Max Ernst

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Cette exposition de 196 gravures et lithographies et de 26 livres a été organisée par l’Institut pour les relations culturelles avec l’étranger de Stuttgart (IFA), conçue par Werner Spies et Winfriede Konnert. Elle est proposée par la Maison de Heidelberg dans le cadre des échanges culturels franco-allemands avec Montpellier.

On connaît bien le travail de collage mis en place par Max Ernst et son rapport permanent à l’œuvre croisée puisqu’il a travaillé avec de nombreux poètes comme Antonin Artaud, Paul Eluard, Benjamin Peret, Tristan Tzara, sans oublier André Breton qui pensait qu’il était en fait le seul artiste qualifiable de surréaliste. Sans oublier une approche plus personnelle comme La femme 100 têtes et Une semaine de bonté ou les sept éléments capitaux où les légendes de l’écrivain Max se tressent avec les collages du peintre Ernst. Il est certain que Max Ernst est l’inventeur à la fois de nombreuses techniques comme le frottage, découvert à partir de 1925 et de l’utilisation des collages avec des matériaux de tous ordres comme les images de revue, photographies, papiers peints, etc. qui lui permettront de remplir son rôle dans le mouvement Dada avant de glisser vers le Surréalisme. Par son pouvoir évocateur d’un monde souterrain, de la mise en place d’une narration novatrice et à nul autre pareille à son époque, Ernst a pleinement participé aux constructions de l’avant-garde et a balisé notre modernité de repères facilement réutilisables. Je rappellerai simplement que Michel Butor, qui fête ses quatre-vingts ans cette année, écrivait son premier poème critique en 1945, dans la revue Vrille, sur un certain Ernst et qu’il continuera par la suite dans un article remarquable intitulé ce que dit la femme 100 têtes qui commence paradoxalement ainsi : « J’ai toujours été impressionné par le génie littéraire de Max Ernst… » A vos ciseaux !

 

par Christian Skimao

Exposition Max Ernst, Œuvres graphiques
Carré Sainte-Anne
Rue Philippy Montpellier
Jusqu’au 16 avril 2006