Louis Chacallis

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La galerie Sapone est certainement la galerie plus importante de la Côte d'Azur. Contrairement à d'autres succursales de galeries installées de Monaco à Saint Paul de Vence, dont le quartier général est ailleurs, Antonio Sapone installé à Nice depuis toujours, poursuit avec constance un travail en profondeur sur les artistes qu'il représente, certains depuis fort longtemps.

 

L’exposition actuelle (automne 2010) présente le travail assidu mené depuis plusieurs décennies par Louis Chacallis sur la figure humaine.

« Quadriparticrux et Honorables armures » de Louis Chacallis

Dans toutes les civilisations, les peaux humaines puis les peaux d’animaux ont servi de premier support au besoin de représentation, probablement même avant les peintures ou les gravures rupestres.

Chacallis travaille sur cette enveloppe de peau, notre partie visible, délaissant la chair et cet intérieur de notre corps peu ragoûtant que nous donne à voir Damien Hirst.

Des matériaux très simples comme la toile et le papier, le chiffon, substituts de peau, permettent à Chacallis de représenter ces enveloppes vides et pendantes comme si l’occupant s’en était dépouillé pour aller vers d’autres destins.

Ses pantins articulés, apparences vides et dé-charnées aux éléments reliés par des bouts de ficelle nous observent, figées mais potentiellement actifs.

chacallis

Une œuvre condense ce rapprochement entre peau et peinture Boogie-Woogie. Elle représente un personnage articulé dont chaque élément est une petite toile sur châssis, des petits tableaux de couleurs formant les différentes parties du corps humain.

Mannequins, armures, figurines ancestrales, marionnettes, Chacallis traverse les périodes et les civilisations : dieux antiques d’Egypte, figures christiques, Indiens d’Amérique, Derviches, cherchant dans chacune la figure archétypale, celle qui s’impose encore à la mémoire quand on a tout oublié.

Les fils (ceux de la mémoire ?) toujours présents, attachent, relient, pendent et donnent à chaque personnage cette potentialité limitée de mouvement.

Une réflexion sur le corps, l’apparence, l’enveloppe, le masque (voir sa série de masques empilés comme autant d’expressions ou celle des visages qui pleurent mille larmes coulantes).

A travers des œuvres denses et hybrides, Chacallis nous fait sentir une dimension supplémentaire de la peinture : « dépassant le plan en donnant au geste les trois dimensions de l’objet avec comme référent le corps humain ».


C.D.