Le nouveau règne de Marielle Lévêque

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Longtemps, Marielle Lévêque s’est confrontée à ses monstres. Elle leur a donné forme dans des compositions plus grandes qu’elle, où peu à peu, elle les a domptés. Alliant force et douceur, l’artiste a démontré sa parfaite maîtrise de moyens picturaux comme le pastel ou la peinture à l’huile sur des toiles souvent immenses.

 

Comme à son insu et sans l’avoir prémédité, l’artiste a fait surgir de la riche matière colorée des créatures mi-animales mi-humaines, donnant ces dernières années à ses observateurs tout loisir d’identifier des êtres issus d’antiques mythologies ou des phantasmes oniriques plus ou moins familiers.

 

Levêque

A présent, les formes reconnaissables dans les compositions de ce peintre ne s’apparentent plus tant au règne animal mais de façon insistante et sans ambiguïté au règne minéral : caillou, pavé ou météorite selon grosseur. En pleine recherche plastique autant que sémantique, Marielle Lévêque s’est engagée dans une démarche radicalement novatrice dans sa pratique. Histoire de se défier soi-même tout en se redonnant du goût à l’ouvrage !

Levêque

Depuis quelques mois, l’artiste se passionne pour un procédé développé par le peintre Degas à la fin du 19° siècle : le monotype. Comme un graveur, elle enduit sa plaque d‘encre d’imprimerie ou de peinture à l’huile, puis, comme un peintre, elle trace en enlevant de la matière picturale, enfin, comme un imprimeur, de tout son poids elle presse le papier ou la toile couché sur la plaque. En retournant la feuille, Marielle découvre alors une estampe unique, œuvre inédite et méconnaissable. En effet sa composition lui apparaît inversée, son tracé se lit en blanc de réserve et les couleurs transférées se sont estompées. Une même couleur se décline avec des nuances dues aux variations de pression des mains au dos du papier tandis que d’infimes traces trahissent les outils choisis, souvent improvisés, pour enduire la plaque. Libre à l’auteur du monotype de continuer le travail en tant que peintre en ajoutant du pastel, de la peinture à l’huile ou même de l’encre de Chine.

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Pour tout peintre de formation classique, la facilité est un danger… La parade consiste à se remettre en question par exemple en abordant une technique inexplorée. Les résultats sont sous nos yeux, impressionnants ! Riches, variées, sensibles et toujours monumentales quel qu’en soit le format, les compositions récentes de l’artiste sont plus sobres, presque monochromes, plus abstraites. Elle a su se garder tout à la fois du piège de la virtuosité technique et de celui de la narration pseudo-fantastique.

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En remontant plus loin dans son archéologie personnelle, ce ne sont plus des êtres préhistoriques que l’artiste a rencontrés, mais des masses en suspension, des formes fossiles issues de mondes en formation, là Marielle Lévêque se tient « encore plus près de la création » selon le vœu du peintre Paul Klee.


Sylvie Bureau

 

Pour voir le catalogue de Marielle Levêque : cliquez ici


Galerie Médiart l’Art du Vivant

Odile Van Ray présente « Turbulences »

Marielle Lévêque Peintures et monotypes

109 rue Quincampoix 75003 Paris Tel : 01 42 78 44 93

Du mardi au vendredi de 12h à 19h samedi 14h à 19h

Du 1er au 19 mars 2011


Exposition à Séoul Galerie K

Commissaire de l’exposition Kim Chong Geun

Du 15 au 22 mars 2011


Galerie Sens intérieur

83310 Cogolin