La rondine de Puccini à Toulon constitue une belle surprise !

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Les possibilités de retrouver La Rondine écrite en 1915 par Puccini pour le Karltheater de Vienne, mais créé en 1917 à Monte Carlo sont devenues rares. Saluons ici la courageuse programmation de Claude-Henri Bonnet, inventive et surprenante.

 

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Inclassable, la Rondine est une comédie lyrique en trois actes à la fois divertissante et bouleversante. Musicalement on y ressent des réminiscences musicales de Franz Lehar et Richard Strauss. Puccini signe là un chef d’œuvre lyrique qui mériterait de trouver sa place aux côtés de la Bohème, de la Tosca ou de Turandot.

La production présentée sur la scène toulonnaise nous vient du Théâtre del Giglio de Lucca dont la mise en scène efficace est confiée à Gino Zampieri qui évolue dans un classicisme gentiment éprouvé restituant à l’œuvre son caractère un tantinet désuet.

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Les décors et costumes d’époque de Rosanna Monti, bien éclairés par Jean-Claude Asquié participent de cette impression. Sur le plan scénique, Gino Zampieri signe un second acte chez Bullier réjouissant et plein de vie mettant en lumières de belle façon le bal fréquenté par les étudiants et les grisettes agréablement chorégraphié par Giulia Menicucci. l’Orchestre de l’Opéra, sous la direction avisée et inspirée de Giuliano Carella, son directeur musical, apparaît en belle forme. Il livre une lecture précise, soucieuse de restituer la délicatesse et le lyrisme de cette partition... A en oublier les sempiternels décalages coutumiers de cette maison entre le chœur et la fosse !

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Quant aux chanteurs, une belle homogénéité apparaît, comme souvent dans ce temple varois du lyrique. La soprano romaine Maria Luigia Borsi n'a aucune difficulté à endosser les atours successifs de la femme entretenue et de la fausse ingénue qui sied au personnage de Magda, souvenir d’une certaine Violetta... Cette Magda est efficace. À une présence scénique séduisante, la soprano ajoute des pianissimi éthérés, un phrasé varié et nuancé. Elle lui prête une voix saine. Il lui manque juste de longues tenues dans le souffle pour que sa Magda soit idéale.

On se délecte de la Lisette de Rosanna Savoia dont on se souvient de sa belle Gilda sur cette même scène. Cette soubrette, petite sœur de Musette, se trouve magnifiée et bien dotée vocalement. Le trio Christine Rigaud, Liliana Faraon et Sophie Pondjiclis se distingue par son brio. L’équipe masculine se révèle à la hauteur. Le ténor belge Marc Laho offre un timbre rayonnant à Ruggero. Son personnage est à la fois viril et tendre. Il joue la carte du naturel et de la clarté (de la projection, de la ligne).

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Dommage que le poète (Prunier) du ténor napolitain Francesco Marsiglia à l’émission nasale ne soit pas à la hauteur d’une Lisette impeccable. Ses duos avec Magda surtout dans l’acte III sont de très beaux moments vibrants d’émotion. Ce Prunier est court aux deux extrémités. Pour être complet, signalons le correct Rambaldo de Vincenzo Taormina.

www.operadetoulon.fr

Sergio. Alexandre

Notons le concert lyrique de June Anderson le 11 mars puis Linda di Chamounix de Donizetti les 25 et 27 mars.