VOL AU DESSUS D’UN NID DE FESTIVALS

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Commençons par les ballets ! Chacun voudra bien l’interpréter à sa guise, mais l’objet du même nom, bien qu’ayant une orthographe différente, est bien le vecteur de certains survols. Il n’en reste pas moins que parmi le calendrier de l’acte 111 des ballets de Monte- Carlo,” Liquid LofT” de Chris Haring nous a parfaitement fasciné.

 

Dans un décor minimaliste mouvant, le talent des acteurs couplé à celui du chorégraphe porte au sublime le corps fragile de l’humanité, enfermé dans un univers sonore contemporain.

Il n’est pas aisé de décrire les tableaux successifs qui n’accordent point de répit au spectateur. Comment décrire l’usage d’une technologie sonore et lumineuse qui sous -tend cette œuvre magistrale et la portent au sommet de l’étonnement, comment décrire ce « radeau de la méduse » vivant, comment décrire ces sculptures corporelles et ces faciés presque simiesques, ces postures d’insectes humains et ces scènes à la Louise Bourgeois. Comment décrire ces tableaux à la Bacon et enfin comment nommer cette tragi-comédie à la Dante et in finè, après 90 minutes ininterrompues de douleur exquise infinie, comment ne pas se livrer au silence méditatif d’un spectacle d’une profondeur totale et se replier sur soi dans les jardins du monastère de Cimiez l’un des lieux notoires de méditation niçois qui résonne encore de la présence des Moines Franciscains de l’observance, Monastère dont le cloître est tout entier rempli par les prestigieux concerts pour le grand bonheur de ces lieux et des végétaux qui y vivent et l’organisent en petit paradis.

C’est là même que résonnèrent les cordes du très fameux et jeune quatuor Modigliani entourant le brillant violoniste Olivier Charlier nous faisant visiter les univers de Poulenc, Ravel et Chausson.

Vinrent ensuite d’autres cordes mais là Vocales, celles de la Soprano Coloratur Elisabeth Vidal environnée par le talent de Norman Baldwin au piano pour nous faire vivre à l’ heure Espagnole.

Survol à Cannes où hélas nous avons assisté à un tagique accident, celui du Grand Galliano sextet écrasé par une technologie sonore superfétatoire sur le parvis de l’église Notre dame de l’espèrance !

Ensuite et fin, sur un autre parvis, celui de la Basilique Saint Michel Archange, où, comme Don Quichotte pour Dulcinée, Dame Kiri Te Kanawa fit pâlir les étoiles du firmamant musical.

Jean-Pierre Giovanelli