Entretien avec Charlelie Couture

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Charlelie Couture se produisait le 12 février à Nice au Théâtre Lino Ventura dans le cadre d'une tournée à travers toute la France, promouvant son dernier album « Fort Rêveur ». Parallèlement à sa carrière de chanteur, il mène une activité importante d'artiste plasticien, peu reconnue en France mais certainement d'avantage aux États-Unis où il s'est installé depuis 2004. Cet entretien par échange électronique, quelques jours après le concert, nous donne l'occasion d'évoquer son expérience artistique pluridisciplinaire.
album
Géraldine Martin : On vous connait d'abord en France comme auteur-compositeur interprète mais vous êtes autant impliqué dans une pratique artistique de plasticien utilisant d'ailleurs plusieurs médiums artistiques : peinture, photos, dessins, sculpture, arts numériques, etc. Est-ce essentiel pour vous d'utiliser autant de médiums artistiques ?

Charlelie Couture : il se trouve que j'ai appris différentes techniques. Chacune me permet d'exprimer des choses différentes.

Est-ce quelque chose qui semble définir votre démarche d'artiste ?
Oui, en effet !

De quelle manière ?
Je choisis le médium en fonction de ce que j'ai à dire comme on choisit un outil en fonction de la tâche. On confond souvent la maîtrise de la manière, avec l'intuition de l'inspiration.

Votre travail (en art visuel) met, semble-t-il à jour un rapport spécifique à la réalité ; comment pourriez-vous le définir ?
Je ne sais pas. Quelqu'un a parlé d'abstraction narrative, un autre de néo-constructiviste. Je ne sais pas si les artistes sont les mieux placés pour se définir. Je réfléchis en agissant autour de l'idée d'interprétation du réel... Philippe Cyroulnick en parle assez bien dans le livre Follow the line sorti en Septembre 2010.

Pensez-vous que votre sensibilité de musicien vous donne une approche particulière ?
La musique donne un relief, elle donne un sens à l'espace. Je n'utilise pas cela directement dans mes œuvres visuelles. S'ils remontent jusqu'à mon cerveau reptilien, les psychanalystes y trouveront peut-être quelque chose ?

Votre installation à New York a-t-elle été motivée par des raisons artistiques ?
Oui. En effet, c'était lié à un besoin de faire sortir de moi autre chose.

Cela a-t-il changé fondamentalement votre manière de travailler ? Cela a-t-il eu une influence particulière sur votre travail ?
Oui, énorme. D'abord une question d'échelle, et puis une sorte d'exigence placée ailleurs. Moins sur la forme que sur le fond, une sorte de retour à l'essentiel.

Vous avez ouvert une galerie à New York où vous présentez vos œuvres mais aussi celles d'autres artistes.
Oui c'est tout nouveau !

Sur quoi vous fondez vos choix d'artistes ?
Je ne peux ni ne veux établir de barème. J'exposerai de temps en temps des artistes New Yorkais dont j'aime le travail. Quand je ne suis pas là, je préfère que ma galerie soit une vitrine ouverte plutôt qu'un rideau de fer.

Vous y présentez par exemple en ce moment Marianne Garnier...
Oui, excellente et Manuel Geerinck aussi.

Quels sont les chocs artistiques qui ont marqué votre parcours de plasticien ?
Keith Haring - Cy Twomby – Kandinsky - Tapies – Vialat - Rauschenberg – Dubuffet...

Avez-vous des expositions de prévues prochainement ?
Quand je suis à New York je présente mon travail.

Pour finir, nous pouvons aborder l'autre pan de vos activités artistiques, la musique : vous venez de sortir un opus « Fort Rêveur ». De quoi s'inspire la musique, les chansons ?
Je suis un écran radar sur lequel apparaît l'écho des choses qui me touchent.

Vous y abordez certaines thématiques ?
Je crois avoir constaté que je choisis l'écriture pour raconter des histoires. Celles-ci sont écrites comme des fables. Elles parlent de l'humain dans son contexte.

Pourquoi ce titre ?
Il reflète assez bien la dualité qui me compose et le jeu de mots donne un sens pérenne à cela.

Propos recueillis par échange électronique le 15 février 2011

http://www.charlelie-artspace.com/
http://www.myspace.com/charleliecouture