DAVID LACHAPELLE : DU POP ART A LA PROVOCATION

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Pendant 4 ans, la réalisatrice allemande Hilka Sinning a suivi le célèbre photographe américain David LaChapelle. Il en résulte un DVD qui sera en en vente le 5 avril. Une plongée de 45 minutes dans l'usine de fabrication des images immédiatement reconnaissables d'un artiste connu en France, notamment par la rétrospective à la Monnaie de Paris qui a eu lieu l'an dernier avec environ 200 œuvres présentées et grâce aux nombreuses pages qui lui ont été consacrées dans des magazines de photographie.

 

David LaChapelle s'est fait connaître pendant une vingtaine d'années par ses photographies de mode et ses portraits de célébrités. Délaissant l'univers des journaux et de la publicité, il réalise désormais des images fortes, controversées, chargées de sens, dans lesquelles il interroge avec une grande acuité la société de consommation, la mort, la religion…

Doté d'une imagination débordante et d'une grande inventivité dans ses mises en scènes hollywoodiennes, style années 80, ses photos sophistiquées peuvent être qualifiées de : Kitsch, mauvais goût, glamour avec des couleurs agressives, des poses suggestives jusqu'au porno chic... David LaChapelle est bien dans la filiation d'Andy Warhol, son mentor. Il pousse encore plus loin l'ambiguïté de sa dénonciation de la société d'hyper consommation. Ses images sont des signes néo-pop, qui, en quelque sorte, remplacent le réel. (Il réalise aussi des installations 3D, assemblages de cartons encollés de photos de voitures accidentées).




David LaChapelle fait de nombreuses incursions dans l'histoire de l'art et on peut reconnaître dans ses photos des citations évidentes de Michel-Ange, de peintres italiens de la renaissance, de Jérôme Bosch, de Magritte, de Max Ernst, etc.

Le résultat est pourtant très contemporain, à l'opposé d'un art abstrait. Dans son interprétation symbolique de la ville, dans ses fresques, dans sa glorification du village planétaire, tout est emprunt d'une religiosité incarnant le moment présent, tout à fait dans l'air du temps.

(cf. La Sainte ignorance d'Olivier Roy)

Par contre, comment le croire lorsque qu'il joue le modeste pendant tout ce DVD à sa gloire ? Dans ce documentaire, tout nous dit le contraire. Les signes bling bling sont omniprésents : Rolls Royce, lieux emblématiques de la Jet Set, modèles féminins à la plastique parfaite que l'on devine payés très cher, nombreux assistants, tous très compétents, séances de photos endiablées, décors pharaoniques, lofts et ateliers très professionnels, matériel photographique ultra sophistiqué... Lorsqu'un assistant le décrit comme un artiste instinctif, dépourvu de toute connaissance technique, incapable nous dit-il de distinguer un grand angle d'un objectif normal, de qui se moque-t-on ?

25 € (références)

Christian Depardieu