offrir à la convivialité de l’endroit une ombre accrue, un platane séculaire étire ses membres alourdis par les ans. Alentour, le chant convenu des cigales prend des résonances de mantras et se fait pulsation du monde… C’est ici, au bout du chemin, dans ce lieu où l’esprit est mis en état de grâce, que la grande aventure de NOS 2 a commencé. Il y a cinq ans déjà…

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Ici, c’est La Barralière, un mas tapi au cœur de la Drôme provençale, où Karole Vail et Andrew Huston 2 ont choisi de dédier à l’art contemporain et plus particulièrement à ses tendances non-objectives, un vaste espace aux murs bruts, dont la sobriété touche à la somptuosité. Dans l’éthique des kunsthalle, rien n’est figé ni définitif : assorti d’une résidence d’artistes, il est aussi le creuset où s’élabore le discours des expositions collectives temporaires. Démarche novatrice, au levant de tous les possibles et dépourvue de toute visée lucrative, posée en contrepoint aux galeries et aux institutions, loin des mégapoles et des aberrations du marché de l’art. Entreprise audacieuse et fédératrice, poursuivie avec pertinence, courage et résolution, dans une contrée toujours « habitée par les dieux qui parlent dans le soleil 1 » et où le mistral scande encore les vers du Canzoniere de Pétrarque…

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C’est ici, aux confins de cette Provence adoubée par la mer mère de l’humanité dans une étreinte mythique, qu’artistes et curateurs se retrouvent chaque été pour organiser l’événement. Sous l’égide des géants. Car, dans sa nudité étincelante, la belle, altière, a toujours interpellé le regard des avant-gardes. De Van Gogh à Cézanne et à Picasso, les précurseurs et les instigateurs de la modernité y ont biffé de leurs traits décisifs les ciels de l’art. Ouvrant de fait une voie royale au génie iconoclaste qui allait abolir la figuration et porter la peinture à son « degré zéro ». C’est dans ce continuum initié par Kandinski, Malévitch, Mondrian et Rodtchenko et pérennisé par Stella, Rothko, Sol Lewitt, Newman, Morellet et bien d’autres, que s’inscrivent aujourd’hui les tenants de l’art réductif. Et, lorsqu’invités à La Barralière, ils s’approprient l’espace qui leur est dévolu pour un temps, ils collaborent, à l’instar d’Armleder et de Mosset, à la mise en adéquation de leurs visions singulières dans l’ici et maintenant . Avec la rigueur et la jubilation que confère à l’esprit le renoncement à ce qui n’atteint pas à l’essentiel.

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Dans ces moments d’exception, orchestrés chaque année avec maestria, les pratiques les plus diversifiées s’accordent à la magnificence des lieux et établissent entre elles un improbable dialogue, rendu toutefois possible par l’intégrité et l’exigence de qualité de chacun des protagonistes. Conversation silencieuse qui, in extenso, demeure ouverte à tous, qu’ils soient plasticiens, organisateurs ou amateurs éclairés. Mais que le néophyte se rassure. Il est lui aussi convié à y prendre part et peut entamer sereinement le parcours qui lui est proposé : à La Barralière, le dogmatisme n’est pas de mise. Dans cette esthétique rigoureuse du less is more, s’il consent à s’en tenir à l’aphorisme de Frank Stella,  « What you see is what you see », le paradoxe  opérera : il sera mis d’entrée de jeu en situation d’acteur par une spiritualité ambiante légère et joyeuse comme la brise de juillet. Et c’est lui-même qui, de wall paintings en installations in situ, chargera de sens les œuvres auxquelles il se confrontera à l’envi. En toute liberté. Et en confiance. D’autant l’exposition de l’été usurpe le titre éponyme de l’œuvre inaugurale de Damien Sorrentino et s’intitule : le beau le bien le vrai ... »


Catherine Mathis


(Extrait du texte du catalogue de l’exposition Le beau, le bien, le vrai, Tulette, 2010

Reproduit avec l’aimable autorisation de NOS)

  1. Albert Camus, Noces, 1938. Paris : Gallimard, collection Folio, 1959, p 11.

  2. NOS (Non-Objectif Sud) a été fondé en 2005 par Karole Vail et Andrew Huston.

 

Non Objectif Sud

La Barralière

Chemin de Visan

26790 - Tulette (France)

www.nonobjectifsud.org